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Edito
Stupéfiante année Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2009

L’année 2008 s’est terminée sur un sentiment de stupéfaction. Peter Kurer, président du Conseil d’administration de l’UBS, écrit dans une lettre circulaire au minidépositaire d’un minicompte que je suis: «Nous avons commis des erreurs et nous le regrettons.» 

0109_claude_quartier Voilà un de ces personnages si bien disant, si correct de tenue, presque aussi sacré qu’un prêtre car voué au sacerdoce du libéralisme financier et dépositaire du Saint des Saints: notre argent, mon argent! qui descend parmi les hommes, car la bulle où il vivait à éclaté. Pfuit!

A notre grande surprise! Mais on sait depuis que le Christ a tracé quelques mots dans la poussière, qu’on ne peut plus jeter la pierre à qui que ce soit. Alors, faute de bouc émissaire, il faut admettre, sans excuser les errements de certains, que tout ce qui fait la crise est le résultat d’un système de pensée très largement partagé.

Consommer d’abord, payer ensuite; privilégier le taux le plus rémunérateur, même impossible à justifier; préférer le court terme au long terme; séparer l’économie de l’éthique; opposer le concret à la recherche d’un monde meilleur. Le tout dans une ambiance où l’on ne craint pas de soigner l’apparence tout en envoyant sa conscience au bordel, comme dit Montaigne.

Ainsi les erreurs de la finance découlent aussi de l’attitude de toute une société. De ce point de vue, l’acte de contrition de Peter Kurer ne suffit pas s’il n’est pas accompagné d’une réflexion sur les mécanismes qui nous gouvernent. Sinon, vive la prochaine crise et bonne année!

  • Claude Quartier, président du Conseil de Fondation