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Panorama
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La lumière de la Résurrection |
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| 25-02-2009 | |||
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Le peintre neuchâtelois Jean-François Favre a exploré des œuvres de grands artistes pour y percer le mystère de Pâques
Le thème de la résurrection du Christ, au jour de Pâques, est un mystère pour les chrétiens. Mais comment donc les peintres s’y sont-ils pris pour le représenter? Dans ses recherches en vue de la prochaine publication d’un livre sur le sujet, le peintre neuchâtelois a trouvé des représentations étonnantes de la Résurrection. Ainsi dans le tableau «La lumière de la paille», de Jean Bazaine, en 1972. Là où le spectateur inattentif ne remarque qu’une tache de lumière sur un petit tas de paille, le peintre découvre autre chose, la paille de l’étable: «Comme si la lumière du Christ y était restée imprimée, une lumière captée et qui perdure à travers le temps.»
«Si je ne croyais pas, je ne pourrais pas peindre», disait d’ailleurs Cézanne. «Chez lui, comme chez Bazaine, la foi n’est pas l’objet du travail du peintre, mais le présupposé et le fondement de leur quête», s’enthousiasme Jean-François Favre. Passionné par cette peinture qui met la foi à son origine, le peintre neuchâtelois l’étudie chez d’autres artistes, comme Claude Monet, notamment dans la série consacrée à la cathédrale de Rouen: «Le phénomène lumineux est poussé si loin, dans certaines de ses toiles, que la réalité en est transformée et devient comme une apparition transcendante.» Un corps habité d'espritDe Rembrandt à Fra Angelico, de Duccio au Greco, les peintres qui voulaient montrer la Résurrection faisaient face à une difficulté. Jésus apparaît dans un corps, il est touché par l’apôtre Thomas, il prépare un feu, il mange du gâteau au miel et du poisson, mais ce corps n’est plus son corps naturel. «C’est difficile à comprendre, et aussi à représenter. Comment montrer que la matière est habitée par le souffle de l’esprit?» s’interroge Jean-François Favre, qui s’y est essayé lui-même dans la toile «Pâques 2006». Une fascinante représentation de la résurrection est celle du peintre le Greco, au XVIe siècle. «Dans une de ses premières œuvres, il représente un jeune homme soufflant sur un tison. Un peu de matière mise à brûler, pour trouver l’esprit qui l’habite. Un résumé de toute son œuvre. Il a peint la Résurrection à la fin de sa vie.» Le Christ, les pieds posés au milieu de la toile, comme s’il était sur la croix; la figure de droite, plus grande que lui, qui représente ceux qui sont envoyés annoncer l’Evangile; Nicodème, Paul, les gardiens, personnages dénudés pour montrer que, pour naître au Royaume, il faut naître à nouveau de l’esprit… Jean-François Favre lit le tableau comme un livre ouvert. Puis il commente d’autres œuvres. De Duccio di Buoninsegna, peintre italien du XIIIe siècle: «Thomas peine à croire à la Résurrection et veut s’assurer qu’il ne rêve pas. Derrière lui, Pierre semble tout content de voir confirmer ce à quoi il a cru. A droite, Jean semble s’envoler, il a compris.» Une fresque de Fra Angelico enfin: «C’est une scène de la transfiguration, épisode qui préfigure la Résurrection, au cours duquel Elie et Moïse parlent avec Jésus. En bas, à gauche, Pierre, très surpris, nous interpelle, Jacques au milieu et Jean à droite. Pour chacun, le monde est lumineux, mais le Christ est dans une aura plus lumineuse encore. Son auréole, avec les signes de la passion, une croix faite de trois clous, se perd dans cette lumière. Notez que c’est à ses pieds que le Christ est le plus lumineux, pas vers le haut.»
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Jean-François Favre lit aussi la présence de la Résurrection dans l’une des dernières aquarelles de Paul Cézanne. De la montagne Sainte-Victoire, qu’il a peinte si souvent, il ne reste plus que des touches jaunes d’une lumière diaphane. «La transparence, la joie, la plénitude qui émanent de cette œuvre conviendraient parfaitement aux événements que furent la Résurrection et les apparitions de Jésus après Pâques», note le peintre.
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