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Edito
La Bonne Nouvelle de la belle saison Version imprimable Suggérer par mail
30-06-2009

La belle saison est là. Les couleurs sont riantes, les soirées longues et belles, les vêtements légers, les rencontres plus aisées.

frere_richard_100C’est aussi le moment de partir, de découvrir ailleurs ce qui est beau. Mais qu’est-ce que la belle saison a à faire avec la Bonne Nouvelle? Aurait-on idée d’aller chercher dans la Bible des idées de vacances? On n’y trouve ni offres spéciales ni destinations de rêve. Et pourtant, il y est question de vacances dès la première page. Après avoir travaillé six jours pour créer ciel et terre, Dieu prend des vacances.

Le septième jour, il s’arrête. Il regarde. Il voit combien ce qu’il a fait est beau. Un jour pour s’arrêter, ce n’est pas beaucoup. Mais si les six jours de la création duraient treize milliards d’années du big bang à la création des humains, d’après ce qu’on nous dit, le septième pouvait bien, lui aussi, durer un peu. Si Dieu prend des vacances, ce n’est pas qu’il est fatigué. On sait bien que, quand on est trop fatigué, on n’arrive plus à dormir, à se reposer tranquillement. Dieu s’arrête, car il est plus fort que sa force. Il est libre. Puissance infinie, Dieu pourrait créer sans cesse, comme un tourbillon créateur.

Mais Dieu n’est pas esclave de sa puissance. C’est là le secret de la douceur de Dieu. Dieu n’est pas seulement fort, il est aussi doux et humble. En s’arrêtant le septième jour, il limite sa toute-puissance et laisse un espace de liberté à ses créatures. Pour revenir à nos vacances: pourquoi ne pas faire des vacances avec Dieu? Imiter le repos de Dieu, c’est un des dix commandements: «Le septième jour, tu ne feras aucun ouvrage.» La liberté évangélique nous autorise à ne pas en limiter la portée à un seul jour de la semaine. Nos vacances aussi sont un saint sabbat. Elles nous invitent à être autre chose qu’un rouleau compresseur d’efficacité. La Bonne Nouvelle de la belle saison ne serait-elle pas qu’il y a une douceur de vivre? Elle a sa source dans la douceur de Dieu qui fait commencer le temps du monde avec une halte d’émerveillement.

  • Frère Richard, de Taizé