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Depuis plus de vingt ans, la question sensible de l’aide au suicide fait débat.
Entre les associations qui disent lutter pour le droit de mourir dans la dignité et ceux qui dénoncent des pratiques inadmissibles, bien des nuances sont possibles et les avis divergent. Le monde politique est divisé. Jusqu’ici, aucune proposition de loi n’a réuni un véritable consensus.
Le Conseil fédéral a rouvert le dossier et présenté deux options, auxquelles les Eglises, parlements cantonaux, partis politiques et associations ont pu réagir. La première solution serait d’adopter une loi restrictive, la seconde d’interdire toute organisation d’assistance au suicide. La Fédération des Eglises protestantes s’est prononcée en faveur de la première variante. Dans sa réponse au Conseil fédéral, elle insiste sur la protection de la dignité et des droits de la personne et exige transparence et prudence dans ce dossier.
La question de l’assistance au suicide reste un sujet complexe qui suscite de fortes réactions, souvent émotionnelles. Il devient aujourd’hui nécessaire de légiférer en la matière. Cela doit se faire tout en poursuivant le dialogue sur cette pratique dans notre société.
Pour les chrétiens et bien d’autres, la vie humaine est un don de Dieu, qui la rend digne sans condition. Ne doit-elle donc pas être respectée et protégée? Ne faut-il pas interroger notre désir illimité de tout contrôler, de la naissance à la mort?
Un suicide assisté, médicalement ou non, demeure un suicide, c’est-à-dire un acte grave qui touche aux fondements de la vie et qui marque, durablement parfois, l’entourage. Une telle décision doit être entendue et reconnue, mais nous avons le devoir d’offrir des alternatives. La capacité de faire face à la souffrance, à la dégénérescence, à une maladie incurable ou au désespoir est personnelle. Chacun a droit à des soins palliatifs. Chacun doit aussi pouvoir être accompagné et soutenu jusqu’au bout dans une relation de qualité. Car la dignité d’un être ne se joue pas d’abord au travers de la législation, mais dans le regard et l’engagement de compassion auquel l’Evangile ne cesse d’appeler.
- Esther Gaillard,
présidente du Conseil synodal
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