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La pasteure Hetty Overeem s’apprête à repartir avec sa roulotte,
son tipi, son chien Barou et l’âne Speedy. Elle raconte son expérience unique
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Hetty Overeem: «Des rencontres offertes par Dieu.»
Photo : bn
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Après une année en roulotte à travers le canton et un hiver dans un
ermitage, vous vous préparez à reprendre la route. Etes-vous un moine itinérant?
Hetty Overeem: Moine non, mais pasteur itinérante oui. Je suis envoyée en tant que pasteure. Comme le moine, je cherche à rester centrée sur Dieu. Le pasteur l’est aussi, mais en chemin c’est différent. En me mettant moi-même en route, j’apprends à lui donner vraiment la première place. Un peu comme Nicolas de Flue. Je cherche à être totalement cohérente avec l’Evangile dont je témoigne, en laissant Dieu décider. Ce n’est pas évident à cause de mes critères d’efficacité. Avec mon énergie, je pourrais faire plein de choses pour remplir mon tipi de monde. J’ai appris à accepter l’attente pour que les gens viennent, à rester disponible plutôt qu’à réagir avec mon caractère de fonceuse. Nos critères d’efficacité ne sont pas ceux de Dieu. Nous nous laissons engloutir. Quand quelqu’un peut me confier une chose importante parce que je suis disponible, c’est réussi. J’ai parfois prié seule pour un village, ou avec quarante personnes serrées dans le tipi. Les deux étaient super. Suivre Dieu, c’est prendre le temps de lui demander ce qu’il veut.
Qu’avez-vous découvert de neuf en rencontrant les gens ainsi?
J’ai réalisé à quel point l’Evangile est devenu un grand point d’interrogation pour eux. Ils ont une grande soif spirituelle, et une image de Dieu pleine de caricatures. Beaucoup ont soif de repères. Ils se sentent perdus dans cette tolérance toute-puissante où tout le monde peut penser et faire ce qu’il veut. Ils demandent un message clair qui ne se dilue pas pour leur faire plaisir, mais qui les laisse libre de choisir. J’ai également découvert un autre rôle. Le pasteur est souvent perçu comme celui qui donne d’en haut et les autres reçoivent. Là, les choses sont inversées. Je dépends de la générosité des gens. En chemin, je suis vulnérable, je n’ai rien, même pas d’eau. Les gens aiment offrir. Cela change le rapport. Ils se confient parce que nous sommes d’égal à égal. Certains abordent ce dont ils n’ont jamais pu parler.
Quelle a été la rencontre la plus forte de votre périple?
Il y a eu beaucoup d’échanges intenses dont je ne peux parler par respect de la confidentialité. Je peux raconter ces jeunes qui m’ont invitée sous leur cantine. Quand une relation de confiance s’instaure autour de la table, ils viennent avec leurs questions.
Ça veut dire quoi pécher?
La croix et tout ça, vous y croyez vraiment? Ils veulent savoir. Quand ils se sentent acceptés, ils demandent un témoignage précis. Même s’ils n’adhèrent pas, ils ont besoin que ce soit clair. Les gens ne savent plus ce qu’il faut croire ou ne pas croire. J’ai vécu des rencontres que je n’aurais pu arranger. Elles sont offertes par Dieu. Il faut être totalement disponible pour les vivre.
A l’ère de la haute technologie, l’Eglise propose une pasteure dans une roulotte.
N’est-ce pas en décalage avec notre époque?
Totalement, mais notre époque en a besoin. Tandis que tout va très vite, la roulotte symbolise autre chose. Nous ne pouvons la tracter à plus de 40 km/heure, sinon elle casse. Cela signifie quelque chose. Les gens sont attirés par cette simplicité, ce dénuement, cette petite caisse en bois, sans lavabo ni chauffage.
L’avenir de l’Eglise est-il dans des projets originaux?
Je suis éphémère, je passe en laissant quelques traces. Mon côté nomade touche des gens, mais c’est le pasteur de paroisse qui peut reprendre le flambeau. Certaines choses doivent changer dans l’Eglise, mais il faut aussi une stabilité, pas seulement des projets originaux.
En chemin, vous vouliez revenir à l’essentiel.
Est-ce la bonne manière de le chercher?
C’est une manière. Chercher sa route, transpirer, se réjouir en recevant de l’eau ou une pomme, cela ramène à la réalité. C’est tout ce qu’il faut. La générosité est indispensable. Nous avons besoin les uns des autres. Pour chercher l’essentiel, il serait encore mieux d’être juste à pied, totalement dénué. Mais je ne pourrais plus accueillir, ni offrir un repas. La liberté totale est impossible parce que nous devons travailler avec des structures. Avec cela, nous essayons de suivre le Saint Esprit. L’automne dernier, nous priions pour trouver un ermitage pour l’hiver. Un agriculteur nous a proposé son hangar près de Champagne. Cela ne correspondait pas à ce que nous avions imaginé, mais nous l’avons reçu comme un cadeau de Dieu. Il s’est avéré idéal, avec plein de gens qui passent, des contacts que je n’aurais pas eus dans un lieu retiré en montagne. Etre en route et faire avec ce que Dieu offre, c’est trop beau.
La population peut faire appel par SMS ou par mail à vos prières.
Quelles sont les demandes?
Très variées. Les gens demandent de prier pour leur famille, pour un proche qui traverse une passe difficile ou pour eux-mêmes. Souvent je ne connais pas le nom de ces personnes. Sous le tipi, une petite communauté éphémère prie pour ces gens que nous ne connaissons pas, mais qui sont ainsi en lien avec nous. C’est magnifique.
A l’approche de Pâques, comment expliquez-vous la résurrection à l’homme moderne?
La résurrection a toujours été difficile à comprendre, pas seulement pour l’homme moderne. Même à l’époque de Jésus, les gens ne vivaient pas des résurrections en série. Je peux seulement dire ce à quoi je crois. L’essentiel de ma foi est que Jésus est vivant. Ce n’est pas juste une jolie idée pour faire rêver. Dans ce monde marqué par la misère, la guerre ou les tremblements de terre, la mort a été vaincue. Nous adaptons trop souvent Dieu à notre expérience. Si elle nous indique qu’il est absent, nous concluons qu’il l’est. Eh bien non, même s’il y a des raisons de penser qu’il n’est pas là, cela ne veut pas dire que c’est la vérité. Concrètement, quelqu’un a vaincu la mort et affirme que celui qui le suit va vivre cela.
Biographie express
Hetty Overeem
- Un ermitage: Hetty Overeem y sera encore les 24 et 25 avril. Hangar vert à gauche avant le village de Champagne depuis Grandson.
- En chemin: départ les 1er et 2 mai à Vers-l’Eglise. La roulotte parcourt cette année le Chablais vaudois, la Riviera, la Broye, le Nord vaudois et le Gros-de-Vaud. L'an prochain, La Vallée et La Côte. www.evangile-en-chemin.ch
- Contact et demandes de prière par SMS: 079 886 03 73
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