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Cinéma
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Tulpan |
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| 28-04-2009 | |||
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Dans ce beau film, la steppe kazakhe prend une dimension universelle
«Je veux montrer la vie», affirme le réalisateur. Quel magnifique acte de foi en la vie que ce film asséché de poussière, avec ses paysages sans horizons et son quotidien soumis à des gestes millénaires. Sergey Dvortsevoy rejette la distinction entre film de fiction et film documentaire. L’histoire d’Asa qu’il raconte ici pourrait être réelle, celle d’un homme qui veut fonder une famille et travailler. Dans les steppes kazakhes, cela ne va pas de soi; les jeunes préfèrent aller voir en ville. Quoi de plus compréhensible, en terre inhospitalière, que ce rejet des traditions? Quoi de plus attirant que les sirènes occidentales, qu’elles prennent la forme du Prince Charles et d’une maison avec capteurs solaires, ou qu’elles chantent par la voix du groupe Abba? Cependant, les racines sont profondes; Asa connaît ce qu’il leur doit. Il veut rester, et son entêtement donne de la grandeur à l’œuvre. Il reste pour une femme désirée dont on ne verra jamais le visage. Parce qu’au fond, ce n’est pas tant elle qui compte, que la conviction du jeune homme de devenir berger. Autour de lui, les enfants, les animaux sont des réalités brutes, ils ne jouent pas la comédie et s’offrent en noble portrait du Kazakhstan. Beaux, purs, ils n’ont rien de fictif; la caméra met en évidence la dureté de leur existence. Dvortsevoy les filme en de longs plans, leur donne du temps réel, et rend ainsi la réalité quotidienne, si âpre soit-elle, à son souffle poétique. Immense.
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