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Dossier
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Quel avenir pour les Eglises réformées |
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| 24-03-2010 | |||||
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Une étude produite par Jörg Stolz, directeur de l'Observatoire des religions à Lausanne, examine les conséquences des changements dans la société pour les Eglises protestantes traditionnelles de Suisse. Dur, dur
La première tient à l’éclatement des différents domaines de la société. Cela vaut pour la politique, le droit, l’éducation, la santé, la science et la religion. Le point le plus sensible ici touche au lien entre l’Eglise et l’Etat. Le megatrend va vers une séparation plus grande entre les deux. Un mouvement accéléré par l’augmentation du nombre de personnes sans religion et la pluralité religieuse. L’impact se produira sur le financement, mais aussi sur la présence des Eglises dans les services publics, les hôpitaux, prisons, etc., notent les auteurs.
D’autres tendances de fond sont relevées:
Ces mouvements de fond ne peuvent pas être considérés comme des phénomènes passagers. Les sociologues invitent les Eglises à agir en reconnaissant leur existence plutôt que d’utiliser leur énergie à vouloir vainement les renverser. Il est probable que les Eglises deviennent plus vieilles et plus pauvres les prochaines années. Cela ne doit cependant pas pousser au fatalisme. L’ampleur du phénomène dépendra largement de leur attitude et de leurs actions. Leur avenir est dans leurs mains, remarque l’étude.
Les bonnes idées dans les cantons Face aux bouleversements de la société, les Eglises réformées ne sont pas inactives, de bons modèles d'actions existent. Elles peuvent avoir plus de succès, affirme l’étude, par la reprises de stratégies gagnantes. Eglise vaudoise
D'autres champs ont été ouverts ou se sont renforcés, comme le dialogue interreligieux, le dialogue interconfessionnel, et celui avec les Eglises de migrants. «Le Conseil synodal veut donner une couleur particulière à quelques églises phares à Lausanne. Les paroisses ne sont plus le seul lieu où vivent et s'expriment les Eglises. La vie des Eglises est plurielle. Dans les années 1990, les pasteurs étaient des généralistes. Aujourd’hui, les ministères se sont diversifiés et enrichis de spécialisations», explique M. Paillard. Revenant sur les propositions du document, comme celle d'un nom commun pour toutes les Eglises réformées de Suisse, il estime qu'elles doivent rencontrer une adhésion de la base. Pour chaque proposition, il s'agit d'analyser la valeur ajoutée et le risque. «La Fédération des Eglises protestantes de Suisse doit rester une fédération. Les Eglises peuvent s'y enrichir mutuellement, mais il y a un équilibre à trouver entre fédéralisme et centralisme. Le niveau décisionnel doit rester au niveau des Eglises cantonales», conclut Xavier Paillard. A Neuchâtel
L’Eglise neuchâteloise a pris des mesures. Le nombre de paroisses a été réduit de cinquante-deux à douze entre 1996 et 2003. Désormais, la reconnaissance communautaire peut se faire par la participation à une activité plutôt que par l'appartenance à un lieu. «L'Eglise, c'est aussi les 16-20 ans qui encadrent les activités des enfants pendant les camps de vacances. C'est également la vie communautaire des aînés. La question qui se pose alors est de savoir comment relier ces différents groupes. La réponse est le culte.» Un des rares points de divergence concerne ce sujet, selon Gabriel Bader. Jörg Stolz et son équipe mettent l'accent sur la nécessité de renouveler la forme de la célébration. «Nous y travaillons aussi, mais ne renonçons pas à l'offre traditionnelle. Selon nos études, le public attend un culte traditionnel. Le public adulte a besoin de repères, de symboles, d'un certain rite.» Pour le conseiller synodal neuchâtelois, la Fédération des Eglises protestante de Suisse est «indispensable: une petite Eglise ne peut pas tout faire. Il n'est plus possible de tout faire à double.» A Genève
«Les jeunes ne comprennent plus ce qui se passe dans les communautés. Ils comprennent en revanche quand nous leur proposons un projet humanitaire au Togo ou un engagement solidaire en Suisse. Nos anciens sont nostalgiques, mais les jeunes nous attendent et nous ne devons pas manquer ce rendez-vous. C'est pourquoi nous restons vigilants sur les phénomènes d'actualité: les plus importants sont les migrations, le métissage européen et les solitudes ici.» L'EPG dépend de contributions volontaires et non de l'impôt. Elle a toutefois peu diminué le nombre de ses paroisses. L'EPG en compte trente-quatre réparties en sept régions. Elle est en train de revoir les grilles salariales de ses collaborateurs, en valorisant les fonctions et les formations. Pour Mme Kuffer, le rôle de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) est essentiel. «Il s'agit de regarder ensemble dans la même direction, mais il serait absurde de se lancer dans une tentative d'unification à l'heure du réseau. Ce que nous faisons aux niveaux suisse, romand et européen est très porteur. Les protestants sont organisés par strates successives.» Mme Kuffer estime que le socle reste la formation, en particulier dans un temps nomade. Pour la Genevoise, il est illusoire d'envoyer sur le terrain des témoins aux compétences théologiques vacillantes: «Comment pourraient-ils jouer leur rôle de levain?» demande-t-elle. A l'heure où des choix devront être faits sur fond de crise financière, ce n'est pas là qu'il faudra couper, enjoint-elle.
«Une question de survie » L'auteur du rapport sur l’avenir des réformés donne des recommandations
Les Eglises de demain seront plus pauvres et auront moins de membres. Dans quelle mesure?
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L'Eglise protestante vaudoise (EERV), la plus grande de Suisse romande, la troisième au niveau suisse, n'a pas attendu les audits externes pour s'adapter aux nouveaux trends. «La dernière adaptation en date est l’accord visant la parité de postes entre protestants et catholiques dans le canton à horizon 2025», relève Xavier Paillard, vice-président de l'Eglise protestante vaudoise (lire ci-contre). «L'article de la Constitution qui prend en compte la dimension spirituelle de l'être humain, et qui donne aux Eglises une mission au service de tous, est aussi une adaptation. Le projet ‹Eglise à venir›, lancé en 2000, était déjà une réponse à ces nouvelles tendances.»
Les Vaudois ont voulu dépasser le niveau des paroisses pour renforcer les régions. Ils ont aussi étendu la réflexion au-delà du mur de leurs Eglises: «Nous avons développé notre présence dans des lieux de vie et de formation, comme les hôpitaux, les EMS, les gymnases et les écoles professionnelles.»
Les propositions formulées par Jörg Stolz sont bien accueillies à Neuchâtel. «Notre analyse est proche. Cela nous conforte dans notre démarche», explique Gabriel Bader, président de l'Eglise réformée évangélique neuchâteloise (EREN). «Ces réflexions ne sont pas nouvelles pour nous. Nous sommes sensibles depuis longtemps aux attentes des paroissiens, car cela se traduit pour nous par un impact financier direct.» L'EREN, qui ne vit pas de l'impôt mais de la contribution volontaire, est en première ligne pour s'adapter à l’évolution de la société: la sécularisation, le vieillissement de la population, la diminution du nombre de protestants.
«Les sociétés évoluent. Les Eglises sont obligées, comme les autres organisations, de connaître le contexte dans lequel elles vivent, pour continuer à remplir une mission qui ne change pas. Nous devons reprendre notre rôle de nomade et d'éclaireur», explique Charlotte Kuffer, présidente de l'Eglise protestante genevoise (EPG).

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