Les éditions
Mai 2009
Voyage
En Syrie Du 10 au 19 septembre 2010
Damas – Bosra – Maaloula – Palmyre – Alep – Saint-Siméon – l’Euphrate
Agenda
- Retraite œcuménique selon les exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola
30 juillet
- Danse et nature
31 juillet
- Atelier d'écriture créative
21 août
- Vocation : porte-parole
03 septembre
- Soirée à thème
27 septembre
Proposer un événement
Notre sondage
|
Bible ouverte
|
Le sens des fêtes surnaturelles |
|
|
| 28-04-2009 | |||
|
Trois manières d’aborder les miracles de l’Ascension et Pentecôte dans une société moderne
«Des événements fondateurs»
«L’important est de lire ces deux récits comme des événements fondateurs. Ils ont une valeur symbolique élevée, car ils fondent l’identité chrétienne. Quand l’historien Luc décrit l’événement cinquante ans après les faits, il est moins attaché aux détails qu’à leur signification.» »Il y a un noyau historique. Il s’agit du chemin de deuil que les premiers chrétiens ont dû faire, celui de l’absence du Christ. Les apparitions du ressuscité ont pris fin, mais elles ne débouchent pas pour autant sur un vide. Le Christ est recueilli par la nuée, c'est-à-dire par Dieu. Dans un langage symbolique connu aussi bien des juifs que des Romains, elle est le signe de la mystérieuse présence de Dieu. Bien sûr, en matérialisant ce langage imagé, les peintres nous ont joué un mauvais tour. Ils ont peint l’Ascension comme le départ d’une fusée.» »Le sens pour aujourd’hui? L’absence du ressuscité ne débouche pas sur le vide: il est dès lors le Seigneur caché du monde. La voie ouverte par le Christ est celle de tout croyant. Cette fête nous indique comment nous pouvons faire le deuil de ceux qui nous quittent et qui sont, eux aussi, recueillis par la nuée.» »Quant à la Pentecôte, elle marque le point de départ de l’Eglise. Il y a eu un événement fort. L’Esprit s’est emparé des disciples et les a fait parler. Cet événement charismatique donne l'impulsion aux disciples, qui se mettent à témoigner à Jérusalem. C’est intéressant: l’Eglise est d’abord un groupe de témoins, non un système hiérarchisé.» »Ils parlent une diversité de langages. C’est déjà la promesse d’une Eglise universelle. La chrétienté est voulue par Dieu comme une Eglise qui vit de la richesse de ses différences. Elle doit son existence à la présence de l’Esprit. C’est lui qui suscite la cohérence dans la diversité et non pas des décisions de gestion.» «Une sortie par en haut»
Pour Bertrand de Felice, pasteur à Begnins, «c’est précisément dans notre société actuelle, qui a tendance à tout voir au raz des paquerettes, qu’il s’agit de prêcher la résurrection à ciel ouvert! Nous ne voulons croire que ce que nous voyons? Cela nous coince à une place qui ne respire plus vraiment. Eh bien, l’Ascension affirme la possibilité pour chaque être humain d’une sortie par en haut. Quand il est impossible d’aller plus loin, il est toujours possible d’aller plus haut. Nous sommes attirés par cette ouverture nouvelle.» »Le Christ en est la figure emblématique. En prenant de la hauteur, nous avons plus d’espace. Nos relations peuvent mieux respirer. Nous tirons notre énergie relationnelle de cette verticalité.» »Quant à la Pentecôte, elle illustre une descente du Seigneur vers nous, d’une autre manière. Il n’est plus visible ni touchable, comme nous le souhaiterions souvent, mais néanmoins bien réel. Cette réalité est sans doute plus vraie encore. Sa présence n’est plus ici ou là, dans les formes ou les surfaces, mais au dedans, au plus intime de nous-mêmes.» »Cela dit, l’Esprit souffle où il veut. Le Christ ne peut jamais être confisqué par un pays, une religion ou une caste. Nous avons chacun nos langages pour accéder à la source. Chaque croyant peut trouver la communauté dans laquelle il entendra parler son propre langage. Pour autant qu’il n’oublie pas qu’il y a un seul Esprit, qui souffle pour nous aider à nous comprendre.» »Bien qu’assis à la droite du Père, le Christ continue de se donner à nous, dans le mouvement du souffle sacré. Cet Esprit, nous l’avons inspiré au premier jour de notre vie, il nous inspire chaque jour.» «Un envoi»
«Quand le sage montre le soleil du doigt, l’imbécile regarde le doigt. Je ne prêche pas sur le miracle lui-même. Il est un signe. Je n’ai pas de problème avec le surnaturel. La foi est un domaine où j’y fais place. Mais je dégage ce qu’il signifie. L’Ascension parle de l’absence de Dieu, de sa discrétion. Elle correspond à des temps de notre vie où nous nous sentons abandonnés.» »L’Ascension montre qu’il n’y a pas abandon, mais un envoi, une responsabilité. Cela m’aide à vivre sans Jésus à mes côtés. Les disciples eux-mêmes ont fait cette expérience. »Ces deux fêtes rappellent que nous sommes passés d’une présence localisée de Jésus à une présence pour tous, sans contrainte d’espace ni de temps. Il nous a quitté, pour mieux être présent. Il dit: «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux.» »L’Ascension est une fête exigeante. A Noël, je peux presque prendre Jésus dans mes bras. Il se donne de manière immédiate. A Pâques, quelque chose de fort se passe, la résurrection. Mais à l’Ascension, il s’en va. Je dois réfléchir à quoi cela m’engage.» »Peu après, Pentecôte m’invite à confesser ma foi, comme les apôtres. Grâce à l’Esprit-Saint, je peux d’abord me joindre aux croyants qui m’ont précédé. Ensuite, le témoignage est le plus important message de Pentecôte. Pierre prêche à des gens qui n’ont pas fait l’expérience de Jésus. C’est l’appel à partager la Bonne nouvelle universelle. L’Esprit nous invite à aller au-delà des limites qui nous semblent faire obstacle, comme la langue. Même si l’autre a une autre culture – nationale, musicale, sportive… – l’Evangile est appelé à se dire là aussi.»
|
|||









Daniel Marguerat, professeur honoraire de Nouveau Testament à l’Université de Lausanne
Bertrand de Félice, pasteur à Begnins
Luc Badoux, pasteur à la Vallée de Joux
Haut de la page