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Je vais y réfléchir
Le boson de Higgs, particule de Dieu? Version imprimable Suggérer par mail
30-09-2008

La récente mise en service, au CERN à Genève, du plus puissant accélérateur jamais réalisé, le LHC, a suscité un engouement extraordinaire.

reflechirCette super machine permettra probablement de découvrir la particule prédite par les physiciens depuis plus de quarante ans, et qui manque encore au splendide puzzle des particules élémentaires expliquant la structure intime de la matière et celle de l'univers.

Un tel enthousiasme pour ce petit objet, jusqu'à lui attribuer un caractère divin, peut faire sourire: réduire Dieu à une particule! Ce n'est pourtant pas qu'une boutade. Ces mots témoignent d'une quête de sens: pourquoi le monde? Souvent on a pensé pouvoir trouver la réponse en sondant la matière; comme si la vérité du monde se cachait en lui-même. C'était déjà l'idée de philosophes grecs.

Elle témoigne d'un émerveillement des scientifiques face à la subtilité et à la beauté de la structure de la matière qu'ils arrivent à comprendre et à sonder. Même découverte, cette particule gardera une part de mystère, car la connaissance que nous avons de la réalité ne peut être qu'une représentation de celle-ci, jamais absolue.

Il se peut que l'étonnement face à la beauté du monde porte au sentiment d'une transcendance, mais comme en creux, sans pouvoir dire qui elle est. Car les sciences n'ont aucune compétence pour exprimer le sens de l'existence, ou pour se prononcer sur Dieu. Mais la réciproque est aussi vraie. Les récits bibliques de création n'ont pas de caractère scientifique.

Le pourquoi et le comment ne peuvent se superposer, ni s'exclure. A l'image de la musique: l'émotion qu'elle suscite ne nous est pas donnée par une explication scientifique ou technique.

Croyant ou non, nous devons distinguer les registres de langage propres à chaque domaine. Pour la foi, comme pour les arts ou une relation amoureuse, le langage symbolique est nécessaire. Il permet d'exprimer une chose inconnaissable en soi, mais néanmoins vraie; comme le geste de tendresse que l'on donne à son enfant.

Dès la première page de la Bible, nous sommes avertis, rien dans ce monde n'est divinisé, tout est objet de création. Aussi passionnante soit la recherche du CERN, la vérité du monde n'est pas contenue dans les collisions des protons!

Mais dire «Dieu a créé le monde», ce n'est pas donner une explication sur sa formation. C'est reconnaître et recevoir le monde et sa vie comme un don, pas seulement comme un objet d'explication ou de maîtrise. C'est s'ouvrir à une relation de confiance avec celui qui s'est révélé notamment dans le Christ.

  • Roland Benz, pasteur et ancien professeur de physique à Genève