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Partez à la recherche de Dieu et de vous-même. Voici des sites où se ressourcer, des communautés où rechercher l’essentiel,
des conseils pour se préparer à un séjour spirituel et pour éviter les faux pas
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Prendre du temps pour descendre au fond de soi |
Une heure par semaine, un week-end par mois et une semaine par an. C’est le temps qu’il faut consacrer à l’essentiel. Anne Ducrocq s’en tient à cette maxime pour proposer plus de trois cent cinquante adresses dans son «Guide spirituel des lieux de retraite dans toutes les traditions»*. Forte de vingt-cinq ans d’expérience de séjours spirituels, cette Parisienne nous donne des recommandations utiles sur le choix d’un lieu et les préparatifs pour réussir l’aventure.
«Qu’est-ce que je cherche vraiment?» est la première question que doit se poser la personne qui hésite. «Les gens croient parfois qu’ils ont besoin de silence et de calme, alors que leur besoin est bien différent: être écoutés, faire un travail psychologique sur eux-mêmes…
La retraite offre un temps de silence pour retrouver ses profondeurs et sa direction. Les moines et moniales ont fait un choix radical, ils vont nous diriger vers l’essentiel, mais ce ne sont pas des psys. Ce n’est pas le meilleur lieu pour raconter ses soucis.»
Quelles que soient vos attentes, la retraite va vous surprendre. «Nous y trouvons toujours quelque chose d’intéressant, d’inattendu.
Il faut être ouvert, partir en confiance.» Ces belles découvertes ont toutefois un prix: «Ce n’est pas facile, note l’experte. Il y a des moments merveilleux, mais d’autres de dépouillement et d’aridité. Nous avions de grandes attentes, étions persuadés de trouver de grandes richesses au fond de nous. Les questions que nous y trouvons ne sont pas si profondes que cela. Nous nous croyions pleins. Nous trouvons le vide et des tas de choses peu intéressantes. La solitude peut donner le vertige. Le mur du silence, comme le mur du son, est difficile à passer.»
Anne Ducrocq ne veut décourager personne, au contraire, mais elle recommande aux plus fragiles de partir une première fois pour une période limitée, un week-end ou trois jours, avec accompagnement. «Il ne faut pas être trop ambitieux.
Cela permet de découvrir ce que nous avons dans le ventre.» Le silence absolu des chartreux, ce sera pour plus tard.
Nul besoin d’être un bon pratiquant pour partir. «Les monastères ont toujours été remplis. Autrefois de pratiquants, aujourd’hui de personnes en recherche ou en détresse, des gens de toutes confessions ou en rupture avec l’Eglise. La retraite, c’est entrer dans un lieu ou règne la paix.
Chacun espère qu’il en sera touché, par contagion. Nous allons à la rencontre de gens qui n’ont pas peur de descendre en eux et qui vont nous aider. Peut-être à nous rapprocher de Dieu, assurément à nous rapprocher de nous-mêmes.»
Avec presque rien
Anne Ducrocq insiste: un lieu de retraite n’est pas un site de vacance. «C’est une expérience, les prières du matin, les offices de nuit… Alors que tout le monde dort, des gens allument la lumière dans les ténèbres, c’est une expérience spirituelle physique. Vous allez rencontrer aussi durant une heure un frère ou une sœur qui va transformer la question que vous vous posez, lui donner un autre éclairage.»
Choisir une saison, un lieu, une communauté? Mieux vaut bien se préparer, s’informer, feuilleter un guide, connaître ses attentes. L’été est un bon moment. Les communautés se sont souvent installées dans des lieux sauvages où le sacré se ressent dans la nature. Pour la communauté, ne pas hésiter à faire quelques heures de train pour se rendre dans un site qui résonne avec nos attentes, que ce soit sur la liturgie, les règles de silence, la nature… «Dans certaines communautés, vous pouvez parler durant les repas. Tout le monde est là pour chercher son centre. Vous parlez vraiment avec des personnes que vous ne connaissez pas, alors que vous ne faites que bavarder avec vos amis», relève Anne Ducrocq.
