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Didier Burkhalter: «La croyance joue un rôle dans mes choix» Version imprimable Suggérer par mail
27-10-2009

Au moment de prendre ses fonctions, le nouveau conseiller fédéral parle de ses projets et des valeurs qui guident sa vie

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Didier Burkhalter et son épouse Sabine: «Ma famille est constament présente dans mon cœur».

Photo : dr 


Depuis quelque temps, la Suisse accumule les difficultés de communication avec d'autres pays. Qu'est ce qui pourrait améliorer la situation?
Didier Burkhalter: La Suisse doit avoir davantage confiance en elle, raffermir son unité et ses positions de base à l’égard de l’étranger. A partir d’une telle consolidation de fond, la communication est beaucoup moins problématique. Ceci-dit, en comparaison internationale, le Conseil fédéral a bien négocié, par exemple, le difficile dossier du rééquilibrage de la place financière et de la sortie de l’engagement de la Confédération dans l’UBS. C’était fondamental pour l’emploi et donc pour le tissu social du pays.

Le Département de l’intérieur, que vous reprenez, doit aussi faire face à des questions difficiles, notamment les coûts de la santé et la hausse des primes d’assurances maladie qui s’ensuit. Une solution en vue?
Le système suisse de santé est de qualité. Cette qualité doit être maintenue, voire même accrue, mais il faut en même temps améliorer l’efficacité. Concrètement, les quantités, les volumes d’actes – donc les coûts – sont trop élevés en Suisse. Les réformes fondamentales doivent être concrétisées. Certaines, comme les forfaits par cas ou la carte patient, sont en route, mais trop lentement. D’autres, comme les réseaux de soins intégrés – «managed care» – doivent être débloquées au plus vite par le Parlement.

Beaucoup de Suisses sont inquiets de l’avenir. Que leur dites-vous pour les encourager?
La Suisse est un pays merveilleux. Sans aucune véritable ressource autre que la matière grise, elle s’est hissée au plus haut niveau économique et social. Elle doit promouvoir l’égalité des chances, réinventer son esprit d’entreprise et raffermir sa volonté de créer des activités et des emplois pour le bien de tous.   

Selon vous, quelle est la valeur la plus importante à respecter, pour réussir une vie?
La dignité.

La dignité?
Une vie est un parcours d’obstacles, fait de réussites et d’échecs, de hauts et de bas. Davantage que les résultats, c’est la manière et tout spécialement la dignité avec laquelle on cherche à franchir ses étapes qui fait honneur à la vie.

Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes lancé dans la politique, dans votre jeunesse?
La volonté de façonner l’avenir, autant que possible. De faire que demain soit meilleur qu’hier.

Pourquoi avez-vous choisi le Parti radical plutôt qu’un autre?
Je ne pouvais entrer dans un parti que dans la mesure où je me sentais totalement libre de mes opinions. Il s’agissait donc d’un parti libéral au sens premier du terme. Je n’ai jamais varié d’opinion en la matière, depuis ma jeunesse jusqu’à maintenant. Par conviction, mais aussi parce que j’aime la fidélité.

Vous parlez de fidélité. La famille tient-elle une place importante dans votre vie?
Pour moi, la famille joue un rôle essentiel. Sans sa présence constante dans mon cœur, je n’aurais pas la même force de faire de la politique. Pour le pays, je crois que les valeurs de la famille – spécialement ses solidarités – sont très importantes pour l’avenir, afin de surmonter les difficultés croissantes dans le domaine de la santé et du social.

On connaît votre goût pour le sport, le football en particulier, qu’est-ce qu’il vous apporte?
Le football est une magnifique école de vie, avec les victoires et les défaites, les moments de joie et les périodes de souffrance. Il apprend les grandeurs et servitudes de l’action en équipe. De plus, à chaque carrefour de vie, à chaque décision à prendre, je peux imaginer une situation analogue vécue dans le sport. Cela m’aide quasiment chaque jour.

Vous êtes protestant, cela a-t-il compté dans vos choix?
Ce qui joue un rôle, c’est la croyance. La capacité de parler au-delà de soi, par la prière, aussi.

Dans le domaine religieux également, la Suisse change rapidement. Quel est l’élément auquel vous attachez le plus d’importance dans cette transformation?
La tolérance et la liberté de religion.

Une recommandation à ce sujet?
Que chacun vise à vivre concrètement ces valeurs de tolérance et de liberté.

  • V.Vt

Biographie express

Didier Burkhalter, 49 ans

  • Une passion: La politique. Elu le 16 septembre, le nouveau conseiller fédéral entre en fonctions le 1er novembre. Auparavant, il a été conseiller national neuchâtelois de 2003 à 2007 puis conseiller aux Etats, et plusieurs années à l’exécutif de la ville de Neuchâtel.
  • Un métier: Economiste.
  • Une famille: Marié, trois enfants.