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Le rôle de l’Eglise dans la société |
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| 23-09-2009 | |
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Un grand rassemblement a réuni 650 conseillers de paroisses de l’Eglise protestante vaudoise en septembre à Dorigny. Trois politiciens ont participé au débat
Philippe Leuba, conseiller d’Etat Le conseiller d’Etat est fidèle à ses idées libérales, même lorsqu’il parle de religion. «Les Eglises, qui sont présentes à des moments charnières de l’existence des individus, sont importantes dans la construction du lien social, mais cela ne doit pas faire oublier leur mission de base, qui est de diffuser la parole de Dieu. Il est encore plus important de la faire connaître, comme les valeurs qui en découlent, dans la société diverse qui est la nôtre.» Aux 650 conseillers de paroisses et de lieux d’activité de l’Eglise protestante réunis, le conseiller d’Etat lance: «N’oubliez pas Marthe et Marie! Marthe se consacre au quotidien, au risque d’en oublier Dieu. Occupons-nous des hommes, bien sûr. Mais n’en oublions pas Dieu. Notre amour du prochain doit se fonder sur l’amour de Dieu, sinon, nous nous servons nous-mêmes.» L’ancien conseiller de paroisse commente un autre passage biblique: «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.» Il est juste que les Eglises se posent des questions sur leur rôle et ce que la société attend d’elles, mais il faut clairement distinguer les pouvoirs temporel et spirituel. Le politique, qui est toujours soumis au diktat de l’immédiateté, apprécie que l’Eglise puisse, elle, dispenser «une parole d’éternité. Ce ne sont pas les valeurs de l’Eglise qui comptent, mais les valeurs du Christ.» S’il dit ne jamais avoir été irrité par des prises de position de l’Eglise sur tel ou tel sujet de société, le politicien lui recommande de ne s’exprimer que sur les questions fondamentales, «celles qui touchent de près au message du Christ». Libéral, il reconnaît qu’un produit a d’autant plus de valeur qu’il est rare: «Si l’Eglise s’exprime sur tout et sur rien, elle aura peu d’impact.»
«Les valeurs chrétiennes et le message du Nouveau Testament font partie de mon engagement politique, explique Josiane Aubert, conseillère nationale socialiste. Ma famille est l’humanité tout entière. J’ai un problème lorsque des lois tentent de diviser cette famille, notamment par l’exclusion de certains.» La politicienne apprécie que l’Eglise prenne des positions claires sur les droits humains. Les relations Nord-Sud, les questions d’environnement, le type de croissance, les problèmes liés à la médecine, autant de domaines sur lesquels l’Eglise devra prendre position, selon la politicienne. Josiane Aubert se réjouit de ce que la Constitution vaudoise, à l’élaboration de laquelle elle a participé, ait choisi de maintenir un lien fort entre les Eglises et l’Etat. «Ce choix du peuple vaudois me réjouit, mais cela rend plus évidente encore la nécessité pour les Eglises d’être au service de toute la population. Elles doivent défendre des valeurs fondamentales et poser des questions éthiques. L’Eglise doit aussi s’engager pour ne pas laisser des personnes ou des groupes au bord du chemin.» La Constitution vaudoise ne rappelle-t-elle pas que la société mesure sa force au soin qu’elle prend du plus faible de ses membres? Josiane Aubert sait qu’en politique le jeu veut qu’elle gagne certains combats et en perde d’autres. «Lorsque le destin et la dignité des personnes est en jeu, je ne peux pas perdre. Là, j’espère trouver dans les Eglises une collaboration pour découvrir des solutions pour les personnes concernées.» La société cherche un sens, des valeurs qui permettent de vivre ensemble. «L’Eglise est là pour aider les personnes à trouver ce sens et ces valeurs, assure la conseillère nationale. Elle doit se lancer dans une lecture renouvelée des textes pour qu’ils soient entendus de tous.»
«Les Eglises sous-estiment l’influence qu’elles ont.» Le conseiller aux Etats Luc Recordon l’affirme d’entrée de jeu. Il rappelle que la foi chrétienne est à l’origine de valeurs qui guident de nombreuses actions politiques, comme la solidarité et la sauvegarde de la Création. «L’Eglise a tendance aujourd’hui à être un peu trop humble. Elle peut être fière de son message. Quand elle intervient, elle ne doit pas hésiter à dire qu’elle le fait à cause de sa foi qui repose sur un socle, l’amour de Dieu.» L’écologiste vaudois est satisfait des interventions de l’Eglise, «notamment sur les thématiques des étrangers, des sans-papiers, des chômeurs. Mais elles ne sont pas assez reliées au message chrétien. Elle ne doit pas seulement s’indigner, mais expliquer pourquoi.» L’Eglise peut ainsi tenir son rôle spécifique dans la société: apporter du sens. «Son message – la foi – est une réponse au souci d’espérance dans un monde qui a une forte propension à la désespérance.» L’Eglise joue ensuite également un rôle social. «Tout filet social a des trous. Nous avons besoin des Eglises et du monde associatif comme deuxième filet. L’Eglise doit même s’adresser aux plus démunis des démunis.» Le politicien le justifie par l’injonction de Jésus: «Ce que vous faites au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous le faites.» Quant au lien entre l’Eglise et l’Etat, le conseiller aux Etats le défend. «Après l’avoir nié, nous sommes en train de réaliser que le fait religieux doit être intégré dans le référentiel politique. Cela ne me choque pas que l’Eglise reçoive des moyens financiers, même prélevés sur les impôts des gens qui ne sont pas croyants. Car l’Eglise contribue non seulement à l’aide aux démunis, mais aussi à la paix confessionnelle. C’est une valeur extrêmement profonde pour la société. Ce n’est pas cher payé vu le budget de l’Eglise.»
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Josiane Aubert, conseillère nationale
Luc
Recordon, conseiller aux Etats
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