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Ils sont l’oreille de l’Eglise Version imprimable Suggérer par mail
23-09-2009

Onze lieux dans le canton vous écoutent en tenant compte aussi de votre dimension spirituelle

aider_istockphoto

Prenez en compte votre dimension spirituelle dans une situation de crise.

Photo : istockphoto 

 

«Le chat perché», «Le raidillon», «La cascade», «La rosée»… Non ce ne sont pas des noms de chalet dans une station de montagne. Derrière ces appellations bucoliques se cachent des lieux d’écoute de l’Eglise, répartis aux quatre coins du canton. Les protestants ont ainsi créé onze lieux spécialisés dans la relation d’aide et l’accompagnement spirituel, tenus par des pasteurs, des diacres ou des laïques, tous formés à l’écoute.

Nos ministres du culte se transformeraient-ils en psychothérapeutes? «L’Eglise accompagne habituellement les gens lors de services funèbres, de mariages et de baptêmes, mais nous avons créé de tels lieux pour apporter un soutien dans des situations où elle était moins présente», explique la diacre Corine Richard, présidente de la plateforme de relation d’aide de l’Eglise protestante.

Autrefois, le pasteur fraîchement sorti de l’université était habilité à accompagner toute sorte de situations. Aujourd’hui, face à la professionnalisation des métiers thérapeutiques, de nombreux pasteurs et diacres ont pris le pli de se former davantage à l’écoute. «Cela a permis de créer des lieux qui peuvent offrir plus de temps et ainsi aller plus loin qu’un accompagnement ponctuel par le pasteur en paroisse, se réjouit Corine Richard. Nous ne sommes pas en concurrence avec lui, nous offrons une complémentarité. La visite et l’accompagnement pastoral sur le terrain restent importants.»

Les onze lieux d’écoute de l’Eglise ont leurs spécificités selon les formations de leurs animateurs. Certains proposent notamment des groupes d’écoute. Tous ont pour point commun de «faire de la relation d’aide en prenant en compte la globalité de la personne, y compris sa dimension spirituelle», précise Corine Richard. Cela ne signifie pas «asséner des bondieuseries, mais partir de ce que la personne croit et de l’accompagner à son rythme». Ces onze lieux se sont fixé des critères déontologiques et une exigence de formation en se réunissant dans une plateforme commune. Ils ne demandent notamment pas d’honoraire, mais invitent l’utilisateur à une contribution libre sous forme de don.

L’Eglise sort de ses murs

Magali Borgeaud reçoit à l’«Espace écoute et accompagnement» derrière le temple de Nyon. La diacre, à mi-temps dans la relation d’aide, a plus d’une corde à son arc: elle est spécialisée dans l’accompagnement du deuil au sens large, utilise l’analyse transactionnelle, la communication non violente, l’écoute centrée sur la personne, les outils du coaching, auxquels elle ajoute une pratique spirituelle de la lectio divina. «Il est clairement annoncé que nous sommes un service de l’Eglise, précise-t-elle. Cela interpelle. Les gens qui viennent me voir sont de tous horizons et ont en majorité entre 35 et 55 ans. Ils viennent pour un moment charnière de leur vie, un licenciement, une crise à traverser…» Magali Borgeaud considère son ministère comme un nouveau lieu d’Eglise, qui permet d’offrir une plus large ouverture. «Mon but n’est pas de ramener des fidèles, précise-t-elle. Par mon engagement, je veux juste témoigner que Dieu s’intéresse à chaque être humain.»

Une guérison intérieure

La Fraternité du bon Samaritain accueille, elle, à la rue Pré-du-Marché à Lausanne. «Notre nom est une allusion au bon Samaritain de la parabole, qui prend en charge un laissé pour compte au bord du chemin», explique Catherine Deppierraz, laïque formée à l’écoute qui s’est sentie à son tour appelée à prendre soin des meurtris de la vie pour leur en redonner le goût. «Une personne blessée peut garder une vision négative du monde, des autres et de Dieu. C’est pourquoi nous avons mis en place une démarche de guérison intérieure. Elle permet de déceler l’amour de Dieu dans notre existence. En explorant les zones qui nous font souffrir, nous pouvons voir qu’il nous rencontre là aussi.»

La Fraternité du bon Samaritain est indépendante de l’Eglise protestante, tout en étant membre de sa plateforme. «Cela montre que l’Eglise a de plus en plus envie de travailler de manière œcuménique, se réjouit l’écoutante qui reçoit autant de catholiques, de protestants que d’évangéliques. Elle est convaincue du besoin des gens d’être entendus dans leur dimension spirituelle. Engagée à 60%, elle fonctionne en tout cas «à plein».

  • G.D.

En savoir plus

  • Un flyer présentant les onze lieux d’écoute sera édité en octobre par l’Eglise. A demander chez Corine Richard, 021 825 35 84 
  • 11 lieux à votre disposition