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Parlons éthique
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Controverse autour d’un diagnostic |
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| 26-05-2009 | |||
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Les milieux chrétiens disent non au diagnostic préimplantatoire
De nombreuses maladies invalidantes se développent plus tardivement», relève Christina Tuor, directrice de l'Institut de théologie et d'éthique de la FEPS. «Les maladies, qui pourront entraîner la destruction d'un embryon, n'ont pas été définies. Et aucune distinction n'est faite entre maladie et infirmité. En outre, ce projet de loi est rédigé en privilégiant le point de vue des parents au détriment de celui de l'enfant à venir», poursuit-elle. Droit à la différenceDes voix s'élèvent justement dans les organisations s'occupant d'handicapés pour revendiquer le droit des parents d'élever des enfants différents, relève, de son côté, la conseillère aux Etats neuchâteloise socialiste Gisèle Ory, directrice sortante de Pro Infirmis Neuchâtel. «Ces personnes estiment qu'il s'agit d'éviter une société trop policée, où le droit à la différence a disparu», remarque la future conseillère d'Etat. Lors des débats aux Chambres fédérales, Mme Ory avait défendu, comme une majorité de socialistes, la liberté de choix des parents. «Au sein de Pro Infirmis, ma position ne choque pas», relève-t-elle. Les différents partis d'obédience chrétienne comme le parti évangélique (PEV), l'Union démocratique fédérale (UDF) et le parti démocrate-chrétien (PDC) refusent le DPI au nom de la protection de la vie et de la dignité humaine. Seules les femmes du parti démocrate-chrétien (PDC) y sont favorables. Le PDC avait vécu le même scénario au moment du débat sur l'avortement, et la solution des délais, en 2002. Le peuple avait finalement accepté cette pratique en juin 2002. «Il s'agit de ne pas brusquer les différentes sensibilités dans ce domaine», a indiqué l'ancienne conseillère aux Etats PDC, la Jurassienne Madeleine Amgwerd. Favorable au diagnostic préimplantatoire comme la majorité des femmes PDC, elle juge trop cruel de laisser des parents dans l'ignorance de l'état de santé de leur éventuel futur enfant. Trouver une majorité en faveur du compromis élaboré par le Conseil fédéral ne sera pas chose aisée tant le diagnostic préimplantatoire fait naître des positions controversées. A l'issue de la procédure de consultation, qui s'est terminée mi-mai, trois fronts se dessinent, sans qu'aucune majorité claire ne se fasse jour: entre les partisans du statu quo, c'est-à-dire l'interdiction du DPI, ceux qui jugent la révision trop restrictive et ceux qui sont derrière le projet du Conseil fédéral. En 2005, le Parlement avait accepté une motion visant à lever l'interdiction qui frappe actuellement le diagnostic préimplantatoire des embryons fécondés in vitro. Le conseiller aux Etats vaudois des Verts, Luc Recordon, souffrant d'un handicap, avait marqué les esprits quand, pour favoriser la levée de l'interdiction, il avait déclaré à la tribune du Parlement: «J'aurais préféré ne pas naître.»
Un diagnostic quoi?
Le diagnostic préimplantatoire consiste à analyser le patrimoine génétique d'un embryon conçu in vitro. Cette technique, qui existe depuis 1990, permet de déceler des anomalies responsables de maladies héréditaires graves. Le projet de loi n'autorise pas la détection de maladies comme la trisomie, la sélection du sexe de l'enfant ou le développement d'un «bébé-médicament», permettant de venir en aide à un enfant déjà né. Le projet du Conseil fédéral veut limiter les interventions à quelques maladies extrêmement invalidantes, pouvant survenir avant 50 ans et pour lesquelles il n'existe pas de thérapies. Les parents auraient leur mot à dire à chaque étape du processus. Le DPI est autorisé dans une majorité de pays européens et dans la plupart des Etats des Etats-Unis. Au nom de principes éthiques, il reste interdit en Allemagne, en Italie et en Autriche.
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