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Chrétiens du monde
Pèlerinage en Roumanie Version imprimable Suggérer par mail
25-02-2009

Près de vingt ans après la fin de l’ère communiste, le pays retrouve une spiritualité intense. Visite 

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Célébration en l’honneur de sainte Parasceva, à Iasi.

Photo : bn


Dans la Roumanie d’aujourd’hui, les contrastes sont frappants: les villes se développent rapidement. Le parc de véhicules est comparable au nôtre. Dans les campagnes, en revanche, les signes de pauvreté sont visibles. Dans la région moldave, la fourche et le râteau, la cueillette des épis de maïs à la main et leur transport sur des charrettes tirées par un cheval sont la règle.

L’histoire de la Roumanie a été douloureuse, en particulier sous l’ère communiste jusqu’en 1989. L’architecture communiste, massive et triste, en apporte un pesant rappel, notamment dans des villes comme Bucarest, défigurées.

Mais loin de là, en Moldavie et en Bucovine, à l’est et au nord du pays, des trésors d’art et de spiritualité sont en train de renaître. D’anciens monastères abritent entre 40 et 400 religieux ou religieuses. De nombreuses églises, à l’architecture élégante, ont été bâties récemment ou sont en construction.

Le Conseil des Eglises chrétiennes dans le canton de Vaud (CECCV*) rentre d’un pèlerinage œcuménique en Roumanie. Dix-sept participants venant des Eglises catholique, réformée, orthodoxe et évangélique du canton ont parcouru environ 1800 km à travers le pays, pour rencontrer les chrétiens roumains et prier avec eux.

De Iasi, en Moldavie, vers les monastères en Bucovine, puis à Cluj et à Sibiu en Transylvanie, et finalement à Bucarest, nous avons été accueillis avec chaleur par les Eglises locales. Du patriarche orthodoxe Daniel à Bucarest à la Faculté de théologie pentecôtiste, en passant par l’archevêque catholique, l’évêque luthérien à Sibiu ou le doyen de la Faculté de théologie protestante à Cluj, chacun confirmait la vivacité du christianisme.

Que de contrastes dans l’expression de la foi, lors de la célébration en l’honneur de sainte Parasceva, avec des milliers de fidèles recueillis autour de la cathédrale de Iasi, ou lors d’un repas pris avec le conseil d’une Eglise évangélique de la ville pour un dialogue animé.

Le plus frappant était de découvrir la piété orthodoxe: l’importance qu’elle attribue au visuel, aux gestes, à la lecture de la Parole; la richesse des symboles, la beauté des chants, la ferveur des participants nombreux. Cela n’empêche pas, et le protestant que je suis s’en réjouit, de voir aussi que, dans chaque boutique à proximité des églises, la Bible est disponible, en bonne place.

  • René Monot, président de la Fédération romande d’Eglises évangéliques

* Le CECCV rassemble dix-neuf Eglises ou fédérations d’Eglises.