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Culture
Bonté divine! Version imprimable Suggérer par mail
27-10-2009

La pièce «Bonté divine!» passe dans le canton. L’acteur Roland Giraud nous parle du théâtre et de lui

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Roland Giraud: «un protestant dans le rôle du prêtre.»

Photo : Laurencine Lot 

 

Bonté divine!» remplit les salles depuis des mois. Quel est le secret?
Roland Giraud: Le secret, c’est que nous parlons de choses dont on ne parle que rarement dans les médias. Nous ne parlons pas de la crise ni du terrorisme, ni de tout ce dont journaux et télévision nous abreuvent de manière négative. Nous parlons essentiellement du message évangélique, de l’œcuménisme, de la tolérance religieuse et il se trouve que, contrairement à ce qui nous inquiétait, nous avons reçu une adhésion immédiate du public. Les gens sont sensibles à ces questions. Le public a un besoin impérieux qu’on lui parle de choses vraies. Les théâtres sont pleins chaque soir de représentation depuis janvier dernier. Plus qu’un succès de théâtre, c’est un petit phénomène de société. Les gens ont besoin de l’essentiel, pas du virtuel, ni de l’apparence ni de tout le brillant qui intéresse les médias.

Vous êtes protestant et vous jouez un prêtre catholique. Pas trop difficile?
Au début je craignais un peu. Mais globalement nous parlons du même message. Je me suis renseigné et j’ai vu de nombreux ecclésiastiques. Des prêtres sont venus au théâtre, et personne n’a été choqué que je joue le rôle. Cela m’amuse et me fait plaisir de jouer ce personnage.

La pièce propose-t-elle une bonne solution pour le dialogue entre les religions?
La phrase finale de la pièce est: «L’amour seul est digne de foi. L’amour est le seul nom véritable de Dieu.» C’est un texte de l’abbé Pierre, qui était ami de l’auteur Frédéric Lenoir. Cela fait l’unanimité. Notre souci est de toucher le plus large public possible. Plus de 70% du public est athée. Ce qui nous remplit de joie, c’est d’entendre: «Oui, nous sommes athées, mais cela nous a intéressés.»

Vos partenaires ne vous ont pas fait changer de foi?
Pas du tout, mais maintenant je connais mieux le bouddhisme, que le moine explique parfaitement dans une scène. La doctrine de base est d’éviter les souffrances sur terre par le détachement. Le détachement, ne plus donner prise au mal, je n’y arrive pas du tout, mais je trouve cela intéressant. Je considère toujours que le message christique donne aux relations humaines une qualité exceptionnelle qui n’a jamais été égalée. C’est ma conviction profonde. Les trois religions monothéistes ont le même Dieu, le même patriarche Abraham. Il est important de le dire, car le degré de déspiritualisation est grave dans notre société. Le faire avec humour et de la manière dont nous le jouons, cela ne choque personne. C’est formidable.

Quel rôle la religion joue-t-elle dans votre propre vie, en particulier après le drame qui a touché votre famille il y a quelques années?
Deux choses sont importantes. Le travail, qui est la plus grande distraction au monde. Et deuxièmement la vie spirituelle, qui est pour moi indispensable. J’ai la chance d’avoir une femme d’origine hollandaise, calviniste, dont la foi est solide et profonde. Le soutien de la religion et du message évangélique est essentiel même si le doute intervient tout le temps. Il n’y a pas de foi sans doute. C’est aussi le sujet de la pièce. Si nous ne doutions pas, nous saurions, et si nous savions, tout le monde croirait. Nous avons connu, ma femme et moi, une horreur absolue qui nous poursuit chaque minute de notre vie. Mais nous tenons le coup par l’amitié des autres, l’amitié et le soutien du public, et par la foi. Tout est dans les Evangiles. Toutes les consolations possibles sont dans les Evangiles.

  • V.Vt

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  • «Bonté divine!», de Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla sera, à Vevey le 16 novembre, à Lausanne à l’Espace culturel des Terreaux (ECT) le 17 novembre et à Morges les 18 et 19 novembre. Réservations pour l’ECT: 021 320 00 46 ou www.terreaux.org