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28-04-2010

Les protestants romands coproduisent six cultes par année à la TV. En direct

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La caméra articulée au-dessus des fidèles.

Photo : bn


La caméra semble voler au-dessus des fidèles. Grâce à son bras articulé, elle tournoie, monte à près de six mètres de haut, se redresse en direction du chœur. Une autre caméra prend le relais. L’attention est à son comble, le culte est visionné en direct par 20 000 téléspectateurs sur TSR1. «Je demande aux techniciens de faire des plans courts, pour donner du dynamisme à l’image et souligner l’intensité de ce qui se passe», nous explique le réalisateur Pierre-Alain Frey avant le culte diffusé du temple de Rolle. «Le défi est de confronter un média moderne avec un événement qui a une longue tradition. Le valoriser par l’image est une recherche constante. D’autant que nous devons penser aux téléspectateurs qui arrivent en zappant.» Pour le spécialiste de l’image, il n’y a pas de raison qu’un culte télé soit lent parce que c’est un culte. Il faut qu’il colle avec l’exigence actuelle de l’écran. Cinq caméras, une grue, 24 techniciens et huit mois de travail ont été nécessaires pour réaliser ce direct où tout est calculé à la seconde près. Et en plus, il faut qu’il aide à se recueillir!

Pour Sarah Golay, pasteure, tout l’enjeu est là. «Durant la répétition à la veille du culte, je suis concentrée à fond. Nous devons penser à tout à l’avance, car la télévision révèle la moindre imprécision. Mais après l’exercice, je me dis: ‹Demain, j’oublie les caméras, je vais vivre quelque chose.› Et au fil du culte, je ressens les choses. La présence de mes paroissiens m’aide beaucoup pour cela.» La pasteure, qui sent l’assurance venir au fil de ces six cultes cofinancés par la télévision et l’Eglise, ne regrette pas l’énorme travail fourni par l’équipe des ministres. «C’est riche. Nous sommes obligés de nous remettre en question et cela nous interdit de tomber dans la routine.» Il faut réussir à marier le message avec l’image. «Un culte protestant est moins visuel qu’une messe catholique, admet Sarah Golay. Nous sommes d’habitude plus dans l’oralité et l’audition. Nous devons donc chercher un équilibre entre intériorité et attractivité sans tomber dans le théâtral.»

La qualité d’abord

La pasteur y trouve un réel plaisir. Elle redécouvre le temple comme un espace de jeu à décorer, en lien avec le message. Lors du premier culte sur l’injonction «prie et travaille» de saint Benoît, un tonneau d’huile a remplacé la table de communion, au milieu d’outils de chantier. «Le regard professionnel de l’équipe télé nous aide beaucoup, poursuit la pasteure. Je suis impressionnée de leur respect. C’est nous qui proposons les idées et eux nous aident à les affiner.

C’est une riche rencontre de compétences.» L’expérience va-t-elle révolutionner les cultes dans la région? «Je crois qu’il y aura des retombées sur notre façon d’être et de vivre nos célébrations. Nous serons plus attentifs aux personnes qui ne sont pas des paroissiens habituels.» Pierre-Alain Frey, lui, gardera un œil sur la montre durant tout le culte. «Avec le direct, la plus grosse difficulté est de finir exactement à l’heure, pas une minute de plus, pas une de moins», précise-il. Le réalisateur a appris aux ministres à faire disparaître tous les temps morts. «Il y en a plus de 10 minutes dans un culte», assure-t-il. Le rythme plus soutenu est indispensable pour la télévision, mais également agréable pour le fidèle sur place. Au fait, Pierre-Alain Frey ne pense pas qu’à la technique. Il nous l’a dit dès notre arrivée: «La réussite d’un culte TV passe d’abord par la qualité de ce qui est dit.»

  • G.D.

Cultes TV

  • Sur TSR1 en direct du temple de Rolle, à 10h jeudi 13 mai (diffusé en Eurovision), dimanches 13 juin, 3 octobre et 19 décembre.
  • Revoir les derniers cultes: liens sur www.bonnenouvelle.ch