Prêts au départ? Les capacités d’hébergement ne sont pas énormes, alors prenez contact sans attendre. Consultez les sites internet des monastères, qui sont souvent bien faits. Ecoutez votre intuition. Vous êtes partis. Occupez-vous de vous. Laissez de côté téléphones et ordinateurs, sans appeler tout le monde pour vous rassurer. Sur place, vous trouverez le nécessaire. Votre bagage sera réduit. «Nous venons lâcher la surface pour descendre. Nous allons faire l’expérience que nous pouvons nous passer de tout, alors faisons l’expérience avec presque rien.» Un dernier conseil? «Prenez des chaussures de marche. Une retraite, c’est prendre le chemin.»
* Ed. Albin Michel, 498 p
«Un besoin fondamental»
Timothée Reymond, pasteur protestant responsable du dialogue interreligieux, invite à la découverte
Les lieux de retraite foisonnent. Comment choisir celui qui nous convient?
Timothée Reymond: Nous découvrons un monastère souvent grâce à quelqu’un: sur invitation, lors d’une retraite en groupe ou après avoir entendu parler d’une expérience. Il y a aussi la découverte individuelle. Les circonstances de la vie font qu’un jour nous nous y rendons de nous-mêmes. Je suggère de se renseigner à l’avance et d’écouter le désir de son cœur. Découvrons ensuite simplement, en sachant que nous pouvons être enthousiasmés ou déçus.
Pourquoi l’offre est-elle moins riche chez les protestants que dans les autres traditions?
La Réforme s’est opposée au monachisme tel qu’il était en partie vécu à l’époque. Le célibat des moines, l’accent sur les œuvres et ses dérives posaient des problèmes théologiques aux réformés. Ils se sont éloignés de ce mode de vie pour des raisons spirituelles. Beaucoup s’en rapprochent aujourd’hui pour des raisons spirituelles également. Les protestants ont d'abord créé des communautés de diaconesses, dont l’accent était le service: l’action plus que la contemplation. Aujourd’hui, la contemplation y prend plus d’importance, comme à Saint-Loup ou à Reuilly. La retraite spirituelle connaît un regain d’intérêt, car nous vivons dans un monde où les sollicitations sont constantes. Il est devenu difficile de se retirer et de se retrouver soi-même, ce qui est un besoin fondamental.
Mieux vaut-il approfondir sa propre confession ou partir à la découverte des autres?
Les traditions monastiques, quelle que soit la confession, expriment une recherche de Dieu. Je ne vois pas de réserve à faire retraite dans un monastère d’une autre confession. Partager un moment de vie monastique ne peut que nous rapprocher du Christ. Nous y retrouvons l’accent mis sur la lecture de la Bible, qui est au cœur de la tradition réformée.
Et la découverte interreligieuse, est-elle réservée aux croyants avancés?
L’important est de savoir dans quel but je veux me rendre dans un monastère d’une autre religion. D’un côté, chacun est libre d’être attiré par une autre tradition. De l’autre, je suis de plus en plus convaincu que la découverte de l’autre m’aide à approfondir les richesses de ma propre religion. Il faut une certaine maturité de la foi. La stabilité intérieure permet la découverte de l’autre. Une période de détresse psychologique n’est pas l’idéal. Je me méfierais des lieux qui veulent séduire ou qui seraient sectaires. Si je n’ai pas en face de moi des interlocuteurs qui entrent dans un dialogue respectueux, c’est mauvais signe. Nous devons rester attentifs si nous nous sentons bien libres.
Des moines chrétiens pratiquent le zen. Qu’en pensez-vous?
Cela ne me choque pas s’ils sont au clair avec ce qu’ils disent et font. Le zen chrétien est inspiré des maîtres zen mais a été christianisé. Il conserve la technique, mais l’objet de la méditation change. Le zen sôtô est une méditation sans objet, alors que le zen chrétien vise à faire la place à Dieu. C’est une forme de prière du cœur, silencieuse, liée au souffle. Elle rejoint la quête originale du moine chrétien.
