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Hélène Küng: «Les forces reçues quand on n'a plus de force» Version imprimable Suggérer par mail
27-11-2008
 

Le CSP est spécialisé dans l'aide sociale. Ce secteur n'est-il pas suffisamment pris en charge par les pouvoirs publics?
Le secteur public s'occupe de l'aide sociale aux gens qui entrent dans certains critères. Des associations, comme Pro Senectute, Pro Infirmis reçoivent des subventions pour apporter de l'aide à des personnes présentant des difficultés particulières. Ces diverses associations travaillent en réseau. Le secteur public organise l'ensemble pour éviter les doublons, ou les trous. Le CSP est partiellement subventionné, et jouit d'une certaine liberté. De nouveaux problèmes apparaissent, la situation des jeunes s'est dégradée en quinze ans. Notre défi, c'est de soutenir les gens pour leur redonner prise sur leur histoire. La personne reprend pied, puis elle n'a plus besoin de nous.

Qu'est-ce qu'il y a de protestant dans le CSP?
Son origine, pour commencer. Le CSP est issu des Eglises réformées, qui ont regroupé certaines de leurs activités pour les développer de façon professionnelle. Il traduit aussi en actes des valeurs protestantes, en particulier l'accessibilité à chacun et la gratuité des services. C'est la traduction de l'idée que Dieu accueille tout le monde. Pour y répondre, nous développons le service.

Le défi d'une société est de respecter toute personne.»
 

Avant le CSP, vous étiez aumônier au Centre d'enregistrement des requérants d'asile à Vallorbe. Portez-vous un autre regard sur ces personnes aujourd'hui?
Mon regard n'a pas changé. Pour moi, le défi d'une société est de respecter toute personne, d'où qu'elle vienne. Je me trouve dans une position différente. Je reçois des nouvelles sur ce travail, notamment par le service d'aide juridique aux exilés dont le CSP est partenaire. La Fraternité traite toutes sortes de questions liées aux migrants. Le centre de mon activité s'est déplacé, mais je reste liée au réseau de solidarité.

Auparavant, vous avez passé sept ans en Afrique. Qu'y avez-vous appris?
J'ai appris à être étrangère dans toutes sortes de milieux. Au point que rien ne soit plus évident. J'ai dû faire un apprentissage pour communiquer, comprendre les attentes. Cela m'a montré que la communication est toujours un apprentissage, jamais une évidence. Vous ne pouvez pas dire: «Tout le monde sait que...» Ce n'est jamais vrai. Je suis toujours en train d'apprendre. Cela a été le cas lorsque nous sommes allés au Rwanda entre 1980 et 1986, puis lorsque nous y sommes retournés un an, au lendemain du génocide, avec nos quatre enfants, en 1995.

Comment faites-vous pour ne pas vous décourager?
Dans le travail social de mes collègues, j'arrive à voir le verre à moitié plein. Tout ce qu'ils réussissent, mieux que le puits sans fond: ce qu'ils réparent, ce qu'ils préviennent, les situations difficiles qu'ils redressent, l'accès à une bourse, l'aide à une personne endettée. A l'intérieur du CSP comme avec les partenaires, nous tirons à la même corde, c'est une aide précieuse. Je tiens le coup aussi grâce aux forces reçues quand on n'a plus de force, et que donne la foi.

  • V.Vt 
Biographie express

 

Hélène Küng, 51 ans

  • Une institution: En un an, le CSP apporte de l'aide à 6000 personnes, dans huit domaines d'activité, notamment social, juridique, jeunesse.
  • Des coûts: Le budget du CSP est de 6,4 millions de francs. Les dons privés représentent 30% des recettes, la vente d'objets d'occasion 22%.
  • Un compte: CCP 10-252-2. Le CSP mène une vente de chocolat jusqu'à début décembre, et lance un traditionnel appel de mars.
  •  Un livre: Sabine Dormond et Hélène Küng, «Trente-six chandelles, billets et nouvelles pour carburer», Ed. La Passerelle, 28 fr. Pour aider le CSP. Commandes: 021 560 60 60. E-mail: Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir