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Panorama
Le sens profond des fêtes juives Version imprimable Suggérer par mail
23-09-2009

Septembre marque le début d’un cycle de célébrations juives. Jonathan Cohen, un juif de Lausanne de 26 ans, raconte comment sa famille vit ces moments. Quel est le lien de ces fêtes avec celles des chrétiens? Réponses du pasteur Stefan Wild, qui organise une série de conférences sur le sujet

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Rosh Hachana. La prière à la fin de la fête du Nouvel-An, en Israel.

Photo : Godong 


1. Rosh Hachana

Le Nouvel-An juif, appelé «tête de l'année». Cette fête, à la mi-septembre, est aussi appelée Jour du Jugement: chaque croyant fait un examen de conscience en espérant le pardon de Dieu attendu à Yom Kippour.

Jonathan Cohen: Nous mangeons en famille des plats particuliers, du poisson dont la tête représente la nouvelle année, des pommes au miel pour que l'année soit douce ainsi que des lentilles qui porteront chance.

Stefan Wild: Les chrétiens ont transposé l’attitude caractéristique des juifs à Rosh Hachana dans leur culte. Ils s’approchent de Dieu en reconnaissant d’abord leurs fautes et leurs faiblesses: c’est l’acte du repentir, la première étape nécessaire avant de recevoir la Parole du pardon. Comme lors de l’Avent, nous levons les yeux vers l’avenir, vers la plénitude de paix et de joie.

2. Yom Kippour

Le «Jour du Grand Pardon», dix jours après Rosh Hachana, rappelle la pénitence d’Israël lorsque Moïse recevait les secondes Tables de la Loi. C’est le jour le plus saint du calendrier juif, celui de l’expiation.

Jonathan Cohen: Selon la tradition, c'est à ce moment que Dieu décide de notre sort. Nous jeûnons strictement pendant vingt-quatre heures et appelons nos proches pour demander pardon pour nos erreurs. Les plus religieux prient toute la journée à la synagogue; nous y allons la veille, puis juste avant la rupture du jeûne. Après quoi un extraordinaire repas nous attend chez notre grand-mère.

Stefan Wild: Dans l’Ancien Testament, le grand prêtre du temple faisait des sacrifices pour couvrir les fautes du peuple. Pour les chrétiens, Jésus est le grand prêtre par excellence, écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux. Il couvre à jamais nos péchés par son sacrifice.

3. Soukkot

La «Fête des cabanes», une semaine après Yom Kippour, est une fête de louanges à Dieu pour sa bonté envers les Hébreux pendant leurs quarante ans d'errance entre l’Egypte et Israël.

Jonathan Cohen: Pour rappeler l’errance, les plus religieux vivent dans une cabane pendant sept jours. Construite dès la fin de Yom Kippour, il est d'usage d'y afficher des images joyeuses et d’y mettre des victuailles. C’est un lieu chaleureux où l’on accueille famille et amis.

Stefan Wild: Cette fête nous rappelle que Dieu seul nous guide, comme il guidait les juifs dans le désert. Cette idée est reprise dans l’évangile selon Matthieu, lorsque Jésus dit: «Je suis avec vous tous les jours et jusqu’à la fin du monde.» C’est l’un des messages importants de Jésus: il faut s’en remettre à Dieu qui chemine chaque jour avec nous.

4. Pessah

La Pâque juive, le fait de «passer par-dessus», commémore en mars ou avril la sortie du peuple hébreu d'Egypte et le don de la Torah à Moïse sur le mont Sinaï. Son nom rappelle que lors des dix plaies infligées aux Egyptiens, Dieu a envoyé un ange tuer les premiers-nés mais est «passé par-dessus» les maisons des Hébreux marquées du sang d’un agneau immolé.

Jonathan Cohen: C'est la chasse au «hamets» (la farine): il ne doit plus y en avoir dans la maison pendant une semaine, pour rappeler que le pain ne pouvait pas lever dans le désert. Nous faisons le repas de Pâque, «seder», les deux premiers soirs de Pessah et lisons le passage de la Torah qui rappelle la sortie d'Egypte. L'agneau pascal et les herbes amères ainsi que d’autres mets représentant les étapes de l’exil sont au menu.

Stefan Wild: Pour les chrétiens, l’agneau immolé est le Christ: si nous mettons notre confiance en Jésus, comme les Hébreux dans le sang de l’agneau, nous serons sauvés définitivement de la mort. Le repas de la sainte cène tire d’ailleurs ses origines de celui du soir de la Pâque juive.

5. Chavouot

«Les semaines», qui survient cinquante jours après Pessah, correspond à Pentecôte («cinquante jours» en grec). Au départ fête des moissons de blé, Chavouot commémore le souvenir du don de la Torah et des Dix Commandements après la fuite d’Egypte et la naissance d’Israël comme peuple élu.

Jonathan Cohen: Nous avons l’habitude de manger des produits laitiers qui rappellent que la Torah est douce comme le lait. La synagogue est parfois décorée de fleurs symbolisant le Sinaï.

Stefan Wild: Dieu se manifeste dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien par le feu et les tremblements. Mais la Pentecôte des chrétiens commémore en fait la naissance de l’Eglise: la loi fondatrice n’est plus gravée dans la pierre, mais gravée dans le cœur du croyant par l’Esprit de Dieu qui y habite.