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Je vais y réfléchir
Une vie intelligente sur une autre planète? Version imprimable Suggérer par mail
25-03-2009

La découverte de planètes en dehors de notre système solaire, dès le milieu des années 1990, a relancé la question de la vie, plus particulièrement de la vie intelligente, dans d’autres lieux de l’univers.

olivier_calameMême si les conditions pour qu’une telle vie existe ailleurs sont restrictives, la probabilité n’est pas négligeable, au vu du nombre d’étoiles dans l’univers– 100 milliards pour notre seule galaxie. Cela posé, quel impact aurait sur la foi chrétienne une telle découverte? Le statut d’un Dieu créateur ne serait pas malmené, tant Dieu est considéré au-delà de tout, en particulier au-delà du créé, du temps et de l’espace. En revanche, l’incarnation du fils de Dieu sur cette terre pourrait en souffrir davantage.

Pourquoi une révélation sur cette terre? Ailleurs aussi? Et si, ailleurs, on n’a pas du tout les mêmes conceptions, révélations, ne serions-nous pas remis en cause? Par chance (ou malchance?), tant que nous n’avons pas de possibilité de téléportation, un déplacement à une vitesse plus rapide que la lumière, il nous faudrait tellement de temps pour parcourir les distances que, même s’il existe des vies intelligentes ailleurs, nous risquons bien de rester, à échelle humaine, dans une solitude sidérale complète.

Ces questions m’en posent une autre: celle de notre anthropocentrisme. L’être humain a une propension, en tant qu’individu et en tant qu’espèce, à se situer au centre. A chaque révolution dans la conception du monde, c’est l’anthropocentrisme qui a été blessé: notre lieu de vie, la Terre, n’est pas le centre de l’univers, nous dit la révolution copernicienne. Notre espèce humaine n’est pas l’aboutissement de la création, selon l’évolutionnisme darwinien.

Et aujourd’hui l’hypothèse: il pourrait y avoir de la vie (plus?) intelligente ailleurs. Blessure à notre volonté narcissique d’être le centre, l’aboutissement, voire le sens de cet univers. Du coup, je me demande s’il n’est pas évangélique de quitter, étape par étape, notre anthropocentrisme. Nous décentrer de nous-mêmes, de nos volontés de faire entrer Dieu et l’univers dans nos conceptions. C’est une démarche blessante, certes, mais de ces blessures qui ouvrent un chemin d’humilité et de confiance, accepter l’inconnu sachant qu’il est connu de Dieu. Bref, un chemin de créature.

  • Olivier Calame, pasteur à Montreux, responsable de la formation d’adultes de la région Haut-Lac – Pays-d’Enhaut 
Olivier Calame organise un week-end grand public à l’Observatoire de Saint-Luc (VS), du 19 au 21 septembre, autour de la question des origines de notre univers (physique, astronomie, théologie) Renseignements: 021 960 31 85.
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