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Andreas Dettwiler décrypte l’apôtre qui a d’abord été persécuteur des chrétiens
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L'apôtre Paul évangélisait les grands centres urbains.
Photo : Ravenne
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A l’occasion du Cours biblique par correspondance sur la lettre aux Ephésiens, Andreas Dettwiler, doyen et professeur de Nouveau Testament à l’Université de Genève, nous explique les motivations de l’apôtre Paul
Qui était Paul?
Andreas Dettwiler: Un juif de la diaspora, né hors de la Palestine de l’époque, au sud-est de la Turquie actuelle. Il a vécu sa jeunesse dans une ville à la charnière de deux influences culturelles, le judaïsme de ses parents et la culture gréco-romaine. C’était un juif urbain et cultivé en contact aussi avec la communauté juive de Palestine.
Il est célèbre pour sa conversion subite…
On ne peut pas dire qu’il est un juif devenu chrétien. Une telle séparation n’était pas aussi nette à l’époque. Au sein du judaïsme, le mouvement qui a présenté Jésus comme fils de Dieu faisait partie du judaïsme. Paul lie sa conversion avec sa vocation. Il se sent appelé par Dieu à mener une mission auprès des païens, à transmettre a l’humanité tout entière la bonne nouvelle de la libération par le Christ. Sa motivation religieuse est fondée sur une vision qu’il a eue du Christ ressuscité. Cet événement spirituel est fondamental dans la vie de Paul.
Sa théologie nous est parvenue par ses lettres?
Oui, ce n’est pas une théologie rigide, mais qui réagit face à des situations rencontrées dans les communautés qu’il a fondées. Sa stratégie missionnaire était de se rendre dans les centres urbains de l’Empire romain. Il a toutefois continué à travailler de ses mains, en fabriquant des tentes. Cela facilitait son entrée en contact avec la population locale. Il était entouré d’un grand nombre de collaborateurs.
Paul n’a pas connu personnellement Jésus, pourquoi ses lettres ont-elles été jointes au Nouveau Testament?
Lui-même croit être totalement fidèle au message de Jésus même s’il n’a pas été en contact avec le Jésus terrestre et ne fait pas partie des douze disciples. Peu après la mort de Jésus, il a dû entendre parler de ce nouveau mouvement messianique au sein du judaïsme. Il l’a perçu comme un danger pour son identité juive. Cela explique qu’il ait, avant sa conversion, commencé par persécuter les chrétiens. L’Eglise ancienne, en décidant d’intégrer les lettres de Paul dans le Nouveau Testament, a fait un bon choix. Même si Paul n’a jamais été le disciple historique du Christ, il a compris des éléments essentiels de la prédication de Jésus. Sa conception de la grâce, par exemple. L’être humain est accepté inconditionnellement par Dieu. Il ne l’est pas par son respect de la loi mais par la confiance qu’il porte à Dieu. Dans un langage différent, Paul rejoint Jésus qui, lui, parlait de l’amour illimité, même envers nos ennemis.
A la différence des évangiles, Paul ne cite presque aucun événement de la vie de Jésus, ni ses paroles. Sur quoi s’appuie-t-il?
Les évangiles émergent une génération plus tard. Paul a été en contact avec la communauté chrétienne d’Antioche en Syrie. Il a aussi visité la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, où il a fait la connaissance de Pierre, le disciple, et de Jacques, le frère du Seigneur. Par ses contacts, il a dû être informé sur les événements marquants de la vie de Jésus et sur des problèmes d’Eglise. Dans ses lettres, il n’accorde pas grande importance aux paroles de Jésus. Il cherche surtout à comprendre sa mort et sa résurrection. Si nous décelons ce qu’elles signifient, nous avons compris l’essentiel de Jésus, l’ensemble de sa vie et son projet de réconciliation et d’amour.
Le Cours biblique par correspondance propose une lecture de la lettre aux Ephésiens. Que nous dit cette lettre?
D’abord, ce n’est pas une lettre qui a été rédigée ou dictée par Paul lui-même. Elle a été écrite par un disciple familier de sa pensée, comme d’autres de ses lettres. Dans la lettre aux Ephésiens, le style est différent, plus chargé, plus méditatif aussi, il se rapproche d’une prière. L’unité de l’Eglise est le souci principal. L’Eglise n’est plus la petite communauté locale comme dans les lettres de Paul. Elle prend une dimension universelle, presque mystique. C’est une Eglise du Christ, une nouvelle unité de réconciliation, qui met juifs et non-juifs au même niveau. Une image revient: l’Eglise en tant que corps dont le Christ ressuscité est la tête. Le Christ organise son corps qui est l’Eglise.
En savoir plus
- Journée de formation. Jeudi 24 septembre, de 9h à 17h. Lausanne, salle de paroisse du Sacré-Cœur, ch. de Beau-Rivage 3. «Une mystère prend corps, lettre aux Ephésiens», avec Andreas Dettwiler. Rens.: 021 652 92 19
- Cours par correspondance. Lecture de la lettre aux Ephésiens. Le cours s’adresse à tout un chacun, prêt à lui consacrer deux heures tous les quinze jours. Dix études de 12 pages A5 sont envoyées aux abonnés, entre octobre 2009 et avril 2010. Rens.: 032 853 51 91,
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- Une fête. Vendredi 4 septembre, dès 17h30, Yverdon, maison de l’Etoile, rue du Four 21. Le Cours biblique par correspondance célèbre son 60e anniversaire. Deux conférences au programme. A 18h, Daniel Marguerat, professeur honoraire de Nouveau Testament: «Les chrétiens lisent-ils encore la Bible?», à 20h30, Vincent Schmidt, pasteur à la cathédrale de Genève: «Calvin, commentateur de la Bible»
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