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Israël: un T-shirt montrant une Palestinienne enceinte dans la mire d'un sniper fait scandale Version imprimable Suggérer par mail
25-03-2009

Alors que le ministre israélien de la défense Ehud Barak continue de qualifier Tsahal d'armée «la plus morale du monde», des T-shirts de soldats israéliens montrant une Palestinienne enceinte dans la mire d'un fusil font scandale. La légende qui y est ajoutée montre la déshumanisation de certains protagonistes de l'offensive contre Gaza: «un tir, deux tués».

C'est le quotidien israélien «Haaretz» qui dénonce mardi 24 mars l'affaire qui a finalement fait réagir l'armée israélienne. Cette dernière a regretté le «manque de goût» des producteurs de ces T-shirts, «qui ne sont pas en accord avec les valeurs de l'armée».

Un autre exemple des goûts douteux des soldats est ce T-shirt montrant un enfant au centre d'une mire avec ce slogan: «Plus ils sont petits, plus c'est difficile». Plus cynique encore, ce pull montrant un bébé palestinien tué, avec ces mots: «Il vaut mieux utiliser Durex», ce dernier terme étant la marque d'un préservatif...

Ce type de produits est souvent commandé quand les troupes ont fini leurs cours d'entraînement, et c'est une tradition d'imprimer des slogans violents.

Civils palestiniens déshumanisés

Orna Sasson-Levy, sociologue à l'Université Bar-Ilan, cité par «Haaretz», a mis en garde contre le risque de telles pratiques: elles pourraient renforcer, stimuler et légitimer les agressions visant les Palestiniens.

Il a déploré la perception croissante par les Israéliens «que le Palestinien n'est pas une personne, un être humain qui a droit au respect de ses droits fondamentaux et qu'ainsi on peut tout lui faire».

«Haaretz» a découvert de nombreux T-shirts célébrant la violence contre les Palestiniens et les agressions sexuelles. D'autres pulls promeuvent des pratiques «officiellement interdites», comme celles consistant à «confirmer la mise à mort», en tirant une balle dans la tête des ennemis sans vie, ou en portant atteinte aux sites religieux et aux non-combattants.

Un porte-parole de l'armée a admis que des T-shirts de ce type devaient être bannis. L'entreprise Adiv, qui produit de tels vêtements à Tel Aviv, a refusé de commenter les recherches du quotidien «Haaretz».

  • apic

34 centres médicaux attaqués par Israël

Tsahal a tué 16 membres des équipes médicales palestiniennes durant l'opération «Plomb durci», a révélé l'organisation Médecins pour les droits de l'homme (Physicians for Human Rights, PHR) dans un rapport publié lundi 23 mars. Une accusation qui s'ajoute aux témoignages accablants de soldats.

Citant des sources de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), PHR documente le sort de 16 membres d'équipes médicales tués par l'armée israélienne et celui de 25 autres blessés au cours des offensives. Le rapport montre qu'Israël a attaqué 34 centres médicaux, dont huit hôpitaux.

Le rapport de «Médecins pour les droits de l'homme» se demande si les soldats israéliens n'ont pas violé le code d'éthique de Tsahal et les valeurs humanitaires fondamentales en empêchant le traitement des blessés et leur évacuation, et en faisant feu sur les équipes de secours et les établissements médicaux.

Crimes de guerre

PHR affirme dans son rapport que les incidents documentés montrent que les soldats n'ont pas évacué les familles assiégées et blessées, mais ont également empêché durant des jours les équipes médicales palestiniennes d'aller soigner les blessés.

Le rapport de l'organisation PHR suit d'autres accusations de crimes de guerre commis par l'armée israélienne portés par diverses organisations de défense des droits de l'homme. Ces dernières parlent de «crimes de guerre».

Les «Médecins pour les droits de l'homme» notent «une indifférence croissante concernant l'obligation de protéger le personnel médical durant les opérations militaires».

Des soldats témoignent

La semaine précédente, des soldats ayant participé aux combats ont dit avoir été témoins de meurtres délibérés de civils, dont des femmes et des enfants. Ces témoignages, révélés dans la presse israélienne, montrent un grave mépris à l'égard de la population civile palestinienne.

Le quotidien «Haaretz» a notamment mentionné le meurtre délibéré d'une vieille femme sur ordre d'un commandant de brigade. Des soldats avaient reçu l'ordre de tuer tout ce qui bougeait dans le centre de Gaza,  parce que «tout le monde là-bas est un terroriste».

Un soldat a raconté également qu'un commandant de bataillon avait ordonné à une famille de sortir d'une maison, puis la mère et ses enfants ont été abattus par un tireur d'élite.

Encouragés par des rabbins

D'autres soldats ont décrit l'inhabituelle intervention de rabbins - militaires et civils - dans les combats et la distribution de fascicules et de tracts décrivant la guerre dans une terminologie religieuse.

«Tous les textes comportaient un message clair», explique un soldat. «Nous sommes le peuple d'Israël, nous sommes arrivés dans le pays presque par miracle. Maintenant, nous avons besoin de combattre pour déraciner les 'gentils' (les non juifs, ndlr) qui interfèrent avec la reconquête de la Terre sainte. Le sentiment de nombreux soldats était qu'il s'agissait d'une guerre de religion».

Après la publication de tels témoignages, l'armée israélienne a décidé de lancer une enquête. Ces témoignages contredisent clairement les allégations de l'armée israélienne et de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni qui avaient affirmé que les soldats faisaient tout leur possible pour protéger la vie des civils.

Selon les autorités médicales, plus de 1'300 Palestiniens ont été tués durant les 22 jours de l'opération militaire israélienne, dont 440 enfants, 110 femmes et des dizaines de personnes âgées. 13 Israéliens, dont trois civils, ont également trouvé la mort.

  • apic