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Panorama
Belles cathédrales de France Version imprimable Suggérer par mail
13-01-2010

La période gothique a donné lieu à un engouement spirituel sans pareil, une course à l'édifice religieux le plus haut et le plus beau. Visite de cinq joyaux en France

Cathédrale de Chartres

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La flèche romane et celle gothique de chartres.

Photo : GD 


Loin à la ronde, ses deux flèches pointent vers le ciel. L’une romane, l’autre gothique. Elles seules, au milieu des étendues jaunes des blés. Ce sont les «pierres qui chantent», septième cathédrale construite au même endroit, suite à de nombreux incendies. L’un d’eux a détruit les trois quarts de la ville en 1194, mais la relique qui fait sa renommée en a réchappé: la sainte Tunique, offerte par le petit-fils de Charlemagne, est supposée être le vêtement que Marie portait à son accouchement. Dans ce miracle, les habitants entendent l’appel marial à reconstruire une cathédrale plus grande, plus belle. Chantant et priant, les bâtisseurs accomplissent l’ouvrage en moins de trente ans. Les quarante-trois vitraux offerts par la corporation des marchands révèlent un bout de cet engouement. Les parties qui avaient échappé à l’incendie, comme le Portail royal, ont été conservées, nous offrant cette impression de transition entre le roman et le gothique.

Le pèlerin médiéval, guidé de loin par les tours majestueuses, savait qu’il s’approchait de la cité céleste. Tout l’agencement théologique des cathédrales renvoie à la nouvelle Jérusalem, décrite dans l’Apocalypse. Arrivé à Chartres, le pèlerin parcourt le labyrinthe. La Vierge de la Belle Verrière drapée d’un tendre «bleu de Chartres» fixe le fidèle avec assurance du haut du vitrail le plus ancien. Elle semble confirmer que la quête a abouti.

Cathédrale de Laon

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Les tours évidées de Laon.

Photo : GD 


Tout de suite, votre regard est attiré par quelqu’un ou quelque chose qui vous observe. Là-haut, dans les tours évidées et pleines de finesse, des bœufs de pierre vous regardent, comme nos chamois aux sommets des falaises. Ils sont un hommage aux bêtes d’attelage sans qui jamais les pierres des bâtisseurs n’auraient pu faire l’ascension de Laon, «la montagne couronnée». Il y a bien sûr une légende: au cours d’un hiver, l’un des bovins meurt en pleine montée, bloquant tout le convoi. Le miracle se produit, un bœuf blanc descend du ciel le remplacer… Les tours, il y en a cinq, hautes de 55 mètres. Pourquoi n’ont-elles pas de flèches? Les orages n’en avaient épargné qu’une seule au cours de l’histoire. A la Révolution française, on discute de détruire la cathédrale. On décide finalement de réduire la dernière flèche… par souci égalitaire.

La cathédrale fait la part belle à la lumière. Elle bénéficie d’une tour lanterne, comme à Lausanne, dont la voûte culmine à 40 mètres. La lumière est renforcée par la pierre calcaire et par de larges roses. Les verrières de celle qui domine l’entrée principale ont connu l’écrasement, suite au lent affaissement de la façade vers la place. Les contreforts des portails anormalement larges sont juste là pour la retenir. Cela tient.

Cathédrale de Rouen

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Notre-Dame de Rouen, majestueuse.

Photo : GD


Il faudrait contempler sa façade pendant des heures. Comme le peintre Claude Monnet qui l’a reproduite… vingt-huit fois à différentes heures de la journée. Avant d’entrer, plongeons au IIIe siècle, dans la légende. Mellon, un moine irlandais, annonce l’évangile dans la ville nommée alors Rotomagus. Pendant le prêche, le gamin d’un officier romain s’endort, tombe du mur sur lequel il était juché et se tue. Le missionnaire, à l’exemple de saint Paul habitué à pareille mésaventure, le ressuscite illico. La famille offre la maison pour y faire le premier lieu de culte. Où se dresse aujourd’hui la cathédrale.

