Menu Contenu
Cedres_Formation_bouton

Publicité

Soutenez votre Eglise
E-mail
Vie de l'Eglise
Les protestants parés pour temps de crise Version imprimable Suggérer par mail
13-01-2010

L’Eglise protestante vaudoise prend des mesures pour réaliser ses missions avec moins de moyens

cs_2_200

Le nouveau Conseil synodal a posé un diagnistic de la situation

Photo : Alexis Voelin / La Côte 


Les protestants vaudois restent bien ancrés dans la société civile, mais l'Eglise protestante vaudoise (EERV) va réduire la voilure et faire passer ses 330 salariés à la caisse. Après avoir quitté le giron de l'Etat, l’Eglise protestante prend ses marques face aux autres communautés religieuses.

A titre d'institution de droit public, elle s'est vu attribuer une subvention annuelle de 35,5 millions de francs après la convention signée début décembre entre le conseiller d'Etat Philippe Leuba, Esther Gaillard et Xavier Paillard, présidente et vice-président de l'Eglise protestante. Ce montant est légèrement inférieur aux sommes allouées précédemment. Cela s'explique surtout par l'accord signé en 2008, qui prévoit le transfert d'un million et demi de francs aux catholiques d'ici 2014.

Globalement, le canton verse une enveloppe annuelle de 60 millions de francs aux trois communautés reconnues comme des institutions de droit public ou d'intérêt public, c'est-à-dire les protestants, les catholiques et la communauté israélite. Si l'enveloppe reste la même, c'est la répartition au sein de cette enveloppe qui change, en particulier entre protestants et catholiques. L'objectif est d'atteindre la parité des postes entre ces deux confessions d'ici 2025, a expliqué Xavier Paillard.

Un tiers de protestants

Le canton de Vaud, historiquement protestant, compte désormais environ un tiers de catholiques, un tiers de protestants et un tiers d'autres confessions, dont les personnes sans appartenance religieuse. Les catholiques ont reçu 23,6 millions de francs et la communauté israélite 132 000 francs. Les autres communautés religieuses, comme les musulmans, pourraient aussi obtenir le statut d'institution de droit public, pour autant qu’elles remplissent un certain nombre de conditions et qu’elles en fassent la demande. Les évangéliques sont aussi sur les rangs.

Pour l'heure, les protestants et les catholiques renforcent leur collaboration en lançant une dizaine de missions communes. Les aumôneries dans les hôpitaux, les écoles et les prisons par exemple. Confrontée à une diminution de ses moyens financiers, l'Eglise protestante a pris des options. Pour atténuer le déficit, ses salariés vont devoir mettre la main à la poche. Selon les salaires, la contribution oscillera entre 0,65% et 1,75%. Près de 450 000 francs seront ainsi économisés. Le déficit prévu pour 2010 passe ainsi sous la barre du million de francs. Dans le même temps, les salaires des diacres ont été revus à la hausse.

Depuis que l'Eglise protestante a quitté le giron du canton en 2007, elle enregistre son troisième exercice déficitaire de suite, avec des pertes oscillant entre 800 000 et 1,8 million de francs, a expliqué Max Blaser, membre du Conseil synodal. En manque de liquidités, elle a dû vendre des titres et augmenter la dette hypothécaire pour trouver les 2,5 millions de francs manquant pour payer les salaires de décembre 2009. C'est la première fois que l'EERV se livre à cet exercice, a poursuivi Max Blaser, en charge de la trésorerie.

Le nouveau Conseil synodal, l’exécutif de l’Eglise, a posé un diagnostic après cent jours en activité, mais des choix plus drastiques dans les missions de l'Eglise seront présentés d'ici juin 2010. Aucun licenciement n'est prévu. Le but est de rééquilibrer les finances d'ici 2012.