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«La confiance et la foi» |
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| 24-03-2010 | |||
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Jean Abt invite à commémorer les cinquante ans de la mort du général Guisan, le 12 avril. Visite de sa maison de Pully
Jean Abt, ancien commandant de corps et initiateur du 50e, nous fait la visite. Pour le militaire, cependant, ce ne sont pas tant les objets du général qui comptent. Le visiteur peut s’émouvoir devant des accessoires ou des armes, le bureau, la bibliothèque remplie de livres de stratégie militaire, des souvenirs personnels ou de guerre. La maison elle-même, dans son parc au bord du Léman, raconte toute une histoire: construite en 1874, année de naissance d’Henri Guisan, par un marchand de grain qui deviendra son beau-père. Le couple Guisan s’y installe en 1901. Le général y vivra jusqu’à sa mort. Chaque jour, il partait pour sa promenade à cheval. Restent les photos en noir et blanc, le chapeau de feutre… Non, ce qui touche Jean Abt, ce qui fait son admiration, c’est la confiance que ce petit homme a su insuffler à tout un pays dans des moments difficiles. Une manière d’être proche des gens dont Jean Abt, enfant, a fait l’expérience: «C’était à la gare de Lausanne. Le général arrive dans le hall entouré d’officiers. Je voulais lui dire bonjour car j’en avais entendu parler. Ma mère, par des liens éloignés, le connaissait. Il m’a soulevé et m’a dit: ‹Tu seras un bon soldat.› C’était un geste spontané, pas tiré d’un cours de communication.» La prédiction s’est avérée. Le début d’une passion envers le général? «Pas envers le général, corrige Jean Abt. La passion est celle du pays, qui est la terre des pères, la patrie. On développe cela davantage quand on vit de la terre.» Cette proximité avec la population était la grande force du général. «Ainsi, l’armée n’est pas à part, elle est une expression du pays. C’est cela la milice, un ciment national. Le général tenait à cette dimension-là. La défense du pays n’était pas l’affaire de quelques professionnels, mais de tout le peuple, les hommes mobilisés et les femmes qui les remplaçaient dans leurs travaux.» «Il priait chaque jour»La confiance que le général a su donner à la Suisse se nourrissait d’une foi profonde. «Dans une telle situation, si le doute s’installe, c’est catastrophique, reconnaît Jean Abt. Une grande confiance émanait de son attitude et de son discours. Il priait chaque jour mais n’en faisait pas démonstration. C’était intime et sincère. La confiance et la foi l’ont accompagné dans tout son parcours.» La commémoration du 12 avril sera-t-elle celle d’un grand stratège? «Il est difficile de le comparer, sur les 41 000 km2 de notre territoire, à des Eisenhower ou MacArthur qui ont conduit des opérations sur des dizaines de milliers de kilomètres, observe le commandant de corps. Reste que son choix de dissuasion, contesté par certains, a bien fonctionné. Le gros des troupes s’ordonne autour du dispositif du réduit national. En concentrant les troupes dans un terrain fort, tous les ponts et tunnels prêts à la destruction, il ne veut pas attirer l’adversaire. Dans le réduit, les Suisses se battront jusqu’à leur dernière cartouche. Il indique ainsi à l’ennemi qu’il risque de se casser les dents et de ne pas pouvoir passer. Une stratégie simple, un peu risquée, dont tout le territoire bénéficie.» La commémoration, c’est encore autre chose: «Une journée où nous devons savoir dire notre reconnaissance, pour notre liberté, pour la paix et pour l’indépendance, dire notre reconnaissance, à travers le général Guisan, aux générations qui ont été exemplaires durant cette période.» Et garder en mémoire les mots du général, à la fin de la guerre: «Ce que nous avons fait sera toujours à refaire.»
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