Menu Contenu
Faites un don

Publicité

EPER banniere noel 2011
E-mail
Aider
Alcool, l’envers du décor Version imprimable Suggérer par mail
25-08-2009

Au pays de la dépendance, jouer avec le feu mène rapidement à l’incendie. Conseils d’experts et pièce de théâtre à savourer

Tu prends un verre?» Pour certains, la question invite à un moment chaleureux entre amis. Pour d’autres, elle est synonyme de spirale infernale: derrière le verre se cache parfois l’alcoolisme. Une maladie encore tabou qui fait de nombreuses victimes. Richard Joray travaille à la Fondation des Oliviers qui s’occupe de cures de désintoxication et d’accompagner les proches. Il explique le mécanisme de dépendance. «L’alcool est d’abord perçu comme une solution à des problèmes, puis il devient un problème supplémentaire.»

Le spécialiste soigne depuis onze ans des malades et… leurs proches. La plupart du temps, les alcooliques ne viennent pas de leur plein gré, constate-t-il. «95% d’entre eux sont contraints par leur entourage qui fixe des ultimatums, ne sachant plus que faire.» Car «le risque, c’est la codépendance: le proche finit par s’adapter au comportement du malade, précise Richard Joray. Or l’alcoolique doit percevoir que sa maladie a un impact négatif sur autrui pour vouloir se soigner.» De plus, l’alcoolisme isole souvent ses victimes et leurs proches. Le premier pas consiste donc à reconnaître qu’il y a un problème et aller consulter des professionnels. Car il ne suffit pas de vouloir aider, encore faut-il le faire correctement. Et reconnaître qu’aider est souvent très difficile. «Les proches ne réalisent souvent combien ils souffrent qu’au moment où ils se déchargent. Ils doivent donc aussi pouvoir se ressourcer», précise Richard Joray.

Attention aux gaffes. Les gestes maladroits, comme celui d’offrir une bouteille (lire ci-dessous), peuvent faire sombrer un ancien dépendant. Mais pas toujours. «Pour replonger dans l’alcool, il faut d’abord accepter le cadeau et... boire la bouteille, affirme un brin malicieux Michel Graf, directeur de l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme. «L’ex-dépendant a le choix d’accepter ou de refuser la bouteille. S’il l’accepte, il peut encore dire non à la consommation.» Mais au pays de la dépendance, jouer avec le feu mène rapidement à l’incendie. «Un seul verre dix ans après la cure peut faire replonger. Il ne faut jamais se surestimer: le psychisme est fragile...» Briser le tabou autour de cette pénible maladie est encore le meilleur des antidotes. La pièce de théâtre «Opening Nights» s’y est employée et s’adresse à tous. Car, le rappelle Michel Graf, «le problème existe. Et il touche toutes les couches de la société.»

  • A.J.

«Opening Nights», une pièce au ton juste

Sur la scène, une loge. Dépouillée, symbole de l’envers du décor. C’est l’heure qui précède le retour d’une actrice sur les planches, une ancienne alcoolique qui renoue avec sa passion après une longue traversée du désert. Le soir de la première, un cadeau empoisonné l’attend: une bouteille d’alcool... «Opening Nights», joué au Centre culturel des Terreaux fin septembre, n’est pas qu’une pièce de théâtre. Car comme le souligne Jean Chollet, directeur du théâtre, «mon but est de faire jouer des textes qui suscitent des échanges».

barrault.jpgMarie-Christine Barrault, actrice principale et brillante comédienne depuis quarante ans, nous parle du «ton très juste de la pièce» et des «faiblesses touchantes» de son personnage. «C’est un rôle magnifique. Il soulève aussi des préoccupations de femme, du métier d’actrice, du vieillissement. Etrangère aux problèmes d’alcoolisme soulevés par la pièce, je me sens libre dans l’interprétation. Et jouer «Opening Nights» est un bonheur jubilatoire.» Un enthousiasme qu’elle vous invite à partager.

 

  • A.J.

À VOIR

  • Lausanne, Centre culturel des Terreaux, du 24 au 27 septembre, «Opening Nights, ou quand l’aube paraît après la nuit», 021 320 00 46