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Une politique d’accueil courageuse Version imprimable Suggérer par mail
25-02-2009

En Suisse l’asile est souvent perçu comme une source de problèmes. Il est aussi porteur de beaucoup de peurs. En cette Année Calvin, n’oublions pas que ce dernier était… réfugié à Genève et qu’alors Genève était peuplée pour moitié de réfugiés! 

p_gilgienEt surtout, n’oublions pas que l’accueil constitue un acte essentiel du croyant biblique! «Certains, sans le savoir, ont accueilli des anges!» écrit l’apôtre Paul.

«J’ai passé sept ans en prison, j’ai vu mourir mon père lors de la guerre en 1980, ma mère, mes frères et sœurs emprisonnés. En arrivant à Schwyz, je suis passé de l’enfer au paradis. Je ne souhaite qu’une vie sûre et tranquille.» Ainsi a témoigné le Kurde Farhad Manbary, accueilli en Suisse en 1995, lors du récent symposium sur l’asile qui s’est tenu à Berne.

Le thème de l’admission de réfugiés par contingents était à l’ordre du jour. Qu’est-ce? Des Etats pauvres, Tanzanie, Kenya, Thaïlande… accueillent un grand nombre de réfugiés mais leurs foyers de crise ne suffisent pas: aucune perspective d’intégration, traitements médicaux restreints, risque de renvoi vers de nouvelles persécutions ou de traite humaine.

Pour soulager ces Etats, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés appelle tous les pays à accueillir des réfugiés ayant passé des années dans ces camps. Entre 1950 et 1995, la Suisse a reçu des groupes de réfugiés de Somalie, d’Irak, d’Iran, du Vietnam et de Bosnie-Herzégovine. Du côté des cantons et de l’Office fédéral des migrations, le soutien à une admission par contingents est timide.La Fédération des Eglises protestantes de Suisse y est favorable.

Si cela se produisait, les particuliers, les ONG ou les Eglises auront un rôle de soutien à jouer dans l’intégration de ces personnes. Le Conseil synodal invite chacun à contribuer à créer un climat positif pour une réintroduction de l’admission de réfugiés par contingents. En collaboration avec l’Eglise catholique, notre Eglise, forte de son expérience de terrain, de son réseau de ministres et de bénévoles engagés, pourrait être alors un partenaire important.

  • Pascale Gilgien, conseillère synodale