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Dossier
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La musique qui façonne les jeunes |
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| 27-10-2009 | |||
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Page 1 sur 2 Comment les cultures musicales construisent-elles les identités aujourd’hui? Les Eglises doivent-elles s’y adapter? Enquête
Julien Pache, 19 ans
» Mais ce qui m’intéresse vraiment, c’est le hard rock et le métal. J’aime le son brut et la simplicité de la structure des groupes – une ou deux guitares, une basse et une batterie. J’aime aussi les textes qui peuvent être mystiques, avec des métaphores. Il n’y a pas de restriction philosophique, le champ est plus libre que le reggae orienté vers une culture rasta. Je me bats contre l’idée qu’on devient agressif avec le métal. Le côté agressif joue le rôle d’exutoire. J'apprécie les possibilités de jeu à la batterie. Je peux me lâcher sur quelque chose qui n’est pas de la violence physique ou verbale. Ce que je regrette dans la musique d’Eglise, c’est son manque de rythme. Au niveau mélodique, il y a beaucoup de bonnes choses, mais sans rythme, elle est un peu plate. J’accompagne des camps de catéchumènes. Nous reprenons toujours des classiques d’Eglise en leur donnant un fond rythmique, avec une batterie, un djembé, une basse.» Maxime Sapin, 21 ans
» La musique d’Eglise? Je suis chanteur pour les louanges dans les camps de catéchisme. La plupart des jeunes imaginent la musique d’Eglise longue et ennuyeuse. Mais si vous leur faites découvrir sa diversité, leur vision change. Ils trient et choisissent celle qui les motive. Je souris quand l’un d’eux me demande: «C’est vraiment dans la Bible tout ça ou c’est du modifié?» Cela veut dire qu’il a fait un chemin. Il s’ouvre à la nouveauté pour s’y investir et en tirer quelque chose pour lui. Chaque chant d’Eglise a son histoire, mais nous pouvons l’adapter au public selon les cultes. Nous avons essayé avec différents instruments, cela passe bien et cela donne envie. Je rêve même de retravailler des cantiques en néo-métal.» Kevin Melchior, alias Deklin, rappeur, 26 ans
» Dans l’art, vous pouvez vous lâcher et aller à l’instinct. Mais en société, il y a des règles, il vaut mieux réfléchir. C’est ce que j’ai envie de faire passer: nous avons des limites. Dans le capitalisme, nous réfléchissons à court terme. Mon nom de scène, Deklin, est ironique. La réalité est décadente, mais pas l’être humain, car il peut agir. J’ai envie d’y croire. Le rap m’a apporté une manière de relativiser les choses. Pour du bon rap, il faut partir de ce que je vis. Je n’habite pas dans les banlieues françaises. Je ne revendique pas cela. Des potes s’habillent comme quand j’avais 16 ans. Mais l’apparence et le style ne sont pas ce qui fait un bon rappeur.»
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«J’ai écouté beaucoup de métal. J’ai ensuite évolué vers le rock et le hard rock. J’ai fait un retour à la musique rock de mes parents – les Beattles, Genesis et même la chanson française, Brassens, Brel, Balavoine ou Renaud, pour voir. Dernièrement, je me suis intéressé au Doors et au côté mystique de Jim Morrison. Avec mon prof de batterie, qui aime le reggae et le jazz, j’ai commencé à écouter Bob Marley et à jouer du Miles Davis.
«J’aime avant tout le néo-métal. C’est un son agressif et frappant, avec des paroles sombres. Il traite de sujets politiques et dévoile les facettes sombres de l’être humain. Le néo-métal est la musique qui répond à mes attentes, parce qu’il compte autant de morceaux calmes et posés que de morceaux plus agressifs et provoquants. D’autres sont influencés par le hip-hop, avec des paroles qui poussent à la réflexion. J’écoute un morceau en rapport avec mes sentiments du moment. J’apprécie aussi les voix magnifiques. Mais le néo-métal ne change pas ma façon de penser ou de m’habiller.
«J’ai grandi avec le hip-hop. J’ai fait du breakdance puis du rap. Aujourd’hui, j’ai une approche plus mature. Je suis éclectique, influencé par le jazz, la soul, la musique classique et le rock, mais pas la musique synthétique comme la techno. J’ai envie de faire passer un message au public. Les sujets peuvent être radicaux et violents, sans que je propose des solutions violentes. C’est ce que j’apprécie dans le rap. Mon album réunit toutes sortes de sujets qui me touchent, comme la politique, l’écologie, la drogue, l’alcool, le suicide des jeunes. Je pars d’un thème et je développe, c’est un peu comme une dissertation. Ensuite il faut des rimes qui donnent du rythme.
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