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Une pasteure dans sa roulotte |
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| 28-04-2009 | |||
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Départ ce mois d’un périple de trois ans à travers le canton, au rythme de l’âne. L’Evangile se met en chemin à la rencontre des gens
L’Eglise protestante vaudoise se lance dans un projet atypique, qui ne manquera pas d’interpeller le quidam. Avec pour slogan «L’Evangile est en chemin», une pasteure va sillonner durant trois ans les campagnes du canton au rythme du pèlerin. Avec pour mission d’aller à la rencontre des gens et d’offrir sa disponibilité.
L’Eglise la bénit et l’envoie officiellement le 3 mai depuis Crêt-Bérard. Le dynamisme de la pasteure vaudoise d’origine hollandaise a su convaincre: «Une Eglise ne doit pas rester confinées dans ses bâtiments. Elle doit être en chemin, s’offrir à la rencontre des gens.» Dans sa roulotte, elle transporte un bien précieux aujourd’hui: de la disponibilité et une écoute. Hetty Overeem vivra en nomade sous sa bâche chaque week-end, du vendredi au samedi, jusqu’en octobre. Puis, elle se fixera pour l’hiver dans un ermitage, en gardant la même attention. En chemin, elle invite quiconque le souhaite à boire un café, partager une question, un souci, demander une prière ou une bénédiction. Elle animera aussi trois offices par jours sous le tipi qui peut accueillir trente personnes. «Tout le monde est bienvenu à chaque repas, mais amène quelque chose. J’aurais toujours du pain et de la soupe.» L’exemple du nomadeCe choix de nomadisme est le fruit d’une longue démarche spirituelle. «J’ai d’abord ressenti un appel à retrouver l’essentiel, confie la pasteure. C’était il y a cinq ans. J’ai suivi une retraite de jeûne et beaucoup prié. A l’exemple de l’ermite Nicolas de Flue, j’ai eu envie de renoncer à ce qui m’éloigne de Dieu. Même un pasteur a besoin de remettre Dieu au centre de sa vie.» Hetty Overeem croise alors en France un nomade à vélo. «Il m’a beaucoup interpellé. Il était disponible et ouvert. Les gens lui racontaient leur vie, faisaient un bout de route avec lui. Dans une société où il faut aller toujours plus vite, il rappelait que le chemin et les rencontres sont aussi importants que le but.» La pasteure a choisi la simplicité. Dans sa roulotte, pas de confort, pas de lavabo. L’ameublement se limite à un matelas. «C’est juste ainsi, estime-t-elle. Je cuisinerai sur le gaz dehors ou sous le tipi.» Après Crêt-Bérard et les trois étapes, rien n’est défini d’avance. «Il y a de la place pour l’imprévu, sourit-elle. J’ai envie de me laisser guider par l’Esprit.» Hetty Overeem repérera d’abord à pied le prochain champ d’accueil, avec l’âne Speedy et son chien Barou. La roulotte, elle, sera acheminée à l’aide d’un tracteur. «C’est moins idyllique qu’un attelage à deux ânes, admet-elle, mais plus facile à maîtriser sur la route. Marcher avec l’âne me laisse une disponibilité en chemin que je ne voulais pas perdre.» Quel est son critère de réussite? «Au terme de l’aventure, j’aurais accompli ma mission si j’ai le sentiment de m’être laissé guider par Dieu et si j’ai aidé les gens à entrer en relation avec lui d’une manière nouvelle. Beaucoup m’ont dit avoir commencé à aller mieux dans leur vie quand ils ont eu une meilleure vision de Dieu.»
«Evangile en chemin»
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Saugrenu? «Au contraire, répond Hetty Overeem, l’aventurière à l’origine du projet. Une roulotte, cela fait rêver. L’envie de tout laisser et de voyager n’est jamais désuète.» A quelques jours du coup d’envoi, ses yeux bleus brillent de confiance. «J’ai aussi un peu le trac car il y a une part d’inconnu dans cette aventure.»
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