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Le prix de la confiance Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2009

Comme toutes les Eglises protestantes, l’Eglise vaudoise est une Eglise dirigée démocratiquement:  

0109_antoine_reymondun parlement – le Synode – élit un Conseil synodal comme exécutif. Ce système – dont nous sommes fiers! – a pour conséquence que nos débats sont publics et que tout se sait. Ainsi, vous savez que l’Eglise protestante (EERV) a un déficit budgeté à 1,1 million pour 2009 et que le Conseil synodal a conclu un accord financier de 1,5 million avec l’Eglise catholique.

Prenons les choses dans l’ordre. A ce jour, il y a autant de catholiques que de protestants dans le canton. Pour des raisons historiques, les protestants reçoivent plus d’argent que les catholiques. Il convenait de rééquilibrer les choses et les protestants ont accepté de céder 1,5 million aux catholiques d’ici à 2014.

Et le déficit financier? La richesse principale de nos sociétés – et donc de l’Eglise – ce sont les personnes: leur foi, leur vocation, leurs compétences. Ils sont nombreux ceux, mais aussi celles – il y a des femmes pasteurs et diacres – qui désirent devenir des serviteurs de Jésus-Christ dans l’Eglise… Alors, l’exécutif de l’Eglise a engagé de jeunes futurs ministres: nous pourrons compter sur eux dans nos paroisses, nos aumôneries demain… alors que – d’ici à 2020 – un tiers des pasteurs prendront leur retraite.

Ceci a un prix: c’est le prix de la confiance en l’avenir! Et puis, ces deux éléments sont liés: notre mission est l’annonce de l’Evangile qui est cette bonne nouvelle: pardonner comme Dieu pardonne, aimer comme il nous aime, servir comme Jésus en a montré l’exemple. L’Esprit de Dieu met en nous cette aspiration à la liberté, à la vérité, à la justice, à la générosité. Comment ne pas partager cette passion brûlante? Et comment la partager si personne n’est là pour l’annoncer, la vivre partout?

Alors, oui, il fallait dire à ces jeunes: «Venez!» et il fallait céder un peu de nos moyens afin de partager la mission de l’Eglise avec les prêtres et laïcs catholiques. Il en va de la vie du christianisme dans notre société. L’avenir, nous avons décidé de le construire dans la confiance en Dieu et ensemble. Car, comme le dit le jésuite Joseph Moingt: «La mission de l’Eglise est de sauver la foi de l’homme en lui-même que lui inspire la foi au Dieu de Jésus-Christ!»

  • Antoine Reymond, conseiller synodal