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Novembre 2008
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Edito
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Parlons-nous! |
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| 24-10-2008 | |
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Le repli sur soi est une vieille recette de sagesse.
Entre-temps, les choses ont changé. Où donc est le pays voisin auquel ne pas rendre visite? Quand le voisin dont il est question est une autre religion, il n'habite plus sur un autre continent, dans un autre pays lointain ou proche, il habite sur le même palier. L'ignorance réciproque n'est plus une solution. Il faut dialoguer. Le dialogue souffre cependant de deux maux. Le premier est lié à la solidarité légitime des adeptes d'une religion entre eux. Un chrétien est plus attentif, et sur ses gardes, lorsqu'il apprend que des milliers de familles chrétiennes ont dû fuir leur ville, en Irak, après une dizaine d'assassinats en quinze jours. Ou que 20 000 chrétiens ont dû trouver refuge dans des camps de fortune en Inde, ou fuir dans la forêt pour échapper aux violences systématiques à leur encontre. L'autre mal tient au fait que l'adhérent d'une religion a la propension à se considérer comme le détenteur privilégié de la vérité. Le caractère essentiel de la recherche spirituelle, son enracinement au plus profond de la vie d'un croyant, renforce ce sentiment. Ces deux maux ont des remèdes, heureusement. Qui sont des mises à l'épreuve de nos propres convictions. Pour le premier, il s'agit d'élargir nos solidarités à chacun, pas seulement à notre famille, mais en appliquant à chaque être humain nos principes de justice et de respect, quoi que d'autres fassent ailleurs. Pour le second, nous devons reconnaître que quelque chose est plus grand que nos croyances et nos convictions. Ce quelque chose, dans sa grande sagesse, - et pour nous protéger de l'orgueil? - a fait naître d'autres voies, que suivent d'autres hommes. Tous sont appelés à se découvrir et à s'enrichir, c'est cela le dialogue, car aucun n'est en mesure de se poser en détenteur unique et complet d'une sagesse qui le dépasse largement.
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Il y a plus de deux mille cinq cents ans, le célèbre maître taoïste Laozi concluait son livre par la description du royaume idéal: «Le pays voisin serait-il si proche que l'on y entende le coq chanter et les chiens aboyer, les gens vieilliraient et mourraient sans y avoir jamais mis les pieds.»
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