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Des romans, des ouvrages légers pour s’aérer, des livres profonds pour méditer durant l'été. Notre choix
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Révélation
L’histoire douce amère de Julide, adolescente silencieuse
et un peu sauvage, de sa chaleureuse
tante Nala, diseuse de bonne aventure à ses heures
pour les habitants de la cité, et de leur étrange
voisine Mado qui vit seule dans une vieille
maison dans une petite ville de province. Leurs
vies, parfois rêvées, se croisent et s’emmêlent
pour nous raconter l’exil, l’amour, la solitude,
les secrets, la différence ainsi qu’une étrange
rencontre qui les révèle à elles-mêmes.
- S.K.
- Dominique Mainard, «Je voudrais tant que
tu te souviennes», Ed. Folio Gallimard, 2009
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Le grignoteur de livres
Firmin est un rat, qui après être né dans les soussols
d’une librairie, plus précisément dans «Finnegans
Wake» de Joyce, apprend à lire et «dévore
» tous les livres qui lui tombent sous la main,
ou plutôt sous les pattes. Bien que très cynique,
Firmin est touchant dans sa quête désespérée
de pouvoir communiquer avec les humains – le
passage où il apprend à dire bonjour en morse
est hilarant –, qui le lui rendent bien mal;
jusqu’à sa rencontre avec Jerry, un écrivain un
peu marginal. Mais le quartier est menacé par
les promoteurs… et alors que les rats et les humains
quittent le navire, Firmin choisit son
ultime refuge: un livre.
- M.F.
- Sam Savage, «Firmin, autobiographie d’un
grignoteur de livres», Ed. Actes Sud
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Le chant des pierres
Le rayonnement de la spiritualité cistercienne fut l’un des plus spectaculaires
de l’histoire spirituelle de l’humanité. De 1098 à 1250, plus de 650 abbayes
furent ainsi construites du Nord au Sud, d’Est en Ouest de l’Europe, où des
milliers d’hommes et de femmes s’étaient voués, aux mêmes heures et selon
un même rythme, à la prière et au travail. Jusqu’à aujourd’hui, la plupart
de ces abbayes demeurent des lieux de paix et
de retraite, d’accueil et de visite où le silence
permet à chacun d’entendre non seulement le
souffle de Dieu, mais aussi ce fameux «chant
des pierres» dont Bernard de Clairvaux fut
l’inventeur par une architecture unique, dont
le dépouillement et la simplicité sont les deux
règles d’or. Un texte bref et précis, et de superbes
photographies en couleurs nous font revivre
cette aventure de l’esprit.
- J.B.
- «Citeaux, l’ordre, son histoire, ses abbayes
», MSM éditions, 158 p.
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Une leçon de courage
Ne serait-ce que pour sa préface, le livre de Franceska
Michalska vaut la peine d’être lu. Jerzy Lukaszewski,
ancien ambassadeur de Pologne en France, s’y étonne
de voir comment, en Europe occidentale, «l’URSS a
constitué pendant longtemps un objet de sympathie,
sinon d’admiration», pour de nombreux politiciens,
intellectuels et hommes des médias. Une situation
qui ne se dissipe que lentement. Le témoignage de la
Polonaise Francesca Michalska «permet au lecteur
de prendre conscience du caractère criminel d’un
système politique, de voir comment ce système libère
tout ce qu’il y a de plus vil – voire de plus bestial – dans l’homme, comme
il transforme en enfer la vie des individus et des peuples», selon le diplomate.
Quelle vie! Et quelle aventure! que celle de Franceska, née en 1923 dans une
famille polonaise au nord de l’Ukraine. Famines, déportation dans une steppe
du Kazakhstan, elle traverse avec courage un pan d’histoire peu connu, qu’elle
raconte avec des mots simples et touchants.
- bn
- Franceska Michalska, «Accrochée à la vie», Ed. Noir sur Blanc, 2009
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Rien à craindre? Vraiment?
«Je ne crois pas en Dieu mais il me
manque.» Ainsi commence ce livre,
mi-essai, mi-autobiographie, à la fois
drôle et sérieux, d’un auteur britannique
amoureux de la littérature
française qui part en quête de sa propre
peur de la mort, qu’il confronte
à différentes opinions dont celle de
son frère, spécialiste d’Aristote, et
de ses amis. Il interroge également
sa famille d’élection composée de
Jules Renard, Montaigne, Daudet et
bien d’autres auteurs qui se sont exprimés
sur le sujet. Rien à craindre? Vraiment?
- S.K.
- Julian Barnes, «Rien à craindre»,
Ed. Mercure de France, 2009
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La Suisse en anglais
Comment mieux se connaître que dans le regard des autres?
«La Suisse vue par les écrivains de langue anglaise» de Patrick
Vincent nous en offre l’occasion. Les amateurs d’histoire
suisse la suivront sous l’oeil attentif que lui portaient nombre
d’auteurs anglophones. D’autres lecteurs cueilleront directement
les citations qui font le charme du petit ouvrage.
«Retour à 8 heures, tous de l’avis que cela a été une journée
particulièrement réussie», note ainsi dans son journal la reine
Victoria, après une excursion au Righi, en août 1868. En 1859,
l’Américaine Emily Dickinson, qui n’a jamais visité l’Europe,
écrit: «Nos vies sont suisses – si calmes – si froides – jusqu’à
ce qu’un beau jour les Alpes laissent tomber leur voile et nous voyions plus loin! Sur
l’autre versant l’Italie!» Le cinéaste Orson Wells, dans «Le troisième homme», reprend le
même contraste: «En Italie, pendant les trente années sous les Borgia, ils ont eu la guerre,
la terreur, le meurtre et le sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la
Renaissance. En Suisse, ils ont eu l’amour fraternel – ils ont eu cinq cents ans de démocratie
et de paix, et qu’est-ce qu’ils ont produit? Le coucou.»
