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Panorama
Des lectures pour vos vacances Version imprimable Suggérer par mail
02-07-2009

Des romans, des ouvrages légers pour s’aérer, des livres profonds pour méditer durant l'été. Notre choix

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Révélation

L’histoire douce amère de Julide, adolescente silencieuse et un peu sauvage, de sa chaleureuse tante Nala, diseuse de bonne aventure à ses heures pour les habitants de la cité, et de leur étrange voisine Mado qui vit seule dans une vieille maison dans une petite ville de province. Leurs vies, parfois rêvées, se croisent et s’emmêlent pour nous raconter l’exil, l’amour, la solitude, les secrets, la différence ainsi qu’une étrange rencontre qui les révèle à elles-mêmes.

  • S.K. 
  • Dominique Mainard, «Je voudrais tant que tu te souviennes», Ed. Folio Gallimard, 2009 
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Le grignoteur de livres

Firmin est un rat, qui après être né dans les soussols d’une librairie, plus précisément dans «Finnegans Wake» de Joyce, apprend à lire et «dévore » tous les livres qui lui tombent sous la main, ou plutôt sous les pattes. Bien que très cynique, Firmin est touchant dans sa quête désespérée de pouvoir communiquer avec les humains – le passage où il apprend à dire bonjour en morse est hilarant –, qui le lui rendent bien mal; jusqu’à sa rencontre avec Jerry, un écrivain un peu marginal. Mais le quartier est menacé par les promoteurs… et alors que les rats et les humains quittent le navire, Firmin choisit son ultime refuge: un livre.

  • M.F.
  • Sam Savage, «Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres», Ed. Actes Sud
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Le chant des pierres

Le rayonnement de la spiritualité cistercienne fut l’un des plus spectaculaires de l’histoire spirituelle de l’humanité. De 1098 à 1250, plus de 650 abbayes furent ainsi construites du Nord au Sud, d’Est en Ouest de l’Europe, où des milliers d’hommes et de femmes s’étaient voués, aux mêmes heures et selon un même rythme, à la prière et au travail. Jusqu’à aujourd’hui, la plupart de ces abbayes demeurent des lieux de paix et de retraite, d’accueil et de visite où le silence permet à chacun d’entendre non seulement le souffle de Dieu, mais aussi ce fameux «chant des pierres» dont Bernard de Clairvaux fut l’inventeur par une architecture unique, dont le dépouillement et la simplicité sont les deux règles d’or. Un texte bref et précis, et de superbes photographies en couleurs nous font revivre cette aventure de l’esprit.

  • J.B.
  • «Citeaux, l’ordre, son histoire, ses abbayes », MSM éditions, 158 p.
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Une leçon de courage

Ne serait-ce que pour sa préface, le livre de Franceska Michalska vaut la peine d’être lu. Jerzy Lukaszewski, ancien ambassadeur de Pologne en France, s’y étonne de voir comment, en Europe occidentale, «l’URSS a constitué pendant longtemps un objet de sympathie, sinon d’admiration», pour de nombreux politiciens, intellectuels et hommes des médias. Une situation qui ne se dissipe que lentement. Le témoignage de la Polonaise Francesca Michalska «permet au lecteur de prendre conscience du caractère criminel d’un système politique, de voir comment ce système libère tout ce qu’il y a de plus vil – voire de plus bestial – dans l’homme, comme il transforme en enfer la vie des individus et des peuples», selon le diplomate. Quelle vie! Et quelle aventure! que celle de Franceska, née en 1923 dans une famille polonaise au nord de l’Ukraine. Famines, déportation dans une steppe du Kazakhstan, elle traverse avec courage un pan d’histoire peu connu, qu’elle raconte avec des mots simples et touchants.

  • bn
  • Franceska Michalska, «Accrochée à la vie», Ed. Noir sur Blanc, 2009
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Rien à craindre? Vraiment?

«Je ne crois pas en Dieu mais il me manque.» Ainsi commence ce livre, mi-essai, mi-autobiographie, à la fois drôle et sérieux, d’un auteur britannique amoureux de la littérature française qui part en quête de sa propre peur de la mort, qu’il confronte à différentes opinions dont celle de son frère, spécialiste d’Aristote, et de ses amis. Il interroge également sa famille d’élection composée de Jules Renard, Montaigne, Daudet et bien d’autres auteurs qui se sont exprimés sur le sujet. Rien à craindre? Vraiment?

  • S.K.
  • Julian Barnes, «Rien à craindre», Ed. Mercure de France, 2009
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La Suisse en anglais

Comment mieux se connaître que dans le regard des autres? «La Suisse vue par les écrivains de langue anglaise» de Patrick Vincent nous en offre l’occasion. Les amateurs d’histoire suisse la suivront sous l’oeil attentif que lui portaient nombre d’auteurs anglophones. D’autres lecteurs cueilleront directement les citations qui font le charme du petit ouvrage. «Retour à 8 heures, tous de l’avis que cela a été une journée particulièrement réussie», note ainsi dans son journal la reine Victoria, après une excursion au Righi, en août 1868. En 1859, l’Américaine Emily Dickinson, qui n’a jamais visité l’Europe, écrit: «Nos vies sont suisses – si calmes – si froides – jusqu’à ce qu’un beau jour les Alpes laissent tomber leur voile et nous voyions plus loin! Sur l’autre versant l’Italie!» Le cinéaste Orson Wells, dans «Le troisième homme», reprend le même contraste: «En Italie, pendant les trente années sous les Borgia, ils ont eu la guerre, la terreur, le meurtre et le sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, ils ont eu l’amour fraternel – ils ont eu cinq cents ans de démocratie et de paix, et qu’est-ce qu’ils ont produit? Le coucou.»