Notre selection
1. Les classiques
VAUD
- La Grand-Part. Monastère de Clarisses. 1805 Jongny. Tél. 021 921 21 77
- Crêt-Bérard. Maison tenue par un pasteur résident, pour retraites, rencontres et activités. 1070 Puidoux. Tél. 021 946 03 60, www.cret-berard.ch
- La montagne de prière. Diaconesses de Saint-Loup. 1318 Pompaples. Tél. 021 866 52 00, www.saint-loup.ch
NEUCHÂTEL
- Communauté de Grandchamp. Des sœurs qui suivent la règle de Taizé. Grandchamp 4, 2015 Areuse. Tél. 032 842 24 92, www.grandchamp.org
FRIBOURG
- Abbaye d’Hauterive. Frères cisterciens. Ch. de l’Abbaye 19, 1725 Posieux. Tél. 026 409 71 00,
www.abbaye-hauterive.ch
- Abbaye de la Maigrauge. Sœurs cisterciennes. Ch. de l’Abbaye 2, 1700 Fribourg. Tél. 026 309 21 10, www.maigrauge.ch
- Abbaye de la Fille-Dieu. Moniales cisterciennes. 1680 Romont. Tél. 026 651 90 10, www.fille-dieu.ch
- Carmel du Pâquier. Monastère de carmélites en Gruyère. 1661 Le Pâquier-Mobarry. Tél. 026 912 72 74, www.carmel-lepaquier.com
VALAIS
- Foyer franciscain. Rencontres dans l’esprit d’Assise. Rue A.-de-Quartéry 1, 1890 Saint-Maurice. Tél. 024 486 11 11, www.capucins.ch
- Abbaye Saint-Benoît. Moines bénédictins. Route de l'Eglise 38, 1897 Le Bouveret. Tél. 024 4 812 812, www.
abbaye-saint-benoit.ch
- Hospice du Grand-Saint-Bernard. 1946 Bourg-Saint-Pierre. Tél. 027 787 12 36, www.gsbernard.ch
- Hospice du Simplon. 3907 Simplon Dorf. Tél. 027 979 13 22, www.gsbernard.ch. Dans les deux hospices, des chanoines vivent selon la règle de saint Augustin.
FRANCE
- Chartreuse de Sélignac. 01250 Simandre-sur-Suran. Pour expérimenter la vie de solitude stricte des chartreux. Tél. 00334 74 51 79 20, www.selignac.org
- Abbaye de la Pierre-qui-vire. Monastère dans la forêt. 89630 Saint-Léger-Vauban, Fax: 00333 86 32 22 33, www.abbaye-pierrequivire.asso.fr
- Couvent de la Tourette. Couvent dominicain construit par Le Corbusier, près de Lyon. Route de la Tourette, 69210 Eveux. Tél. 00334 72 19 10 90, www.dominicains.fr
- Taizé. Communauté œcuménique créée par frère Roger. 71250 Taizé. Tél. 00333 85 50 30 01, www.taize.fr.
2. Marches méditatives
- Des protestants chez les huguenots. Deux semaines de randonnée dans les Cévennes, du 20 au 26 juin, et du 27 juin au 3 juillet. Avec le pasteur François Schlaeppi. Tél. 021 331 58 56.
- L’Assemblée du Désert. L’événement annuel des protestants français, dans les Cévennes. A choix du 3 au 6 septembre, ou les 4 et 5 septembre. Avec Roland Besse. Tél. 021 791 39 19
- Goums. Des raids de huit jours dans le désert, en groupe, pour les 20–35 ans. Tél. 00335 55 70 32 62, www.goums.org
- Pèlerins de la mer. Embarquer pour vivre une expérience spirituelle et
sportive. www.vieenmer.org ou www.pelerinsdelamer.org .
3.Retraites en ligne
- Communauté mondiale des méditants chrétiens. Réseau lancé par des bénédictins. Des lectures sont envoyées chaque semaine aux méditants ou diffusées sur le site du réseau, www.meditationchretienne.org
- Retraite en ligne. Une retraite spirituelle de carême sans bouger de chez soi, avec des pères dominicains, www.retraitedanslaville.org . Le site jésuite Notre-Dame du Web va dans le même sens tout au long de l’année: www.ndweb.org .
4.Approcher une autre
spiritualité
- Zen œcuménique. Des chrétiens pratiquent le zen dans un contexte œcuménique. Centre Assise, 29 rue de Guenier, 95420 Saint-Gervais (France), ou 40 rue Quimcampoix, 75004 Paris. Tél. 00331 34 67 00 39, assise.free.fr
- Prière du cœur et zen. La Maison de Tobie, 8 av. Léon-Gourdault, 94600 Choisy-le-Roi. www.lamaisondetobie.com, tél. 00331 48 53 50 81
- Le bouddhisme tibétain près de chez vous. Rabten Choeling, 1801 Le Mont-Pèlerin. Tél. 021 921 36 00, www.rabten.at
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