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La colère de Céleste
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La touche britannique |
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| 27-05-2010 | |
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La vie publique suisse et son absence, justement, de vie. Pourquoi nos politiques, qui peuvent être paraît-il drôles en privé, sont-ils si tristes en public? Tous semblent obéir à ces trois règles: ne surprendre, ne brusquer et ne faire rire personne. D'où leurs déclarations soporifiques, leurs explications technico-scolaires, leurs développements consensuels et leurs mornes conclusions. Jamais une surprise, une audace ou un trait d'ironie. A mon avis, ça doit venir de leurs conseillers. Ceux-ci ont probablement fait faire des sondages et découvert qu'on n'adhère pas à quelqu'un qui nous surprend, nous brusque ou nous fait rire, mais exclusivement à qui nous fait bâiller. Les récentes élections en Grande-Bretagne étaient plus rafraîchissantes. Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg: voilà trois chefs de file qui n'avaient pas de vérités, mais au moins des convictions. Ils n'étaient d'accord sur presque rien et le disaient. Ne se gênaient pas non plus pour dire ce qu'ils pensaient les uns des autres. Ils faisaient des gaffes, aussi, tandis que leurs opinions étaient parfois démagogiques et improvisées. Mais, en les écoutant, on n'avait jamais l'impression de s'enfoncer dans les sables mouvants d'un consensus violemment mou, comme ici. Heureux Britanniques, ai-je pensé, qui possèdent des hommes politiques capables de convictions, de style, d'esprit et même de fantaisie. En même temps, il faut admettre que les Britanniques pourraient s'exclamer de leur côté: «Heureux Suisses, dont le régime est la stabilité même, et qui ne perdent pas leur temps à devoir former un gouvernement!» Comme quoi on n'est jamais content de ce qu'on a...
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