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La colère de Céleste
Plus fâchés d’être fichés Version imprimable Suggérer par mail
25-03-2009

Quoi, tu n’es pas sur Facebook?» Ben non, désolé.

Tête de mon interlocuteur: «Mais voyons, aujourd’hui, tout le monde est sur Facebook!» Moi si soucieux de vivre en conformité avec la société, ça m’a inquiété. Je me suis donc renseigné autour de moi, auprès de gens de toutes sortes, et ça m’a rassuré: ils n’y figuraient pas non plus.

Ouf, je n’étais pas un alien! Notez, je suis content de savoir qu’il existe un site de socialisation permettant aux internautes d’avoir des centaines – voire des milliers – d’amis. Bon, à titre personnel, je n’en ai pas l’utilité. Déjà, je manque de temps pour la quinzaine d’amis que je compte dans la vie.

Les vrais, ceux qu’on peut toucher et avec qui on peut rire ou manger. Alors devoir me soucier en plus de 478 amis virtuels dont j’ignore tout, voilà qui me semblerait saugrenu. J’observe toutefois que Facebook (prière de prononcer «fesse-bouc») a provoqué un de ces retournements dont l’histoire a l’ironique secret. A la fin des années 1980, la Suisse avait été secouée par un scandale: celui des fiches établies par les autorités fédérales sur 900 000 personnes suspectées de non conformisme.

L’affaire avait fâché tout le monde: les fichés comme les autres, vexés de ne pas l’avoir été. Or vingt ans plus tard, plus besoin de craindre les intrusions de l’Etat dans nos vies privées. Désormais, on jette avec enthousiasme son «profil» et mille informations sur soi dans la vitrine du net. La population fournit elle-même les fiches. C’est ce qui s’appelle le progrès.

  • Céleste