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Mai 2009
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Coup de jeune
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Le voyage pour un horizon plus large |
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| 28-04-2009 | |||
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Ils sont allés en Iran ou au Maroc, découvrir la réalité des chrétiens d’ailleurs. Récit
Sortir de son petit jardin de croyant vaudois. Et découvrir la réalité de chrétiens minoritaires en Iran. Laurie Leuthold, géologue de 27 ans, et Samuel Gabrieli, étudiant en théologie de 25 ans, viennent de vivre une telle aventure avec d’autres jeunes paroissiens vaudois. «Une vraie expérience de vie», résume Samuel. Sept jeunes Iraniennes avaient visité la Suisse l’an dernier. Les jeunes Vaudois ont fait le voyage en sens inverse à l’occasion de Vendredi-Saint dernier, rencontrant des chrétiens de Téhéran et d’Ispahan, à 300 km au sud de la capitale. «J’ai été frappée par le sentiment constant de persécution que les chrétiens ont, face aux musulmans, raconte Laurie. Ils se sentent minoritaires dans un monde d’une autre religion. Pas question pour eux de sympathiser avec le chauffeur de taxi musulman, comme nous voulions le faire.» Il faut dire que la société religieuse impose ses règles à tous. «Il faut se promener voilée et couverte jusqu’aux avant-bras. Des femmes de la police des mœurs abordent nos hôtesses pour nous dissuader de l’oublier.» Le voile, les chrétiennes le portent comme un accessoire de beauté, léger et assorti à leurs vêtements. «Dans un restaurant chrétien, elles l’enlèvent. C’est une mascarade. Le jour du départ, j’ai vu beaucoup de femmes musulmanes faire de même aussitôt assises dans l’avion de la compagnie turque.» Les voyageurs suisses réalisent toutefois que les chrétiens affichent aussi leur appartenance: bijoux en forme de croix ou nom de l’Eglise imprimé sur la veste. Autre particularité, le culte paroissial se déroule le vendredi, jour de congé en Iran. «Du coup, le culte du dimanche de Pâques a lieu à l’aube, avant le travail, explique Samuel. Les familles et les employés d’entreprises chrétiennes ont pu célébrer plus tard.» Les jeunes découvrent alors un autre christianisme que celui qu’ils connaissent, une communauté qui se serre les coudes. «Nous avons dialogué en profondeur avec nos hôtes. Avec les jeunes, très vite nous avons échangé sur le mariage, comment le vivre, raconte Laurie. Ils ont une manière plus communautaire de penser que nous qui revendiquons notre libre arbitre. De même, nous allons plus loin dans notre esprit critique sur la Bible. Comme chrétiens, nous partageons des valeurs communes, mais nous atteignons vite les frontières de notre jardin culturel.» Le voyage a eu lieu sous l’égide de l’Action chrétienne en Orient, une association à laquelle la Suisse et l’Iran participent. Après des échanges entre adultes, le but était de concrétiser un échange entre jeunes. Opération réussie et enrichissante.
«Une autre manière de vivre»
Le voyage s’apparente davantage à une retraite qu’à une virée avec les parents à la découverte d’un pays. «Se retrouver dans un environnement inhabituel est propre à l’écoute et à la méditation», note Roger Puati. Le pasteur considère qu’un tel accompagnement fait partie de son rôle pastoral. «C’est un périple que les parents et les jeunes ne peuvent pas organiser. Nous vivons d’autres choses avec d’autres chrétiens, dont nous sommes proches et dont nous partageons la vie. Les jeunes échangent, expérimentent une autre manière de vivre, de croire, de servir Dieu. Ils voient qu’ils ne sont pas les seuls chrétiens et découvrent la dimension universelle de l’Eglise. C’est fructueux et ils en reviennent enrichis.» L’accompagnant aussi. Encore émerveillé par les bons échos de l’aventure, la joie procurée aux jeunes, des deux côtés. «L’Afrique imagine que l’Eglise est morte en Europe. En entendant des jeunes entre 15 et 18 ans chanter Dieu, ils voient qu’il y a encore une vie en Europe. De notre côté, ils reviennent après avoir rencontré des personnes engagées dans l’Eglise de là-bas et certains se disent: pourquoi pas moi?» Deux participants se demandent déjà s’ils ne vont pas devenir pasteurs.
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«Si nous restons ici, dans notre environnement quotidien, nous ne pouvons pas vivre les mêmes choses et faire découvrir une telle profondeur avec les jeunes. Ce sont des moments propices pour trouver un sens à leur vie.» Le pasteur lausannois Roger Puati rentre du Maroc où il a passé dix jours avec douze jeunes de la région lausannoises. «Nous avons visité des communautés de l’Eglise évangélique, qui sont ranimées par des jeunes venus de l’Afrique noire pour étudier au Maroc.» Passionnés de gospel, les Vaudois ont partagé leurs chants et une vie frugale avec leurs hôtes.
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