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Genève: spectacle ambitieux cet été pour le 500e anniversaire de Calvin Version imprimable Suggérer par mail
01-04-2009

Le spectacle «Calvin Genève en flammes», clou de l'année «Calvin 09», qui sera joué à Genève du 1er au 26 juillet devant le mur des Réformateurs, a été présenté le 31 mars à la presse, en présence de l'auteur de la pièce, Michel Beretti, et du metteur en scène, François Rochaix.

L'Eglise protestante de Genève ose. Elle ose, malgré la crise, mettre sur pied, en juillet, un «très grand spectacle» à l'occasion du Jubilé Calvin marquant le 500ème anniversaire de la naissance du réformateur.

Elle ose en confier l'écriture à un «agnostique d'origine catholique», Michel Beretti et la mise en scène à François Rochaix. Elle ose présenter un Calvin «humain», sans «escamoter ses côtés sombres», comme le souligne le théologien Marc Faessler.

L'Eglise protestante entend offrir au public un spectacle festif et populaire, faisant «sortir Calvin du Mur où les Genevois l'ont figé», annonce Georges Bolay, président de cette Eglise.

Le pari est d'envergure: 23 représentations, entre le 1er et le 26 juillet, avec chaque fois 1'500 billets à vendre, à des prix échelonnés entre 12 et 80 francs.

Ces représentations auront lieu à la promenade des Bastions, face, justement, au Mur des Réformateurs ou, en cas de mauvais temps, au Théâtre du Léman, sur le quai du Mont-Blanc. «Nous avons à cœur que le Jubilé ne soit pas réservé à une élite», précise Georges Bolay.

Aujourd'hui, les Genevois, quand ils ne l'ignorent pas, entretiennent un rapport ambigu avec ce Calvin qui fit de la bourgade de l'époque un centre de formation intellectuelle et un modèle d'organisation.

«Calvin, l'homme de l'austérité, de la discipline, du déplaisir de soi, de l'autoritarisme. Tout ce qu'on reproche au protestant genevois lui est imputé», relève Roland Benz, président de l'Association Jubilé Calvin 09.

Il s'agit aujourd'hui de redécouvrir sa pensée et son œuvre, sans le vénérer, sans non plus le limiter à la sphère religieuse, alors qu'il a exercé une influence sur les plans culturel, social, juridique, économique et politique.

Un Calvin divisé

Ecrivain de théâtre, auteur d'une centaine de pièces et de livrets d'opéra, le Français Michel Beretti connaît bien la ville du bout du lac où il a étudié. Avec sa pièce Calvin Genève en flammes, il n'a fait ni un portrait ni une hagiographie du réformateur.

Il s'agit plutôt d'une fiction, fondée cependant sur une profonde connaissance du personnage. Le Jean Calvin de Beretti «est contradictoire et divisé». Il doit affronter un monde en proie au chaos et les décisions qu'il prend dans l'urgence ou sous l'empire de la nécessité provoquent un grand écart avec les thèses qu'il professe. «Il y a ainsi quelque chose de tragique dans son itinéraire.»

François Rochaix, qui a, entre autres, mis en scène la Fête des Vignerons 1999 et la cérémonie d'ouverture d'Expo02, a immédiatement accepté la tâche que lui proposait Roland Benz.

C'était pour lui «l'occasion de se confronter à une partie voilée de lui-même». Il voit dans la pièce de Michel Beretti «une fable de tous les temps» qu'il rapproche de la révolution cubaine. Un grand projet se heurte à des résistances et l'on en vient parfois à renier ses principes...

Budget: 2 millions de francs

Guy Bovet achève de composer la musique. On est en train de coudre les costumes et de brosser les décors. Les répétitions débuteront en mai, avec une douzaine de comédiens, un chœur, des musiciens et des figurants.

La location est ouverte dès aujourd'hui dans 300 points de vente (et sur www.calvin09-geneve.ch ). Le budget de 2 millions de francs, qui a causé de sérieux soucis aux organisateurs, est maintenant près d'être bouclé... Décidément, l'Eglise protestante de Genève ose!

  • apic