  • bn
  • Patrick Vincent, «la Suisse vue par les écrivains de langue anglaise», Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009
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La Bible à la lettre

Deux conseils: passer outre l’horrible couverture, et surtout lire ce livre avant que Hollywood n’en fasse un fi lm! L’auteur est un journaliste new-yorkais. Après avoir listé toutes les lois et interdits contenus dans la Bible – plus de 700… –, il décide de vivre une année entière en les appliquant chaque jour de façon littérale. Ce qui est à relever, c’est que même s’il prend cette démarche comme une expérience sociologique, il le fait avec beaucoup de respect pour la religion, ainsi que pour tous les croyants, juifs et chrétiens, qu’il va rencontrer durant cette année. S’en suit un voyage spirituel, très drôle tout en restant profond.

  • M.F. 
  • A.J. Jacobs, «L’année où j’ai vécu selon la Bible», Ed. Jacqueline Chambon
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Un Ulysse de notre temps

Alors que son nouveau livre «Le sumo qui ne voulait pas grossir» est en tête des ventes partout, j’avoue avoir préféré le livre précédent d’E.E. Schmitt, «Ulysse from Bagdad». Schmitt a le don de créer des personnages attachants (Oscar, Ibrahim…), et Saad Saad est dans cette même veine. Seul garçon survivant de sa famille, sa mère décide qu’il doit quitter l’Irak afi n de trouver une vie meilleure, et surtout soutenir fi nancièrement sa famille. Nous suivons donc son périple de Bagdad à Londres, comme tant d’autres de ces migrants, à la dérive en Méditerranée, puis enfermé dans un container, ou squattant ça et là en attendant de pouvoir enfi n traverser la Manche. Un Ulysse de notre temps, qui lui aussi retrouvera sa Pénélope.

  • M.F.
  • Eric-Emmanuel Schmitt, «Ulysse from Bagdad», Ed. Albin Michel
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Bien comme il faut

C’est toujours le bon moment pour découvrir ou relire Barbara Pym, grande dame méconnue de la littérature anglaise, qui décrit mieux que personne avec tendresse et ironie l’existence discrète de dames de paroisses aux petits soins pour leur vicaire, d’employés de bureau au seuil de la retraite, d’anthropologues au sein de sociétés savantes, ou de bibliothécaires ronchons amateurs de beaux meubles à la recherche du classement idéal. De la campagne anglaise à Londres où se passe ce roman, elle promène son regard aimablement sarcastique sur les humains qui peuplent ces petits mondes qu’elle connaît bien pour nous les faire découvrir sous un jour imprévu. A lire et à relire donc…

  • S.K.
  • Barbara Pym, «Une demoiselle comme il faut», Ed. Bourgois, Collection Titres, 2007
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Les romans du philosophe

«J’adore raconter des histoires», aimait dire Michel Henry, l’un des plus grands philosophes du XXe siècle, et qui fut aussi l’auteur de trois romans célèbres rassemblés ici en un seul volume à prendre pour les vacances: «Le jeune offi cier», «L’amour les yeux fermés» et «Le fi ls du roi». Ces trois romans nous plongent dans l’énigme de l’aventure humaine vécue sans concession, car nous sommes tous les fi ls de l’absolu, avec cette conséquence que, de façon invisible, tous les hommes sont égaux. «La vie ne mourra jamais, la vie est bonne», même au coeur des épreuves. C’est dans le secret que les individus continuent à aimer et à croire, à penser, à goûter la plénitude de la vie, sachant d’instinct «fermer les yeux», c’est-à-dire refusant de se laisser aliéner par les événements, découvrant ainsi la véritable condition de la subjectivité qui demeure toujours clandestine.

  • J.B.
  • Michel Henry, «Romans», Encre Marine, 549 p.
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Partir en retraite, mais où?

Fatigué, stressé, besoin de faire le point, de se ressourcer, de se retrouver soi-même? Désormais, un ouvrage répertorie plus de trois cent cinquante adresses en France, en Belgique et en Suisse romande. L’auteur, Anne Ducrocq, est journaliste et pratique des retraites depuis plus de vingt ans. Son guide est organisé autour des différentes «familles» religieuses, ce qui permet au lecteur de choisir au mieux un lieu qui correspond à ses attentes: «Les trappiste ne reçoivent pas comme les carmélites ou les cisterciens, ni les bouddhistes vietnamiens comme les tibétains. Ici on parle, là on s’enfouit dans le silence… Ici on est plus chaleureux, là plus rigoureux. Ici, l’accueil est mixte, pas là. Ici, les offi ces sont en latin, là en japonais ou en sanskrit. Ici, l’on est à la périphérie de la ville, là protégés par des hectares de forêt.» L’ouvrage décrit chaque ordre, ses règles de vie, le déroulement d’une journée et ajoute une «petite bibliothèque idéale et subjective» de livres, de fi lms et même de romans policiers. Une excellente introduction aux différentes formes de spiritualités qui nous entourent.

  • C.B.
  • Anne Ducrocq, «Guide spirituel des lieux de retraite dans toutes les traditions», Ed. Albin Michel