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Vie des gens
Aide au retour pour les victimes Version imprimable Suggérer par mail
23-09-2009

Les femmes victimes de la traite des êtres humains bénéficient désormais de l'aide au retour. Témoignages

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La lutte contre la drogue est mieux coordonnée que celle contre la traite des êtres humains

Photo : FIZ Rückkehr, Sabine Rock 


Les femmes victimes de la traite des êtres humains bénéficient désormais de l'aide au retour, depuis la dernière révision la loi sur les étrangers. Neuf femmes en provenance d'Europe de l'Est et d'Amérique du Sud ont déjà bénéficié de ce programme. Le Centre d’assistance aux migrantes et aux victimes de la traite de femmes (FIZ) en Suisse les a raccompagnées chez elles.

«Ces femmes veulent rentrer chez elles pour la plupart, car elles ont de la famille qu'elles souhaitent retrouver», explique Doro Winkler du FIZ, basé à Zurich. Eva Danzl, une des collaboratrices de l’organisation, a suivi une femme, qui est rentrée au Brésil. Celle-ci était exploitée dans un bordel en Suisse. Elle a témoigné avec d'autres prostituées contre les hommes qui les avaient contraintes à cette activité. Elles ont ensuite été invitées à quitter le territoire suisse. 

Offre d’emploi en Suisse

Monica* a répondu à une offre d'emploi en Suisse parce qu'elle n'arrivait plus à payer l'hypothèque de son appartement au Brésil. Après de fausses promesses professionnelles, elle s'est retrouvée à travailler comme prostituée. Son retour a été difficile. Au lieu de rentrer au Brésil en ayant amélioré sa situation, elle s'est retrouvée avec des dettes encore plus importantes qu'avant son départ, écrit Eva Danzl dans la dernière publication du FIZ, «Rundbrief 44».

Aussitôt arrivée à l'aéroport de Rio, la police l'a emmenée à l'écart et fouillée. Avec d'autres femmes dans la même situation, elle a été emmenée sans avoir pu entrer en contact avec sa famille. Ensuite, les retrouvailles avec la famille ne se sont pas bien passées. Sa famille et ses voisins n'ont pas compris ce qui lui était arrivé en Suisse tandis que l'histoire de Monica a fait la une de la presse locale. Elle a repris tant bien que mal une activité de coiffeuse à domicile, mais elle ne gagne pas suffisamment d'argent pour élever son fils de 11 ans et faire face à ses dettes. Elle n'a pas non plus les moyens de recourir à un médecin ou à un psychiatre, malgré son état traumatique.

Retour difficile

Les retours restent difficiles, mais dans ce cadre contraignant le FIZ estime que l'aide au retour est positive: ces femmes bénéficient de 1000 francs ou de 3000 francs si elles ont un projet de formation. Le FIZ regrette en revanche que la Confédération ne soit pas davantage impliquée dans un soutien à ces femmes en Suisse.

Boris Mesaric, responsable du Service de coordination contre la traite d'êtres humains et le trafic de migrants (SCOTT) au sein de l'Office fédéral de la police, nuance: «La loi fédérale sur les étrangers prévoit l’octroi d’autorisations de séjour durables pour les victimes, lorsque cela s’avère nécessaire en raison de leur situation personnelle. De plus, les victimes ont droit à un conseil et un soutien personnalisés, conformément à la Loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions», précise-t-il. Un des objectifs du SCOTT est la mise en place d’une aide spécialisée pour les victimes de la traite des êtres humains en Suisse romande.

En Suisse, 28 jugements ont été rendus pour la traite d'êtres humains entre 2002 et 2006. Les jugements pour un encouragement à la prostitution ont été plus nombreux avec 58 affaires jugées pendant la même période. Pour la première fois, un jugement a été prononcé dans le canton de Soleure pour traite des femmes, une victoire dans un canton où ce genre de cas est fréquent, mais ceux qui parviennent devant la justice sont très rares, selon Rolf von Felten, juge d'instruction dans le canton de Soleure.

C'est là où le bât blesse. «La lutte contre la drogue est mieux coordonnée que celle contre la traite des êtres humains», explique M. Mesaric. Selon les données statistiques de la police fédérale, le nombre de personnes victimes de la traite des êtres humains en Suisse est évalué entre 1500 et 3000 en 2002. L'an dernier, 160 femmes ont fait appel au FIZ, la seule organisation qui s'occupe des femmes victimes de ce genre de commerce en Suisse, principalement active en Suisse alémanique.

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