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Bible ouverte
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Saints et martyrs, modèles pour aujourd’hui? |
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| 14-01-2009 | |
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L'utilisation des figures de saints par les différentes Eglises est aussi très variée: vénération des reliques, intercession des saints... Les Eglises peuvent-elles trouver un accord à ce sujet? Cette question a divisé les Eglises depuis le temps de la Réformation au XVIe siècle. Elle a été un des lieux du durcissement confessionnel entre protestants et catholiques. Toutefois on constate qu'aujourd'hui la commémoration des témoins de la foi est perçue de plus en plus comme un élément important de la spiritualité chrétienne. Même si les modalités de cette commémoration diffèrent. D'autre part, il faut reconnaître des évolutions dans l'Eglise catholique par rapport à la vénération des saints. Ce qui est mis en avant c'est la médiation unique du Christ dans la liturgie. En prenant l'image paulinienne du Corps du Christ, je dirais que les saints, qui font partie de son Corps, ne portent plus ombrage à la Tête, le Christ. Les protestants sont aussi revenus du rejet radical par rapport à toute forme d'évocation de la «nuée des témoins». Parfois on avait cette impression que dans le protestantisme on a une Tête, le Christ, sans les membres du Corps, les saints témoins. Cette évolution est un facteur de rapprochement œcuménique. Voir tout ce que nous avons en commun nous permet de mieux comprendre ce qui chez l'autre Eglise peut nous paraître étonnant, voire contraire à notre manière de vivre l'Evangile.
Le XXe siècle a été un siècle de
martyrs.» Nombre de figures chrétiennes mises en avant sont des martyrs, qui ont payé leur foi de leur vie. Est-ce encore un modèle pour aujourd'hui? Oui. Plus que jamais. Le XXe siècle a été un siècle de martyrs. L'Eglise y est redevenue martyre. Un colloque œcuménique - «Une nuée de témoins» - vient d'avoir lieu à la communauté de Bose, au nord de l'Italie, pour souligner l'importance de garder en mémoire les martyrs du siècle dernier. Sur tous les continents, il y a eu une persécution des chrétiens et celle-ci continue aujourd'hui. Il faut prier pour nos frères et sœurs persécutés, mais chaque année la frontière de la nuée des témoins s'élargit à de nouveaux martyrs. Durant ce colloque, auquel j'ai participé, nous avons entendu ceux dont la voix a été réduite au silence sous des régimes injustes. Dans la tapisserie de l'histoire de l'Eglise, on découvre un fil d'or: celui des martyrs. Ils sont des modèles pour nous aujourd'hui, car la force de leur témoignage déborde leur contexte historique. Ils nous centrent sur le cœur de la foi chrétienne, la fidélité au Christ vivant. Les martyrs ont aussi une grande signification pour l'œcuménisme, car le don de leur vie transcende toute division. L'œcuménisme des martyrs est sans doute le plus profond qui soit. Pour ne rien arranger, les martyrs d'une communauté sont parfois les victimes d'autres chrétiens. Comment faire de ces victimes des modèles communs? Que des chrétiens aient persécutés et assassinés d'autres chrétiens est le plus grand scandale qui soit. Si, plus haut, je parlais du fil d'or du martyr, il faut aussi reconnaître qu'une trace de sang parcourt toute l'histoire de l'Eglise, dès l'époque constantinienne. Cette violence contredit l'essence même de l'Evangile. Le colloque de Bose a invité à relire le passé dans un esprit de guérison des mémoires: «La repentance et le pardon pour les actes passés de violence interconfessionnelle peuvent plus facilement se produire lorsqu'on réfléchit ensemble à ceux qui, en mourant, ont pardonné à leurs persécuteurs». La Semaine de prière pour l'unité chrétienne, du 18 au 25 janvier, se soucie-t-elle de cette question? Redécouvrir la signification des témoins et faire mémoire d'eux ensemble, entre différentes Eglises, est «un pas important en vue de l'unité visible de l'Eglise», c'est ce qui ressort du colloque de Bose. La Semaine de prière pour l'unité des chrétiens peut être un moment approprié. A Bose, nous avons aussi proposé de faire mémoire des martyrs à la Fête de tous les saints, à la Fête de la Réformation ou encore durant la Semaine sainte. A Lausanne, une expérience œcuménique intéressante est vécue par la communauté de Sant'Egidio, durant la Semaine sainte: Une «prière pour la paix, en mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour l'Evangile». Cette année, elle proposera aussi cette mémoire des récents martyrs dans le cadre d'une célébration de la Parole à la cathédrale de Lausanne, le dimanche 7 juin prochain, à 18h.
Pour marquer le 800e anniversaire de la vocation de François d’Assise, le pasteur Alain Burnand vous convie à une commémoration au temple de Saint-François, à Lausanne, mardi 24 février, de 18h30 à 20h. Avec un conte d’Alix Noble et les Pipeaux de Crissier. Le pasteur Burnand publie à la même occasion un livre, «De fil en aiguille», Ed. Ouverture, dans lequel il reprend des prédications inspirées par le thème de la tunique de François et sa prière.
Rendez-vous
Célébration de la Parole: La communauté de Sant Egidio rappellera la
mémoire des récents martyrs à la cathédrale de Lausanne, le dimanche 7
juin prochain, à 18h. La même communauté organise aussi, durant la
Semaine sainte, une «prière pour la paix, en mémoire de ceux qui ont
donné leur vie pour l’Evangile». |









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