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| 25-08-2009 | |||||
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Chrétiens et musulmans dialoguent dans le Pays de Vaud. Etat des lieux
«La question des minarets n’est qu’un prétexte pour mettre en cause la présence des musulmans en Suisse», estime Maroun Tarabay, prêtre d’origine libanaise, représentant catholique au sein du Conseil œcuménique et interreligieux et membre du groupe Musulmans et chrétiens pour le dialogue et l’amitié (MCDA). «La vraie question est celle de l’intégration des musulmans. Ils sont là. Jusqu’où va leur liberté religieuse? Construire des lieux de culte va sans doute dans le sens d’une meilleure intégration.» Fausse questionSafwa Aïssa, d’origine tunisienne, représentante musulmane dans le groupe, confirme: «L’Union démocratique du centre nous impose une discussion qui n’est pas pour nous prioritaire. Cet élément architectural n’existait pas du temps du Prophète. Ce n’est pas une nécessité. En Suisse, la majorité des centres islamiques n’ont pas de minaret et n’en ont pas besoin. La communauté musulmane ne le revendique pas. Mais aller jusqu’à l’interdiction n’est pas un signal positif dans un contexte de rapprochement et d’une meilleure vie ensemble. Cette fausse question est surtout l’occasion de mettre en avant des clichés et des stéréotypes.» D’une récente enquête menée par le MCDA auprès de personnes intéressées par les questions interreligieuses, il ressort que le dialogue est une nécessité. Pas tellement un dialogue académique sur les hautes questions théologiques, mais bien plutôt des rencontres entre voisins, un dialogue de proximité. Musulmans et chrétiens reconnaissent des valeurs communes: l’amour, l’amitié, la paix, la justice. Ils souhaitent faire des choses ensemble, organiser des journées portes ouvertes, voire exprimer des positions communes sur des questions de société. Des groupes de ce genre existent déjà à Yverdon, Vevey, Lausanne, Renens et Moudon. Le dialogue islamo-chrétien n’est cependant pas sans nuages. Des chrétiens ont de la peine avec des passages du Coran. Des musulmans disent souffrir de préjugés et du manque de confiance. Tous sont d’accord pour souligner l’importance d’une bonne attitude à l’égard de l’autre, sans le critiquer ni le juger. «Le vrai dialogue n’est pas de nier son identité, mais de l’exprimer malgré les différences de croyance», commente Maroun Tarabay, qui travaille depuis douze ans dans ce domaine. Safwa Aïssa prépare un master en communication interculturelle: «Pour moi, la différence est une richesse. Il faut faire avec et essayer de trouver des points communs sur lesquels travailler. Et ne pas se focaliser sur les différences qui nous éloignent. C’est cela le dialogue interculturel.» Minarets, formation des imams en Suisse, construction de nouveaux centres islamiques, réciprocité de la liberté religieuse, échanges théologiques, les sujets ne manquent pas même si les difficultés linguistiques et le manque de temps sont des obstacles. Catholiques et protestants sont-ils sur la même longueur d’onde dans le dialogue avec l’islam? «Pas tout à fait, répond Maroun Tarabay. Les protestants sont parfois gênés par la place qu’occupe Marie. Or elle est un personnage important dans le Coran, et qui relie chrétiens et musulmans.»
«Un apprentissage du respect»
De quoi parlez-vous? Nous avons eu des rencontres sur des thèmes de vie et de foi: la vie quotidienne dans les transports public et les magasins, la famille, comment nous nous voyons réciproquement, nos fêtes, la prière pour les autres, l’éducation des enfants dans la foi. Nous avons aussi organisé des visites de classes dans les trois lieux de rencontre et de prière. Des discussions ont porté sur notre vision de Marie, la pratique du jeûne. Qu’en retirez-vous? Une meilleure connaissance des gens et de nos religions respectives. La découverte de femmes sincères. Et un apprentissage du respect. Nous nous accueillons telles que nous sommes.
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Nicole Schneider, diacre à Lausanne, participe depuis sept ans à un groupe de rencontres entre femmes musulmanes et chrétiennes Pourquoi seulement des femmes? A l’origine, nous avons eu des contacts avec un centre islamique, à Lausanne, en face de l’église Saint-Marc et proche aussi d’une église catholique. Des discussions qui ont suivi, la demande est venue des femmes musulmanes.
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