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Actualité
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L'Eglise protestante vaudoise s'engage |
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| 24-10-2008 | |||
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La révision de la loi sur les stupéfiants est soumise à un référendum le 30 novembre. Que disent les chrétiens?
Le peuple devra aussi se prononcer sur l'initiative sur la dépénalisation du cannabis. Certains partis, qui se réclament des valeurs chrétiennes, rejettent catégoriquement la révision de la loi sur les stupéfiants. Mais que disent les Eglises? Tour d'horizon. Au nom de valeurs chrétiennes dont elle se réclame, l'UDF, un parti politique composé de chrétiens de diverses appartenances, rejette la libéralisation des drogues. Dans le même temps, la Croix-Bleue, association chrétienne qui encourage l'abstinence comme moyen de se sortir des dépendances, dit oui à la révision de la loi sur les stupéfiants. Elle la considère comme une bonne base pour une politique des drogues adaptée à la réalité. En revanche, la Croix-Bleue rejette l'initiative visant à dépénaliser le chanvre. Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), qui réunit 26 Eglises, a choisi de ne pas prendre position sur la révision de la loi sur les stupéfiants. En 1994, l'Institut d'éthique sociale de la FEPS avait mené une réflexion sur la politique en matière de drogue dans un document intitulé «Une troisième voie par-delà la répression et la distribution», qui allait dans le sens de la nouvelle loi. Pas de position catholiqueCôté catholique, la Conférence des évêques suisses, par la voix de son porte-parole Walter Müller, ne prend pas non plus position sur la prochaine votation sur la révision de la loi, mais rejette fermement l'initiative pour la dépénalisation du chanvre. Aussi bien du côté catholique que protestant, le libre choix est donc laissé à chaque Eglise cantonale. Si l'Eglise protestante de Neuchâtel, de même que celle de Berne-Jura-Soleure, n'a pas défini de position, l'Eglise protestante vaudoise, quant à elle, a choisi de dire clairement oui à la révision de la loi sur les stupéfiants. Le conseiller synodal Antoine Reymond explique: «Il ne faut pas remettre en cause les efforts engagés ces dernières années en matière de soins apportés aux personnes dépendantes aux psychotropes. L'usage de stupéfiants, dispensés dans un cadre thérapeutique pour aider à la survie de toxicomanes, nous apparaît une nécessité.» «Souvent il n'y a pas d'autres manières de les accompagner pour stabiliser leur état afin qu'ils restent en vie, aient une vie relativement bonne et puissent se réinsérer socialement, précise-t-il. Il nous faut apprendre à vivre avec des gens qui ont ce genre de fragilité.» «Si cette loi n'existe pas, et qu'on ne peut assurer aux personnes dépendantes un traitement suivi, elles vont chercher à se fournir en substances illicites dans la rue. Il est évident que nous ne sommes pas pour la consommation de drogues et que nous ne soutenons en aucun cas l'initiative pour la dépénalisation du cannabis», conclut le conseiller synodal. Claude Ruey bonditLa position de l'Eglise protestante vaudoise fait bondir Claude Ruey, conseiller national radical-libéral, chrétien engagé dans cette Eglise, signataire du référendum contre la nouvelle loi sur les stupéfiants: «Ça me tue, cette prise de position! L'Eglise n'est pas compétente pour prendre des positions politiques partisanes. La Bible n'est pas un livre de recettes politiques. On peut être protestant et avoir un point de vue différent de celui émis par son Eglise. Chez les protestants, on fait en général appel à la conscience et aux principes éthiques, libre à chacun de voter en son âme et conscience. Se prononcer sur la révision de la loi sur les stupéfiants n'est pas un choix de foi.» Porte-parole de la Fédération romande d'Eglises évangéliques, Serge Carrel précise que la Fédération n'a pas arrêté de position et sourit: «Si l'on devait se prononcer sur toutes les votations et les questions politiques, on y passerait tout notre temps!»
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