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Panorama
Le crucifié sous l’œil des artistes Version imprimable Suggérer par mail
24-02-2010

L’exposition «La crucifixion au croisement des regards» montre l'évolution de la croix dans l’art. Des œuvres d'hier à aujourd’hui révèlent leur sens profond. Présentation en vidéo

Vous ne regarderez plus jamais comme avant un tableau représentant Jésus crucifié. L’exposition «La crucifixion au croisement des regards» montre comment la croix évolue dans l’art. Jocelyne Müller, pasteure à Spiritualité dans la cité, invite au voyage à travers cinquante reproductions d’œuvres d’art savamment sélectionnées. Passionnant! Le visiteur est d’abord frappé de découvrir que les premiers chrétiens ne représentaient pas la souffrance du Christ, tandis que l’art actuel ne retient souvent que cet aspect. «Les croyants n’ont pas représenté leur Seigneur sur la croix aussi longtemps que la crucifixion a été un supplice pratiqué, explique Jocelyne Müller. Ils savaient sans doute combien cette mort est insupportable à voir.» Il faut attendre le Ve siècle pour voir les premières croix avec crucifié. «La victoire du christianisme a eu lieu. L’art présente alors le crucifié en vainqueur, sans souffrance, bien vivant et les yeux ouverts.» Les artistes n’osent peindre l’agonie de Jésus qu’après le tournant de l’an mille. «Le supplice n’est plus connu, explique Jocelyne Müller. Le croyant est en quête de dévotion. L’œuvre doit le saisir et l’émouvoir.» La souffrance, peu à peu accentuée, est ce par quoi Jésus sauve les humains. L’art explore aussi les sens symboliques de la croix, comme celui du mariage entre le Christ et l’Eglise.

A chaque époque son crucifié

Le visage est tordu par la douleur. Le dernier crucifié de Matthias Grünewald montre l’horreur insupportable. Nous sommes au siècle de la Réforme, qui recherche le sens littéral. L’artiste ajoute à ce corps souffrant les meurtrissures d’une maladie de l'époque. L’être humain devient central. «Une œuvre dont notre art contemporain s’inspirera», souligne Jocelyne Müller. Les artistes du XXe siècle iront d’ailleurs plus loin. «Après l’horreur des deux guerres mondiales, le motif de la croix sort des Eglises et trouve un nouveau sens. Jésus devient symbole universel de toute souffrance humaine, même pour des artistes athées.» Il est représenté en Brésilien torturé, en Noir opprimé, en Castillan révolté ou même en femme crucifiée. «La croix trouve du sens même sous un angle athée», s’émerveille Jocelyne Müller, qui espère que chaque visiteur découvrira dans ce parcours une œuvre qui le touche et l’éclaire.

Le catalogue de l'exposition, avec les reproductions et les commentaires, peut être acheté au prix de 34 fr. sur place ou commandé en ligne sur le site de l'exposition .

  • G.D.

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«Un homme».

Photo : Joe Folzenlogen 


Ce Christ noir est une œuvre contemporaine du jésuite James Hasse, prêtre d’une paroisse pauvre afro-américaine en Ohio (huile sur toile).


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«La crucifixion de Jésus et la pendaison de Judas»

Photo : Jocelyne Müller


La plus ancienne crucifixion connue. Jésus apparaît comme vainqueur de la mort: il a les yeux ouverts, ne souffre pas, est musclé et porte la culotte de l’athlète. Il est entouré de Marie, de Jean et du centurion romain, tandis que Judas s’est pendu (ivoire, vers 420, Londres, British Museum.)


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«Christ souriant».

Photo :Jérôme Kelagopian


Ce motif rare, dont il existe un exemplaire à l'Abbaye de la Maigrauge en Suisse, montre que la joie et la confiance ont leur place au cœur de la détresse. Le sourire annonce la résurrection, mais les côtes évoquent le moment d’asphyxie du crucifié (XIVe ou XVe siècle, abbaye de Lérins).

La passion au croisement des regards

  • Deux expositions: «La crucifixion au croisement des regards» et «Frank Martin, itinéraire d’un compositeur», du 1er au 13 mars au Forum de l’Hôtel de Ville à Lausanne. La première expo est aussi présentée à la cathédrale du 16 au 31 mars.
  • Cours public à l’uni: «La croix dans tous ses états» avec divers spécialistes, chaque mardi de mars de 18h30 à 19h30 à Dorigny, Anthropole, salle 2024.
  • Conférences à Lausanne: «Le Golgotha de Frank Martin, une voie spirituelle», par Sylvain Caron, 1er mars, 14h30 au Casino de Montbenon. «La Passion selon saint Matthieu de Bach, un opéra sacré», par Gilles Cantagrel, 15 mars, 19h, Espace culturel des Terreaux. «L’œuvre religieuse de Frank Martin», par Ion Karakash, 18 mars, 19h à l’Espace culturel des Terreaux.
  • Concerts à la cathédrale: «La Passion selon saint Matthieu» de Bach, 27 et 31 mars à 20h; «Golgotha» de Frank Martin, 29 et 30 mars à 20h (30 mars, présentation du concert par Harry Halbreich à 18h).
  • Détails et réservations: www.passionregard.ch