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Une flotte qui prend l’eau |
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| 23-09-2009 | |||
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Suivez le guide. Le trésor des huit bateaux Belle Epoque du Léman est bien gardé. Une association se bat pour le sauver. Son président nous fait la visite
Dans sa prochaine campagne, l’association veut réhabiliter l’«Italie» justement. Un véritable marathonien du Léman. Durant près de cinquante ans, cette magnifique embarcation a effectué la course quotidienne Le Bouveret – Genève et retour. Avec ses 3,5 millions de kilomètres parcourus sur le Léman, elle est la championne de la compagnie CGN. Depuis décembre 2005, date de son dernier voyage, elle attend que les fonds nécessaires à sa restauration soient réunis. «Il faut compter 12 millions de francs pour une restauration complète», estime Maurice Decoppet. Navire amiralUn tel montant n’effraie pas l’ancien pilote de Swissair. A 71 ans, ce Vaudois bilingue résidant à Saint-Sulpice a des raisons d’être confiant dans le combat qu’il mène aujourd’hui pour sauver l’«Italie». Il n’en est pas à son coup d’essai. Il y a peu, il a déjà réussi un coup fumant en réunissant les fonds nécessaires à la rénovation de la «Suisse», le navire amiral de la CGN. Faites-y un tour! Avec son salon de 1re classe en marqueterie et une bonne carte, un salon brasserie, une puissante machine à vapeur bien visible qui à elle seule vaut le déplacement, de vastes ponts équipés et d’élégantes figures de proue et de poupe, la «Suisse» fait aujourd’hui le bonheur de ceux qui le voient passer depuis les rives du lac comme de ceux qui ont la chance d’être à bord. Contraste complet avec l’«Italie». Accompagné d’un matelot et d’un technicien, le président nous fait la visite à travers les ponts déserts et les tristes salons, où des toiles d’araignées s’accrochent aux meubles Empire endommagés. Le moteur est enfoui sous des couvertures. La rouille attaque la coque, les bastingages et les roues à aubes. «Notre association* est née d’une déception, se souvient le président Decoppet. Il était question de redonner à tous les bateaux Belle Epoque de la CGN une propulsion à vapeur, comme à l’origine. Un essai avec le ‹Montreux› a montré les limites de l’exercice.» Il n’est plus question aujourd’hui de faire revenir à la vapeur les trois bateaux historiques qui ont été dotés de moteurs diesel-électriques il y a une cinquantaine d’années. Le sifflet du «Montreux»Il fallait pourtant sauver l’essentiel. La flotte historique dans son ensemble, «la plus grande et la plus belle du monde», avec ses huit bateaux. Bien organisé – trente-quatre ans pilote de ligne, dont vingt-neuf comme commandant de bord, ancien syndic de son village… – Maurice Decoppet a su toucher une fibre sensible chez les Vaudois. Dix-sept mille d’entre eux sont des donateurs. Des fondations y sont aussi allées de leur soutien généreux. Ce qui a fonctionné pour la «Suisse» marchera-t-il pour l’«Italie»? Maurice Decoppet compte y associer la communauté d’origine italienne vivant au bord du Léman. Le bateau tient son nom des relations plus étroites que les deux pays voulaient établir avec l’ouverture du tunnel ferroviaire du Simplon, à l’époque de son lancement. «Sur d’autres lacs suisses, à Thoune, Brienz, Lucerne ou Zurich, des associations comme la nôtre sont parvenues à éviter le démantèlement de magnifiques bateaux historiques, remarque Maurice Decoppet. Les Vaudois sont attachés à ce patrimoine inestimable et nous leur sommes reconnaissants de leur soutien.» Les cantons riverains, jusqu’ici, participent à l’effort. Le «Vevey», qui est le jumeau de l’«Italie», devrait être le prochain à être restauré, avec le soutien prépondérant des pouvoirs publics. Les amoureux de la flotte lémanique se réjouissent. Ils savent que l’histoire ne se répète pas. Surtout quand, nostalgiques, ils reconnaissent de loin le sifflet du «Montreux», au son caractéristique qui fait penser à celui d’une locomotive à vapeur. C’est en fait tout ce qu’il reste du défunt «Major-Davel».
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