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Ça bouge dans les Eglises Version imprimable Suggérer par mail
28-04-2009

Des Eglises réformées de Suisse enregistrent une hausse de nouveaux membres, d'autres voient les sorties se réduire. Cela ne suffit pas

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Des nouveaux venus dans les Eglises

Photo: Godong


Certaines Eglises ont du mal à ne pas pavoiser devant les résultats enregistrés ces dernières années. C'est le cas en Argovie, où l'Eglise protestante, minoritaire à 37% environ, voit augmenter le nombre d'entrées depuis le début des années 1990. Le nombre de sorties reste toutefois encore sept fois plus élevé que le nombre d'entrées. D'autres Eglises enregistrent des chiffres encourageants tant pour les entrées que pour les sorties. A Bâle-Campagne, majoritairement protestante, l'Eglise réformée voit les entrées augmenter depuis les années 1980, alors que les sorties d'Eglise sont assez stables depuis dix ans.

L'Eglise voisine du canton de Bâle-Ville voit aussi une baisse de la perte de ses membres. Le nombre des sorties est à son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans. Roger Thiriet, porte-parole de l'Eglise bâloise, voit deux raisons à cette évolution. «Premièrement, l'émigration des Bâlois a ralenti quelque peu.» Deuxièmement, la campagne de communication Credo 08 de l'Eglise a aidé à revaloriser son image auprès des Bâlois. «Nous sommes entrés dans la conscience publique comme une Eglise qui rend service», relève le porte-parole.

Les Eglises maigrissent

Roger Husistein, de l'Institut suisse de sociologie pastorale à Saint-Gall (SPI), reste prudent devant ces chiffres. «Peut-être que les entrées augmentent dans certaines Eglises, mais cela reste très bas», précise-t-il. Cela ne compense pas la baisse continue du nombre de fidèles. De manière générale, les sorties d'Eglise sont en augmentation en Suisse depuis de nombreuses années. Le mouvement de recul des Eglises catholiques et réformées s'est même accentué entre 1970 et 2000, selon une étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS) publiée en 2004. Trouver des raisons claires à ces évolutions reste une gageure.

La migration semble un critère important. «Les migrants veulent généralement une Eglise plus traditionnelle», relève Christiane Faschon, secrétaire générale de la Communauté de travail des Eglise chrétiennes en Suisse (CTEC). Si cela se vérifie surtout auprès des catholiques, c'est aussi vrai pour certaines Eglises protestantes. A Bâle, beaucoup d'Allemands de tradition luthérienne viennent travailler et semblent intégrer pour une large part les communautés réformées.

Quant à la crise économique et sociale actuelle, difficile de savoir le rôle qu'elle joue. «En temps de crise, la religion redevient attractive, indique Christiane Faschon. Nous observons généralement un regain d'intérêt pour les questions religieuses et spirituelles.» A l'inverse, le besoin de faire des économies devant les difficultés économiques incite à couper du côté de la contribution ecclésiastique.

Si l'Eglise catholique vit les mêmes difficultés en Suisse que les réformés, elle a ressenti moins durement la baisse du nombre de fidèles à cause de l'immigration catholique des cinquante dernières années. A l'inverse, elle est plus fragile devant les polémiques autour de l'autorité catholique romaine qui provoquent des vagues plus ou moins importantes de sorties d'Eglise.

  • P.-Y.M., «ProtestInfo»

Même Zurich réduit

L'Eglise réformée du canton de Zurich va supprimer de quinze à vingt postes de pasteurs dans les trois prochaines années. Aucun licenciement n'est prévu, selon Ruedi Reich, président du Conseil synodal zurichois.

Lors des prochains départs à la retraite, des postes ne seront pas repourvus et le taux d'occupation de certains pasteurs sera réduit. L'Eglise zurichoise doit se rendre à l'évidence: la baisse constante de ses membres et des rentrées financières ne lui permet pas de continuer d'assumer le même nombre de chaires pastorales. Toutes les Eglises cantonales vivent pratiquement ce genre de difficultés. Devant la réduction du nombre de fidèles et la baisse des rentrées financières, elles se voient contraintes de réduire la voilure pour assumer leur mission.

L'Eglise protestante de Neuchâtel avait dû supprimer un poste sur quatre entre 2005 et 2007, passant de 100 à 75 postes de ministres. Avant elle, en 2004, l'Eglise protestante de Genève avait dû supprimer onze postes de pasteurs et diacres pour équilibrer ses finances. Confrontées à des coupes budgétaires en 2005, l'Eglise protestante vaudoise avait pour sa part dû supprimer dix-huit postes.

  • «ProtestInfo»