Quand sa construction démarre en 1185, la course aux édifices les plus hauts bat son plein. Chaque nouvelle technique découverte est apportée sur les chantiers suivants. Celui de Rouen démarre juste avant l’invention de l’arc-boutant, qui arrive de Chartres. L’architecte intègre aussitôt la nouvelle technique prometteuse aux éléments déjà construits, qu’il modifie. La nef en garde une élévation à quatre niveaux. Pour le plaisir des yeux.

Il faut ressortir par le portail latéral pour découvrir d’autres merveilles. Après l’agression en pleine nuit d’un chanoine, cette ouverture a été ajoutée pour raccourcir le chemin des religieux. Elle a donné lieu à 150 reliefs sculptés – des quadrilobes – représentant des scènes bibliques et profanes pleines de légèreté. Levez enfin les yeux sur la Tour du beurre, fruit de… l’argent du beurre. Pour la financer, le clergé a eu l’idée, avec la bénédiction papale, d’autoriser les habitants à manger gras pendant le Carême, contre redevance bien sûr.

Cathédrale d’Amiens

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A Amiens, les statues retrouvent leurs couleurs le soir.

Photo : GD 


Chaque cathédrale a son superlatif. Celle d’Amiens est la plus grande de France en superficie et en volume. Impressionnante, avec ses chapelles latérales qui élargissent l’espace! Au deux tiers de la nef, le célèbre labyrinthe marqué au sol invite le pèlerin à une mise en route intérieure. Un chemin unique de 234 mètres – la longueur de la cathédrale multipliée par le chiffre d’or – fait des méandres et des allers-retours. Il symbolise le pèlerinage vers Jérusalem ou notre vie guidée vers le Royaume. Lequel est au centre, marqué par la dernière pierre de la construction.

Il faut revenir le soir admirer la façade. Les techniques modernes ont permis d’analyser les traces de peinture qui rappellent que ses sculptures étaient colorées. Lors des soirées d’été, la projection d’images numériques colorisées permet de retrouver la vision époustouflante de cette véritable «bible de pierre». Tout un programme sculpté. Le Jugement dernier, avec son Christ sauveur, appelé ici le «beau Dieu», entouré de ses apôtres et des prophètes. Un portail est dédié à la Mère Dieu, avec les récits de l’enfance de Jésus, Adam et Eve, la reine de Saba et le roi Salomon… Le troisième portail est consacré à la vie du saint local, Firmin. Il est orné des signes du zodiaque, avec leurs scènes des métiers. Une prédication à portée du regard.

Cathédrale de Reims

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Cathédrale de Reims

Photo : GD 


Elle est la «cathédrale martyre», la seule de France à avoir été bombardée pendant la Première Guerre mondiale. Ravagée par un incendie, tandis que les Allemands pilonnent la ville. Sa restauration après-guerre devient un symbole qui suscite des dons du monde entier. Des éclats d’obus restent visibles sur ses colonnes.

Sobre à l’intérieur, la cathédrale foisonne de sculptures à l’extérieur. Plus de 1300, selon un chanoine qui les a comptées – nous le croyons sur parole. Sa façade à trois niveaux rappelle celle de Paris. Pour la première fois dans l’histoire des cathédrales, les architectes évident les portails et remplacent les reliefs traditionnels par des vitraux. Deux rosaces font entrer un maximum de lumière. A votre entrée, l’archange Gabriel vous sourit. Son armée d’anges fait la renommée de Reims. Ils se dressent fièrement sur les contreforts autour de l’édifice, comme une protection.

Presque tous les rois de France se font couronner à Reims. C’est là que Clovis s’est fait baptiser en 496. Sa conversion est considérée comme le triomphe de la foi chrétienne en France, saluée, selon la légende, par la colombe de l’Esprit qui apporte elle-même l’huile du baptême... L’huile est conservée comme relique, puis détruite par la Révolution, à l’exception de quelques poussières sauvées par un clerc. Les petites choses ont leur importance. 

  • G.D.

Un voyage

La découverte d’une dizaine de cathédrales de France a été organisée dans le cadre des voyages du pasteur Olivier Calame, de l’agence de voyage Samare, et la Région Haut-Lac – Pays-d’Enhaut.
Plus d’infos sur www.samare.ch