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Spiritualité
«La religion, c'est comme le cholestérol» Version imprimable Suggérer par mail
27-05-2010

Où trouver Dieu? La réponse de Stan Rougier, 80 ans, auteur bien connu, les 4 et 5 juin à Crêt-Bérard

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Stan Rougier: «Aime et tu sauras pourquoi tu vis.»

Photo : dr 

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«Depuis cinquante ans, vous rencontrez des gens qui cherchent Dieu et s'interrogent à son sujet. Que leur dites-vous?
Stan Rougier: J'essaie de leur montrer comment Dieu peut leur faire signe dans leur vie. Toute question sur le sens de l'existence nous met en relation avec le Créateur. Imaginer que nous ne venons de rien et que nous y retournons n'apporte que le désespoir. Dieu nous fait signe dans la beauté de la Création, dans la profondeur des relations humaines, dans l'attente des petits et des humiliés aussi. Si nous sommes nés de l'amour, et que nous allons vers un amour infini, il y a de l'espoir. Chacun trouvera un chemin différent pour aller vers Dieu. C'est un protestant qui, dans ma jeunesse, m'a transmis le goût de Dieu et m'a offert ma première bible. Je me souviens encore de la remarque de son amie: «Il est pas mal, ton copain, pour un catholique.»

Des gens s'éloignent de Dieu, comme s'il était devenu inutile dans leur vie. Cela vous touche?
J'en ai vu d'autres depuis cinquante ans. A certaines périodes, les gens se détournent de Dieu. Actuellement, j'ai l'impression que c'est l'inverse. Je sors d'une rencontre avec 700 jeunes, à Dijon, qui étaient attentifs et vibrants à ce que je leur disais. Les gens ont raison d'être circonspects et de ne pas tomber dans les contrefaçons. La religion est comme le cholestérol, il y en a une bonne et une mauvaise. L'intégrisme est dangereux. Dans l'islam, mais aussi dans les autres religions et dans le christianisme. C'est une maladie, un poison qui se greffe sur la religion comme le cancer se greffe sur les cellules saines. Les gens ont alors raison de s'en détourner. Ils ne se détournent pas de Dieu pour autant.

Croyants et incroyants se trouvent parfois dans la même situation, de ne plus savoir vraiment quel sens a leur vie. Comment lui redonner un sens?
Il faut revenir aux sources religieuses, à l'Evangile. Dieu ne nous a pas laissés sans éclairage. Il nous a laissé 73 livres dans lesquels il nous dit: «Aime et tu sauras pourquoi tu vis.» L'amour a une valeur transcendante. Je le vois aussi chez de nombreux athées, qui sont très généreux. Nous donnons un sens à notre vie lorsque nous aimons. Notre vocation est l'amour.

Vous utilisez souvent le mot amour. Quel sens a ce mot quand on parle de l'amour que Dieu a pour les hommes? Dieu est un ami?
Il faut se méfier du mot amour, il y a trop de contrefaçons. Comme disait Prévert, «tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage. Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue.» Soyez comme votre Père, nous dit Jésus. Soyez pour les autres, les mauvais comme les bons, ce que le soleil et l'eau sont pour les plantes. Aimer, c'est cela. L'amour de Dieu précède tout ce que nous pouvons faire de bien.

  • V.Vt
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«La souffrance nous fait réagir»

«Si notre vie passe au creuset de la tendresse de Dieu, tout change», dites-vous. Ce creuset, est-ce la prière?
La prière, oui, mais pas qu'elle. Il y a aussi la lecture des textes, de la parole de Dieu. Nous sommes comme une jeune fille qui a reçu 3000 lettres d'amour et qui les lirait. Dieu nous parle et ses paroles ont été relatées. Pourquoi ne pas s'en nourrir?

Quel conseil donnez-vous à quelqu'un qui souhaiterait prier, pour essayer?
Des livres ont recueilli des prières composées par de grands priants. Nous pouvons aussi composer des prières, utiliser dans les moments de sécheresse des prières écrites dans des moments de ferveur. J'ai traduit les psaumes*, en prenant des libertés sur des symboles qui n'ont plus cours aujourd'hui. Pour remercier Dieu, je ne vais pas dire: «On offrira des taureaux sur ton autel», mais «un amour sauvage comme un jeune taureau». La traduction littérale est parfois imbuvable.

Que faire face à la souffrance, dont nous sommes quotidiennement avertis par les médias?
La souffrance est une provocation. Grâce à l'émotion que nous ressentons face à la douleur d'autrui, nous nous demandons quoi faire. La souffrance nous met en mouvement, elle nous fait réagir. Devant la souffrance d'une mère, un jeune se dit: «Je serai médecin.» Un autre entre dans une ONG pour apporter de l'aide. La souffrance nous fait bouger. Il ne faut pas demander pourquoi la souffrance, mais en vue de quoi, puis chercher la parade. Saint-Exupéry disait qu'être homme, c'est être responsable. La souffrance permet de donner un sens à notre existence. Elle nous stimule à lutter contre ce qui écrase les hommes. Je ne serais jamais devenu prêtre si je n'avais souffert de voir des amis désespérés de ne pas avoir trouvé de sens à leur vie.

Où doit regarder celui qui cherche Dieu?
Il a plusieurs lieux, la beauté de la Création. Un ciel du mois d'août donne le sentiment de l'infini. L'océan. La beauté des montagnes. La parole aussi, les nombreux livres de la Bible où Dieu parle de Lui, et de nous. La rencontre de grands croyants peut vous mettre sur la trace de Dieu. Ma foi est venue de telles rencontres. J'ai été secoué, je me suis interrogé.

  • bn

En faire plus

  • Une conférence: Vendredi 4 juin, 20h15, Crêt-Bérard, Puidoux. «La vie a-t-elle un sens?» Prix: 20 fr.
  • Une retraite: Samedi 5 juin, de 9h à 17h, Crêt-Bérard, Puidoux. «Dieu nous cherche. Où? Quand? Comment?» Prix pour la journée: 135 fr. repas compris. Contact: 021 882 53 49
  • Deux livres: Stan Rougier, «Florilège spirituel», Presses de la Renaissance «Montre-moi Ton Visage. Variations sur les psaumes», Desclée de Brouwer
  • Un site: www.stanrougier.com