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Spiritualité d'hôpital Version imprimable Suggérer par mail
24-02-2010

Quels besoins spirituels pour les patients? Le CHUV s'interroge

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Claude Curchod, infirmier et responsable de formation: «Un dialogue essentiel.»

Photo : CEMCAV-CHUV, G. Weber 


C’est une première. Bien sûr, les recherches sur les besoins spirituels des malades ne sont pas neuves. Mais la problématique n’avait jamais été abordée aussi franchement en milieu hospitalier, comme elle l’est au CHUV, avec le cycle de conférences «Médecine, santé et spiritualité»*. Jusqu’à récemment, les médecins estimaient qu’il revenait aux aumôniers et infirmiers de s’occuper de ce sujet.

Marie-Denise Schaller, cheffe du service de médecine intensive du CHUV et présidente de la Fédération ecclésiastique catholique du canton, intervient dans le cycle et se réjouit du changement de cap. «Les interrogations existentielles des patients me passionnent depuis toujours. L’être humain n’existe pas qu’à travers son enveloppe charnelle! Menacé de mort, il se pose naturellement des questions fondamentales.» Dans ce domaine, les médecins continuent de garder leurs distances, mais désormais pour d’autres raisons. «Nous devons rester prudents: la spiritualité fait partie de la sphère intime.

Il n’est pas question de donner des réponses toutes faites en s’appuyant sur notre savoir de médecins», avertit Marie-Denise Schaller. Si les praticiens apprennent maintenant à détecter les besoins éventuels, c’est pour diriger leurs patients vers des interlocuteurs compétents comme les aumôniers. Ou pour leur offrir une présence. Car «il existe deux types de besoins, précise Marie-Denise Schaller. Ceux d’ordre physique peuvent être satisfaits par des médicaments. Dans le domaine spirituel en revanche, il n’y a plus ni patient ni médecin mais deux êtres humains face à des questions fondamentales. Savoir simplement être là pour les entendre peut soulager immensément le malade.» Soulager, c’est ce que fait Claude Curchod depuis trente ans. Comment cet infirmier et enseignant en soins au CHUV a-t-il répondu à ces besoins si importants? «Mon rôle consistait à aider les personnes en souffrance à trouver des pistes de réflexion, pas à répondre à leur place, confie-t-il.

Car, face à des interrogations fondamentales, l’être humain est seul.» Il arrive plus d’une fois que le soignant soit ému par le patient. Claude Curchod, qui interviendra aussi dans le débat, s’en souvient bien: «Je m’occupais d’une très vieille dame en fin de vie. Un matin elle m’a demandé, une poignée de médicaments à la main: ‹Mais au fond, à quoi ça sert, ce traitement?› Je n’oublierai jamais sa question à laquelle je n’ai pas su répondre.» Quelque part, tant mieux, affirme-t-il. «Nous n’avons aucune réponse toute faite à donner à quelqu’un qui souffre. Mais nous devons lui montrer que ses questions sont aussi les nôtres. Se reconnaître en l’autre, c’est là toute notre humanité.»

  • A.J.

Cycle de conférences

* «Médecine, santé et spiritualité» jusqu’en juin 2011, Auditoire César Roux (CHUV). Programme: www.unil.ch/fbm