- bn
- Patrick Vincent, «la Suisse vue par les écrivains de langue anglaise», Presses
polytechniques et universitaires romandes, 2009
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La Bible à la lettre
Deux conseils: passer outre l’horrible couverture, et
surtout lire ce livre avant que Hollywood n’en fasse
un fi lm! L’auteur est un journaliste new-yorkais.
Après avoir listé toutes les lois et interdits contenus
dans la Bible – plus de 700… –, il décide de vivre
une année entière en les appliquant chaque jour de
façon littérale. Ce qui est à relever, c’est que même
s’il prend cette démarche comme une expérience sociologique,
il le fait avec beaucoup de respect pour
la religion, ainsi que pour tous les croyants, juifs et
chrétiens, qu’il va rencontrer durant cette année.
S’en suit un voyage spirituel, très drôle tout en restant
profond.
- M.F.
- A.J. Jacobs, «L’année où j’ai vécu selon la
Bible», Ed. Jacqueline Chambon
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Un Ulysse de notre temps
Alors que son nouveau livre «Le sumo
qui ne voulait pas grossir» est en tête
des ventes partout, j’avoue avoir préféré
le livre précédent d’E.E. Schmitt,
«Ulysse from Bagdad». Schmitt a le don
de créer des personnages attachants
(Oscar, Ibrahim…), et Saad Saad est
dans cette même veine. Seul garçon
survivant de sa famille, sa mère décide
qu’il doit quitter l’Irak afi n de trouver
une vie meilleure, et surtout soutenir
fi nancièrement sa famille. Nous suivons
donc son périple de Bagdad à
Londres, comme tant d’autres de ces
migrants, à la dérive en Méditerranée,
puis enfermé dans un container,
ou squattant ça et là en attendant de pouvoir enfi n traverser la Manche.
Un Ulysse de notre temps, qui lui aussi retrouvera sa Pénélope.
- M.F.
- Eric-Emmanuel Schmitt, «Ulysse from Bagdad», Ed. Albin Michel
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Bien comme il faut
C’est toujours le bon moment
pour découvrir ou relire Barbara
Pym, grande dame méconnue
de la littérature anglaise,
qui décrit mieux que personne
avec tendresse et ironie l’existence
discrète de dames de
paroisses aux petits soins pour
leur vicaire, d’employés de
bureau au seuil de la retraite,
d’anthropologues au sein de
sociétés savantes, ou de bibliothécaires
ronchons amateurs
de beaux meubles à la recherche
du classement idéal. De la campagne anglaise à Londres
où se passe ce roman, elle promène son regard aimablement
sarcastique sur les humains qui peuplent ces petits mondes
qu’elle connaît bien pour nous les faire découvrir sous un jour
imprévu. A lire et à relire donc…
- S.K.
- Barbara Pym, «Une demoiselle comme il faut»,
Ed. Bourgois, Collection Titres, 2007
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Les romans du philosophe
«J’adore raconter des histoires», aimait dire Michel Henry, l’un des plus
grands philosophes du XXe siècle, et qui fut aussi l’auteur de trois romans
célèbres rassemblés ici en un seul volume à prendre pour les vacances:
«Le jeune offi cier», «L’amour les yeux fermés» et «Le fi ls du roi». Ces trois
romans nous plongent dans l’énigme de l’aventure humaine vécue sans
concession, car nous sommes tous les fi ls de l’absolu, avec cette conséquence
que, de façon invisible, tous les hommes
sont égaux. «La vie ne mourra jamais, la
vie est bonne», même au coeur des épreuves.
C’est dans le secret que les individus continuent
à aimer et à croire, à penser, à goûter
la plénitude de la vie, sachant d’instinct «fermer
les yeux», c’est-à-dire refusant de se laisser
aliéner par les événements, découvrant
ainsi la véritable condition de la subjectivité
qui demeure toujours clandestine.
- J.B.
- Michel Henry, «Romans»,
Encre Marine, 549 p.
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Partir en retraite, mais où?
Fatigué, stressé, besoin de faire le point, de se
ressourcer, de se retrouver soi-même? Désormais,
un ouvrage répertorie plus de trois cent cinquante
adresses en France, en Belgique et en Suisse romande.
L’auteur, Anne Ducrocq, est journaliste et
pratique des retraites depuis plus de vingt ans. Son
guide est organisé autour des différentes «familles»
religieuses, ce qui permet au lecteur de choisir au
mieux un lieu qui correspond à ses attentes: «Les
trappiste ne reçoivent pas comme les carmélites
ou les cisterciens, ni les bouddhistes vietnamiens
comme les tibétains. Ici on parle, là on s’enfouit
dans le silence… Ici on est plus chaleureux, là plus
rigoureux. Ici, l’accueil est mixte, pas là. Ici, les offi ces sont en latin, là en japonais
ou en sanskrit. Ici, l’on est à la périphérie de la ville, là protégés par des hectares
de forêt.» L’ouvrage décrit chaque ordre, ses règles de vie, le déroulement d’une
journée et ajoute une «petite bibliothèque idéale et subjective» de livres, de fi lms
et même de romans policiers. Une excellente introduction aux différentes formes
de spiritualités qui nous entourent.
- C.B.
- Anne Ducrocq, «Guide spirituel des lieux de retraite dans toutes
les traditions», Ed. Albin Michel
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