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Je vais y réfléchir
La colère, y a-t-il un mode d’emploi? Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2009

La colère est comme un feu. Apprivoisée, elle est source de lumière et d’énergie, mais si elle nous domine elle devient destructrice. Cette ambivalence nous la fait craindre alors qu’elle nous a été donnée par Dieu comme les autres émotions. 

0109_alain_monnardTout d’abord, il est important de distinguer la colère de la violence. La colère est une réaction naturelle à une situation insupportable ou inacceptable; elle signale une injustice, une mise en danger ou un empiètement du territoire. La violence, quant à elle, consiste à maltraiter ou à détruire une personne.

Pour exprimer sa colère de manière constructive, il est préférable de parler en «je» et de laisser tomber les jugements. «Je suis fou de rage contre toi» n’est pas une formule violente, même si elle est très forte. Ensuite, il est utile de distinguer le déclencheur de la cause de la colère. Souvent nous pensons que c’est l’autre qui nous met en colère, alors que c’est nous qui sommes habités par une colère face à l’autre.

L’appréhender ainsi permet de nous en sentir responsables, même si nous n’en contrôlons pas l’apparition. La cause de notre colère est en nous: elle provient de nos besoins d’intégrité, de justice, d’espace et de liberté qui pour l’heure ne sont pas satisfaits. La colère est l’élan de notre «non»: elle révèle ce que nous ne voulons pas, ce que nous n’arrivons pas à accepter, ce qui nous paraît menaçant.

Elle est donc un indicateur de nos refus; elle est aussi la force qu’il nous faut pour affronter le problème qui se pose. Pour bien analyser ce problème, nous devons différer notre parole et notre action pour prendre distance et nous écouter intérieurement. «Que le soleil ne se couche pas sur ta colère» signifie qu’il vaut la peine de l’utiliser quand elle est là, au lieu qu’elle s’évapore pendant la nuit.

L’écouter ne veut pas dire l’agir, mais l’interpréter et discerner si elle constitue une étape d’un changement à effectuer ou le signal d’un deuil à vivre. Dieu étant le principal sujet en colère dans la Bible, cette émotion ne devrait pas être stigmatisée en tant que telle. Caïn ne se voit pas reprocher «ce qui brûle en lui», mais il est invité à en parler. Son refus le conduira au mutisme et à la violence. Ce n’est pas une fatalité! Au contraire, la colère apprivoisée nous aide à vivre, à réfléchir et agir.

  • Alain Monnard, pasteur et médiateur
Alain Monnard donne une conférence à Vevey, mardi 27 janvier à 20h15, Centre paroissial de Sainte-Claire: «La colère… un don de Dieu! Parcours autour d’une émotion mal aimée».