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Le groupe corse I Muvrini est de passage en Suisse. Rencontre avec son leader
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Jean-François Bernardini et son frère Alain, des Muvrini.
Photo : dr
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Le plus international des ensembles corses est en tournée en Suisse romande. Le groupe I Muvrini, nom issu d’un mot corse désignant des mouflons, est né à la fin des années 1970, autour de Jean-François et Alain Bernardini. Tous deux ont appris la polyphonie traditionnelle de leur père.
Chanter sur scène vous permet de témoigner de vos convictions?
Jean-François Bernardini: Oui! Prendre la parole devant un public et créer des chansons relèvent d’une forme de sacré. Notre groupe invite les gens à ne pas rester dans le superficiel. Car nous ne connaissons pas seulement une crise économique, mais aussi une crise intérieure. Nous sommes en exil de nos âmes, que nous ne nous efforçons plus d’habiter. Changer le monde commence par une transformation de soi-même. Le bonheur ne se trouve pas au supermarché, il est au fond de nous-mêmes. Nos concerts veulent aider chacun à trouver un peu de cette nourriture dont nous avons tous besoin.
Y a-t-il une recherche de Dieu chez les Muvrini?
Il faut comprendre que Dieu est dans l'homme et que l'homme est en Dieu. Chacun doit reconnaître la nécessité de nourrir son corps, mais aussi son âme. Nous avons autant besoin de racines que d'ailes. Personnellement, je recherche tout ce qui m'aide à me relier à l'autre. Tout ce qui m'en empêche et m'en éloigne me fait peur. La vie humaine relève en soi du sacré, parce qu'elle me donne les forces de communier et de fraterniser avec autrui.
Comment percevez-vous le rôle de l’Eglise?
L’Eglise se pose la même question que nous tous: comment comprendre et aider le monde d'aujourd'hui? Nous nous inquiétons des églises qui se vident, mais ne serait-ce pas nous-mêmes qui sommes vides? Celui qui se contente des mots ne vit plus concrètement les choses. Nous pouvons être religieux et rester déconnectés de la réalité. Or la réalité a au contraire besoin de spiritualité, pour que nous nous comprenions mieux et sachions vivre ensemble. Nos sociétés ont de plus en plus de difficulté à coexister, tant grandes sont la peur et l'ignorance de l'autre!
Vous invitez à dépasser la crainte de l’autre…
Il faut cultiver l'altérité. Toi qui es différent, tu m'augmentes, tu m'interroges! Tout autour de nous, des situations font mal. Elles touchent souvent le plus faible, le plus démuni, celui qui vient d'ailleurs. Il faut apprendre à le rencontrer, le connaître, pour mieux trouver des solutions. La religion devrait nous amener à aborder les questions relationnelles avec fraternité et humanité.
En entendre plus
- Une tournée: Mercredi 10 mars, 20h30, Porrentruy, église des Jésuites. Réservations: 032 422 57 81, le matin. Jeudi 11 et vendredi 12 mars, 20h30, Genève, Théâtre du Léman. Réservations: 0900 552 333, 1 fr./min. Nous ne mentionnons pas les dates qui affichent déjà complet.
- Un CD: I Muvrini, «Gioia», dont «Una terranova» en duo avec Grand Corps Malade. A paraître en mars.
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