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Dossier
Un regard moderne sur les livres sacrés Version imprimable Suggérer par mail
25-02-2009

Conférences et cours publics nous donnent l’occasion, en ce mois de mars, de porter un regard neuf sur les textes fondateurs de notre tradition religieuse. Dessillant

 

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La Bible, le Coran, la Torah, des textes spirituels dont il faut aussi sonder la profondeur historique.

Photo : istockphoto 


«Là où l’archéologue passe, la ruine trépasse», dit le proverbe. Le regard scientifique porté sur les textes sacrés et sur les conditions qui prévalaient lors de leur rédaction a le même effet destructeur, aux yeux de certains. Pourtant, ce regard nouveau, appuyé sur les travaux d’archéologues, d’historiens et de théologiens, redonne fraîcheur aux textes anciens.

Ce mois de mars, l’Université de Lausanne et l’Espace culturel des Terreaux proposent de nous plonger dans ces recherches vivifiantes avec un cours public et un cycle de conférences. Chacun pourra ainsi découvrir le dernier état de la recherche, mettre à jour ses connaissances et poser les questions qui le travaillent. Présentation

La construction des textes sacrés

Le regard scientifique et critique qui est porté sur la Bible aujourd’hui laisse parfois le croyant déboussolé. «On a longtemps pris la Bible pour un livre d’histoire, explique Frédéric Amsler, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Lausanne. Ce qu’on y trouvait était tenu pour vérité historique. Tout l’enjeu des recherches modernes est de dire que ce n’est pas un livre d’histoire, mais un témoignage. La Genèse ne nous dit rien sur les débuts du monde, sur l’origine des espèces, mais nous dit quelque chose sur le couple, sur Dieu, sur la foi, sur la vie, sur le travail et le repos. L’analyse historique et critique permet un cadrage, mais elle n’est pas le dernier mot sur le sens de la Bible. Elle n’interdit pas une lecture existentielle ou croyante.»

Reste que cet œil critique heurte les traditionnalistes. Les divergences d’interprétation existent à l’intérieur des religions plutôt qu’entre elles, selon le professeur lausannois. Le bouleversement à l’origine de cette vision moderne des textes est survenu au XVIIe siècle: «Des pans entiers de la normativité de la Bible sont tombés avec l’époque moderne. Jusqu’alors, l’âge du monde était calculé à partir de la Genèse… La Bible était une encyclopédie qui devait répondre aux questions de cosmologie, de zoologie, de droit.»

En perdant son statut d’encyclopédie universelle, la Bible devenait elle-même objet d’étude scientifique. «Seule demeure aujourd’hui son autorité spirituelle et encore... Même si des courants conservateurs maintiennent sa normativité en cosmologie.»