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K, le chanteur lausannois de 33 ans, est la tête d’affiche du Festival des couleurs à Aigle organisé par l’Eglise. Il parle de ce qui lui donne son énergie
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K: «L’être humain est un projecteur de réalité».
Photo : dr
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Vous êtes un chanteur de conviction et engagé. Qu’est-ce qui vous anime?
K: La société demande aujourd’hui aux jeunes de trouver un travail, non plus un engagement. Mais l’être humain n’a pas seulement besoin de subsistance, il doit se demander pourquoi il veut s’engager. Si cet engagement a un sens, il finira bien par le nourrir. En faisant ce qui a du sens pour nous, nous gagnons notre vie de manière plus efficace. Car nous la gagnons à tous les niveaux. En même temps, nous faisons gagner la vie.
Vous prenez parti pour l’émigré, vous chantez volontiers lors de concerts pour une cause. Est-ce un atout ou un frein dans une carrière de chanteur?
Je crois au don. Ce que vous faites à votre prochain, vous le faites à vous-même. Tel est le message qui réunit toutes les religions. Mon hypothèse est que nous faisons partie les uns des autres. Mon prochain, c’est moi-même. Je ne suis pas seulement Nicolas. Je suis aussi tout ce qui est. Nous faisons tous partie de la vie. Ce que je donne, je le donne à moi-même. Ce que je blesse, je le fais à moi-même. J’arrête de croire qu’en bombardant mon voisin j’augmente ma sécurité. J’essaie de défendre l’intérêt de la vie plutôt que mon intérêt personnel. Et je regarde si je me sens mieux. La richesse n’est pas que matérielle. Le bien-être est une richesse. Le fait d’être utile est la plus grande expérience d’abondance que nous puissions faire.
Les préjugés et la discrimination, nous n’aimez pas. Pour des raisons personnelles?
La discrimination est une maladresse. En rejetant l’autre, nous ne pouvons que nous rejeter nous-mêmes. Je n’en veux pas à ceux qui sont discriminants, mais je dis que ce n’est pas la bonne manière d’accéder au bien-être. Plus nous condamnons quelqu’un, plus nous nous condamnons à l’intérieur. Quand un politicien stigmatise une partie de la population, il marque un autogoal. Cela ne génère du bien-être ni pour lui ni pour sa cible. J’ai expérimenté à dose homéopathique la solitude en suivant une école de théâtre à Paris dans des conditions difficiles. Je suis sensible à la cause de ceux qui sont loin de leurs repères.
Vous pratiquez régulièrement la méditation. Sur quoi vous appuyez-vous?
Je l’ai découverte lors d’un stage de dix jours de silence qui ont changé ma manière de voir la vie. J’ai fait des prises de conscience qui m’ont aidé. Il y a plein de territoires vierges à découvrir à l’intérieur de soi. L’être humain a tellement exploré l’extérieur avec la science qu’il reste des continents intérieurs à découvrir. Cette conquête fait partie de mes objectifs. Je pratique la méditation matin et soir.
EXERGUE
«J’ai rencontré mon ange»
Qu’est-ce que cela vous apporte?
Mon approche est personnelle. J’ai rencontré mon ange. Je lui pose parfois mes questions et il me guide. Mon ange, ce n’est pas moi. C’est une voix en moi, mais qui n’est pas identifiée à l’ego. J’obtiens des réponses surprenantes et pertinentes. Je lui ai demandé si j’étais vivant pour une raison. La réponse m’a frappé. Je suis là pour voir que toutes les manifestations qui arrivent jusqu’à mes sens sont construites avec de l’amour. La matière avec laquelle tout est fabriqué, c’est de l’amour. Mon rôle est de réaliser cela et de lui dire oui. Dire oui à tout. Cela signifie de s’approcher de toutes les sensations agréables ou désagréables et de découvrir qu’il n’y a pas de danger. Laisser être. L’amour c’est cela. Juger, c’est refuser de voir que l’amour est toujours présent. La guerre et le mal viennent de ce que nous avons dit non à quelque chose. En disant oui, la violence n’a plus de raison d’être.
Vous participez en juillet au Festival des couleurs à Aigle, organisé par l’Eglise protestante. Quel lien entretenez-vous avec elle?
Mon expérience de l’Eglise est le travail important qu’elle fait contre la misère dont l’Etat ne s’occupe plus. Celle des sans-papiers, des sans-droits. Si l’Eglise n’existait pas pour cela, il y aurait des confits sociaux énormes. Je rencontre des gens qui trouvent dans l’Eglise une manière d’exprimer leur humanisme. L’institution a longtemps été la porte vers le spirituel. Dans l’Ancien Testament, le prêtre était ce média. Puis Jésus s’est dit fils de Dieu et a appelé les autres ses frères. L’homme a une filiation avec Dieu. Aujourd’hui, Dieu s’est encore rapproché. L’être humain doit assumer cette responsabilité. Sa parole est créatrice. En formulant les choses, il recrée sa vision du monde, donc le monde. L’être humain est un projecteur de réalité. Ce en quoi je crois modifie ma réalité. Mes attentes influencent mon expérience. Ma foi est créatrice. Si je crois que tous les gens vont me sourire aujourd’hui ou que je vais réussir à déclarer ma flamme à cette fille... Mon rêve secret était d’être chanteur. Je me suis mis à y croire. Démesurément. Il s’est passé des choses miraculeuses. J’ai osé plus. Affirmer que la guerre est inéluctable, que l’espèce humaine ne s’en sortira pas, c’est aussi faire un choix. Nous devons devenir des créateurs conscients et créer pour la joie, non la souffrance.
Vous conduisez cette année neuf mois de réflexion et de débats intitulés «Le monde en neuf», abordant des thèmes comme l’économie, la religion, la santé… Avez-vous l’ambition de changer le monde?
Pas du tout. Je ne veux pas changer le monde, mais ma vision des choses. Je ne veux rien pour les autres. Je suis en quête de bien-être, de liberté, de paix. J’en cherche les outils et je les partage. Chacun est responsable de sa quête. J’essaie d’appliquer ce que je découvre. Je pense à ma nièce et à mon neveu qui voudront un jour fonder une famille, avoir des petits chats et s’épanouir. Je ne crois pas au discours qui dit que 2050 sera cataclysmique. Mon libre choix est d’aller dans une autre direction. Nous irons vers une croissance spirituelle, une débauche de joie, une explosion de paix, une abondance de liberté. Je veux pouvoir dire que j’ai essayé d’agir.
Biographie express
K, 33 ans
- Deux festivals:
19 juin, 20h en trio au Festival de la Terre, à Lausanne.
4 juillet, 20h en trio au Festival des couleurs à Aigle. La fête des 3 et 4 juillet accueille la Compagnie La Déroute, Junior Tshaka, El Barrio latino, les tambours du Japon Waidaiko, le Band d'Eben Hézer, Roger Atipko, NT2, une trentaine de spectacles et des artistes de tous horizons. www.planchette.ch
- Un débat-spectacle: «Les médias», mardi 30 juin à 20h, Mémoire Vive, rue du Valentin 1, Lausanne.
- Des disques: «L’amour dans la rue» (2008), «L’arbre rouge» (2005)
- Un site: www.sitedek.ch
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