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Décembre 2009 - janvier 2010
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En Syrie Du 10 au 19 septembre 2010
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Panorama
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Les icônes, fenêtres ouvertes vers Dieu |
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| 26-11-2009 | |||
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La Fondation Gianadda présente cet hiver des trésors de la Galerie Tretiakov de Moscou. Frère Jean-Marc, de Taizé, nous apprend à les regarder
Léonard Gianadda, lui aussi, aime les icônes. Pour la troisième fois, sa fondation en présente un choix remarquable, tout droit venu de la galerie moscovite. Soixante-quatre icônes exceptionnelles, dont certaines des plus grands maîtres du genre, André Roublev ou maître Denis, sont visibles à Martigny dès le 3 décembre et pour six mois. Avant la visite, Frère Jean-Marc, de Taizé, qui prépare un cahier sur le sens des icônes, nous explique comment regarder ces tableaux qui sont plus que des tableaux: «Le but d’une icône est de nous aider à prier. A la différence de la plupart des œuvres d’art, l’icône n’exprime pas la vision personnelle de l’artiste: le peintre d’une icône s’efface pour laisser le champ libre au Christ, figuré dans l’icône, et à la personne qui prie.» L’écoute de DieuSi elle n’est pas peinte de la même manière qu’une autre œuvre d’art, l’icône ne se regarde pas non plus de la même façon: «Le style des icônes peut sembler étrange, remarque le frère de Taizé. Prenons donc du temps pour nous y habituer. Nous pouvons être déconcertés par les visages qui ne sont pas souriants, sans émotions. Peu à peu, nous percevons que ce visage est celui d’une personne qui écoute attentivement: il exprime quelque chose de l’écoute de Dieu, qui est cent pour cent attentif à notre prière, sans se laisser distraire par ses propres sentiments ou préoccupations.» L’icône devient ainsi un lieu de prière: «Nous ne prions pas l’icône, mais la personne qui est représentée dans l’icône, le Christ. L’icône est comme une fenêtre: nous nous tenons devant une icône, debout, assis, à genoux, peu importe, et laissons le Christ nous regarder, nous écouter, nous parler à travers cette fenêtre.» La Bible, l’Ancien Testament en particulier, interdisait de représenter Dieu. Les icônes semblent transgresser la règle: «Dieu en lui-même ne peut pas être représenté par une image, parce que sa nature est invisible, insaisissable, mystérieuse. Si je fabrique une image de Dieu, elle sera forcément une fausse image, une idole, qui viendrait défigurer ma relation avec lui. C’est pour cela que l’Ancien Testament l’interdit. Mais avec le venue du Christ, quelque chose a changé. Lui-même, un homme de chair et de sang comme nous, est l’image pure et exacte de Dieu. Comme il l’a dit lui-même, dans l’évangile de Jean: ‹Celui qui m’a vu a vu le Père›. L’icône célèbre cela, Dieu n’a pas voulu rester caché, mais s’est montré à nous dans le Christ. Le Christ rend l’amour de Dieu visible.» Profondeur spirituelleContrairement aux orthodoxes, les protestants ne sont pas très orientés vers les images. Ils s’en tiennent au texte. Les icônes pourraient-elles nous faire connaître Dieu au même titre que la lecture de la Bible? «La parole est probablement plus fondamentale à l’être humain que l’image», répond Frère Jean-Marc, qui pense qu’on peut très bien être chrétien sans icône mais qu’on ne peut pas l’être sans la Bible. «Mais au fond, les icônes témoignent de la même réalité que le Nouveau Testament: la révélation de Dieu dans le Christ Jésus.» Les icônes ne représentent pas seulement la vie de Jésus, mais aussi des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament. «Ce sont des personnalités proches du Christ, parce qu’elles ont préparé le chemin pour lui, ou parce qu’elles l’ont suivi. Elles reflètent ainsi quelque chose de la beauté et de l’amour de Dieu.» C’est ce que montrent les icônes russes, de Roublev notamment, avec la douceur et la chaleur humaine qui les caractérisent: «Roublev utilise des lignes et des formes subtiles et harmonieuses. Ses icônes ne parlent pas par un éclat immédiat, mais par une grande profondeur spirituelle.»
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